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Les forces

De Laura Vazquez

Chroniqué par Mary
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Introduction

Dans Les Forces, Laura Vazquez propose une œuvre poétique qui échappe à toute classification. Ni roman, ni recueil au sens traditionnel, ce texte explore les mouvements invisibles qui traversent les êtres et les choses. Par une langue éclatée, rythmée et organique, l’autrice tente de dire ce qui ne peut être dit : la vie dans sa complexité, sa violence et sa beauté. Dans un monde fragmenté et bruyant, Vazquez fait de la poésie un espace de résistance, un lieu où le langage retrouve sa puissance vitale. On peut alors se demander comment Les Forces transforme la poésie en un acte de résistance face au chaos du monde.

 

I. Une écriture qui refuse les cadres et les certitudes

Laura Vazquez déconstruit la langue pour mieux la réinventer. Les phrases se brisent, les mots se répètent, les images se déforment. Cette écriture du désordre n’est pas une fuite : elle traduit la volonté de ne pas se soumettre à un langage figé, à une pensée unique. En refusant la clarté et la linéarité, Vazquez redonne au mot sa force première, celle d’un cri ou d’un souffle. Le texte devient un espace de liberté où la parole échappe aux normes et retrouve sa vitalité.

 

II. Le corps et la sensation comme formes de résistance

Dans Les Forces, le corps est omniprésent. Il ressent, tremble, respire, se dissout parfois dans le monde. L’écriture épouse ces mouvements, comme si chaque phrase naissait d’une pulsation. Face à un univers abstrait et déshumanisé, Vazquez réaffirme la puissance du sensible. Le corps devient un lieu de résistance : il rappelle que vivre, c’est sentir, c’est être traversé par des forces qui dépassent la raison. La poésie devient alors un acte de présence, une manière de dire « je suis là », malgré le chaos.

 

III. Une parole poétique qui relie et réinvente le monde

Au-delà de la forme et du corps, Les Forces propose une vision du monde fondée sur la relation. Les voix du texte ne cherchent pas à dominer, mais à se relier. Tout est traversé par des forces communes : les êtres, les objets, les pensées. Cette écriture du lien s’oppose à la fragmentation du monde moderne. En nommant ce qui relie, Vazquez invente une poésie de la solidarité et de la résonance. Résister, ici, c’est continuer à croire en la possibilité d’un langage vivant, capable de recréer du sens et du lien.

 

Conclusion

Les Forces fait de la poésie un acte de résistance face au chaos du monde. En brisant les cadres du langage, Laura Vazquez redonne à la parole sa puissance vitale et sensible. Son écriture, à la fois corporelle et cosmique, invite à ressentir plutôt qu’à comprendre, à relier plutôt qu’à séparer. Par cette démarche, Vazquez affirme que la poésie n’est pas un refuge, mais une force : celle qui permet de tenir debout, de respirer et de continuer à habiter le monde autrement.


Publié le 31/01/2026