Au pays des bisounours

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Qui ne rêve pas de vivre dans un grand et beau pays peuplé de nounours affectueux ? Ces adorables peluches, personnages positifs et bienveillants, cultivent et défendent un monde de douceur, d’amour et d’empathie, donc un monde parfait !

 

Dans la vie réelle, on pourrait entrevoir parfois ce monde idéal de nos copines et copains tendres nounours. Pourtant certains sombres personnages osent les critiquer, pour faire des bisounours des symboles totalement déconnectés de la réalité et d’une naïveté à faire peur. Comme si rêver d’un monde parfait était irresponsable. Les extrémistes de tous bords ne rêvent pas d’un monde harmonieux et consensuel mais uniquement de « la puissance du pouvoir ». Excluons-les au moins de nos rêves ! Ce monde utopique aux couleurs de l’arc-en-ciel devrait plutôt nous inspirer. Nos actions devraient être orientées dans le but d’encourager tous les êtres vivants à vivre en harmonie.

 

Évidemment, le monde actuel montre des facettes très sombres, le côté obscur de la force, mais si on s’arrêtait un instant pour observer les aspects positifs de notre entourage : une petite souris insoumise peinte en noir qui nous surprend au détour d’une ruelle, un chat orange grassouillet souriant de toutes ses dents sur une façade souillée, une chauve-souris éprise d’un parapluie insouciant à qui soudain la chance sourit. Les personnes que l’on croise et qui nous adressent un regard souriant, qui se soucient de nous, ces petites touches de couleurs qui ne demandent que notre attention pour éclairer notre quotidien. A l’instar d’Amélie/Audrey accompagnée de son nain de jardin, championne toutes catégories, qui, elle-même cabossée par la vie, répare celle des autres en semant des graines de bonheur çà et là. Ou Driss/Omar au rire éclatant, ne dédaignant ni les œufs, ni le homard, qui apporte bonheur et espoir à un personnage éteint par la vie. Fictions rendant hommage aux rencontres improbables et salvatrices puisées dans la réalité et sublimées par l’art cinématographique. Osons tendre la main aux personnes qui nous sont étrangères. Ces actes altruistes souvent nous emplissent de reconnaissance et par là même nous rendent heureuses et heureux. L’amoureux des mots, le poète Monsieur Prévert a écrit un jour : « Le bonheur est une étoile qui me guide par tous les temps... ».

 

Quel monde voulons-nous ? Un monde qui aspire à plus de joie de vivre, de libertés ou un monde de conventions, de richesses et de paraître, dans lequel abuse de son pouvoir l’Homme couvert d’or, beau (bof !), fort (à voir…), et surtout con. Comment peut-on passer sa vie à engranger des richesses inestimables, si l’on se comporte comme le dernier des cons, atrophié de son cœur-amour. « M’en fous, je veux devenir riiiiiiche, avoir plein de flouze, d’oseille, de blé, de pèze, de pognon, de thune, de moula, de cash, de fric, d’argent, quoi. Et pourquoi ? Pour m’acheter une belle maison, de belles bagnoles, de belles vacances, de belles personnes, de beaux animaux, une belle famille, un beau bonheur ! Peu importe si on m’aime uniquement pour mon argent, tant qu’on me montre de la déférence. Même si ma vie, c’est du flan caramel doré, un bon cigare au bord de ma piscine et j’emmerde la terre entière (plate de préférence) ». Les dominatrices et dominateurs, en mal de reconnaissance, humilient, écrasent toutes, tous et tout sur leur passage pour atteindre le Graal. Imaginez, non plutôt, observez Dents de Castor qui canarde tout sur son passage pour accéder au… Prix Nobel de la paix. MDR.

 

Et si, pour atteindre le Graal, il fallait chercher au fond de soi ? proche de soi ? Pourquoi partir aux quatre coins de la Terre (eh oui, la Terre est bien plate et quadrilatère en plus), à la rencontre de sourires, d’yeux brillants, des paysages enivrants, d’accents chantants ou non, de températures glaciales, caniculaires, alors qu’on trouve tout ça au détour d’une colline rêvée ou réelle, au fil des saisons qui se suivent et ne se ressemblent plus beaucoup… Je préfère encore voyager avec mon casque de réalité virtuelle grâce aux GAFAM, à l’électricité propre ou plutôt sale, à la batterie au lithium, c’est trop cool. Rien d’ironique, grimper sur le Cervin depuis mon sofa cosy me donne des sensations de liberté ! Primauté assumée du choix de me sentir bien !

 

Les nounours câlins ne connaissent pas ces inventions « géniales » qui ont changé notre vie. On n’a plus rien à faire : plus besoin de créer, d’écrire, de lire, de dessiner, de jouer, de rencontrer les gens, de leur parler en face en les regardant dans les yeux, d'éclater de rire ou de pleurer avec eux, de les aimer, de réfléchir, de faire des choix. Sur les réseaux sociaux (vraiment ?) tous nos problèmes sont résolus sans se prendre la tête. On n’est même pas stressé par tout ce qu’on ingurgite sans pouvoir digérer. En plus, on développe une ouïe supersonique, une vue de lynx, une attention de ouistiti, on nous livre sur un plateau (contre rémunération) une vie construite de toutes pièces pour le meilleur et surtout pour le pire.

 

« Tutuuut ! bonnes gens, des drones ennemis dansant sur l’air de Kalinka ont niqué notre réseau de communication ». Plus d’internet, plus de réseaux sociaux, plus rien, le néant.

  • Argh, j’ai perdu mes ami-e-s Ken et Barbie, et toutes mes autres connaissances, réelles ou pas (surtout pas), et mes valeurs comme le fric, le pouvoir, la beauté (réelle ou pas)...

  • Ben, il te reste toi, non ?

  • Quel moi ? Je n’existe pas.

 

L’IA ne nous améliore pas, elle nous programme. Et qui sont les gros coquins là-derrière ? La bande à Picsou qui s’active aux 4 coins de la planète (qui est toujours plate), séparée en deux moitiés que l’on se doit de bien distinguer : le Nooooord (voix grave et profonde) et le Sud. Au cas où un grand remplacement se produirait : les gens du Sud, sans eau, ni nourriture, dans la chaleur étouffante, se déplaceront du Sud au Nord et les gens du Nord, n’auront d’autre choix que de se déplacer, tout là-haut, au pôle Nord. Flûte, j’avais presque oublié, la banquise a fondu, ben ils se noieront, fin de l’histoire. Seul Brice surfera sur la vague de ses rêves…

 

Pour conclure, battons-nous pour la réhabilitation de ces créatures à qui on a retiré leur innocence pour les traîner dans la boue.

 

Vivre au pays des bisounours, c’est faire le bien autour de soi en gardant l’espoir d’une vie meilleure, c’est colorier notre monde en rose, une vraie vie en rose, chantée par un p'tit piaf sur une branche fleurie...

 

 

 

 

 


Publié le 05/05/2026 / 4 lectures
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