Me voici à nouveau prisonnière
Happée par une impossible curiosité :
Où le soleil se place-t-il ?
Exactement au-dessus de moi si les cieux sont ouverts
Comme une gueule gigantesque prête à pousser un énorme hurlement
Qui d’une traite une seule déchire le temps et l’espace
D’un trait, d’un seul.
Soumise à une solitude que les paroles autour de moi
Sont incapables de transgresser
Des mots qui fusent et qui caressent
Des milliers de lettres éparses
s’éparpillent, humides, molles, soumises et insoumises, sauvages
Pourrais-je un jour seulement me satisfaire
de ces explorations,
Errances sinueuses
Soumise aux éléments ?
Vents et précipitations ne font pas bon ménage
Quand l’un pousse par là, l’autre retient l’élan
Quand la vague déferle, le vol est improbable
l’écume ronge les falaises,
Le sable comme les heures glisse entre mes doigts
comme des minutes ou des larmes
Les pensées surgissent émergent et roulent
Ressac lent et fragile
Saisonnières ces idées qui surgissent
Un équinoxe de désirs renouvelés.