Ils m’apprennent
à marcher sans savoir où je vais.
À poser des questions
aux flaques
aux fourmis
au ciel.
Ils m’enseignent
la patience des lacets défaits
la diplomatie des goûters partagés
l’art de tomber
sans faire de la chute une identité.
Ils me rappellent
que le rire est une langue maternelle
que le présent n’a pas besoin d’être optimisé
et que l’amour
se cache souvent dans un dessin maladroit.
Grâce à eux
je redécouvre
le courage d’être lente
la beauté des choses incomplètes
la valeur d’un silence.
Ils désapprennent mes certitudes.
Ils froissent mes agendas.
Ils déplacent mes priorités.
Ils me montrent
qu’on peut être fatiguée
et émerveillée
dans la même minute.
Ils ne me donnent pas de leçons.
Ils vivent.
Et dans ce mouvement brut
ils réécrivent doucement
ma façon d’habiter le monde.