Je me souviens encore de ma rencontre avec l’autrice au Salon du livre de Mouans-Sartoux. Il y avait quelque chose de simple, de sincère dans sa façon de parler de son roman. En le lisant, j’ai retrouvé exactement ça.
On est sur la Côte d’Azur, mais pas celle des cartes postales. Plutôt une Côte d’Azur plus intime, presque en retrait, où les histoires personnelles prennent toute la place.
Le roman suit trois personnages : Henri, Camille et Lisa.
Henri, c’est un sculpteur un peu fermé, un peu fatigué des autres, qui apprend qu’il lui reste peu de temps à vivre. À partir de là, forcément, il regarde en arrière. Sans grand effet dramatique, juste avec cette question qui revient : est-ce qu’on peut réparer quelque chose, même tard ?
Camille est plus insaisissable. Elle fuit, elle se protège, et elle semble plus à l’aise avec les objets anciens qu’avec les gens. Elle restaure, elle redonne une seconde vie… mais pour elle-même, c’est plus compliqué. C’est un personnage que j’ai trouvé assez touchant, dans sa manière d’éviter sans vraiment réussir à disparaître.
Et puis Lisa, la plus jeune, artiste en devenir, qui cherche un peu sa place. Elle doute, elle avance, elle recule. C’est sans doute le personnage auquel on s’attache le plus facilement, parce qu’elle est en plein dans ce moment où tout peut encore basculer.
Il y a un secret qui relie les trois, mais ce n’est pas vraiment ça qui m’a marquée. Ce que j’ai retenu, c’est plutôt l’évolution de chacun, leur façon de se confronter à eux-mêmes.
J’ai mis un peu de temps à entrer dedans, comme certaines lectrices d’ailleurs. Le début pose beaucoup de choses, plusieurs personnages, plusieurs ambiances. Et puis, à un moment, ça prend. On commence à vraiment s’attacher, à comprendre les nuances.
J’ai bien aimé aussi tout l’univers autour de l’art et des objets. Ça donne une texture au roman, quelque chose de concret, presque tactile par moments.
Ce n’est pas un livre qui cherche à en faire trop. Il est plutôt dans quelque chose de calme, d’humain. Il parle de choix, de regrets, de liens, et surtout de cette idée qu’on ne peut pas complètement avancer sans regarder ce qu’on laisse derrière soi.
Un roman discret, mais qui reste.