A dans un mois...
Femme libérée,
Mina savait ce qu' elle désirait. Un homme. Tout-de-suite. Elle partit en boîte. Ce n'était pas difficile pour une femme. Elle en repéra un, accoudé sur le comptoir devant une bière. Un homme dans le bel âge comme on disait, celui pour un homme. Mature, pas vieux, la soixantaine approximativement. Plutôt moins. Un homme qui s'entretenait . Ni dandy ni négligé. Elle dansa en face de lui, le regarda, lui sourit. C'était décidément facile pour une femme. Il lui rendit ses sourires et l'invita à danser, puis elle, à passer leur nuit ensemble. Un très bon amant.Technique. « Tout dans la technique ».
Ils se sont revus plusieurs fois. Il lui a flanqué une fessée sans l'avertir. Elle lui a rendue.
- Tu devrais arrêter la pornographie, ça te rend idiot.
- C'était pour t 'exciter.
- C'est bien ce que je dis.
Mina s'est vite ennuyée. Il ne parlait que de lui et de ses conquêtes. Il avait commencé à l'insulter car ça l'excitait lui, persuadé aussi que ça l'excitait, elle. Elle pensa qu'il fallait rompre.
Elle reçut un sms : « Ecarte les cuisses, j'arrive ».
Elle lui a répondu qu'au fond, il n'était qu'un cuistre et que ce n'était pas la peine qu'il revienne chez elle.
Puis elle a reçu une suite de sms :
« Respect »
« Je te respecte »
Que croyait-il ? Qu'elle allait porter plainte pour si peu ?
C'est elle qui l'avait séduit au préalable, elle ne l'oublia pas.
Elle s'est dit qu'il était encore plus idiot que ce qu'elle en avait pensé.
Elle reçu un dernier message :
« J'ai mis une semaine à m'en remettre »
Décidément, son égo en avait pris un coup.
Elle, elle ne pouvait pas s'en remettre n'en n'ayant jamais été démise. Pas de rancune, pas de regret. Une parenthèse vite consommée, vite oubliée. Elle connaissaient ces hommes vulgaires qui finalement ne prenaient véritablement leur plaisir qu'en dominant ou humiliant une femme.
Elle a encore songé qu'un petit séducteur qui se prenait pour un grand n'était au fond qu'un imbécile.
Elle s'est promis que le prochain serait au moins tendre et aurait un cerveau. Elle refusera toute fessée, mais s'il s'agit d'en mettre une, elle ne se fera pas prier. Une fois, pas deux.
Elle a depuis une devise : « ni égo, ni maso ni sado ».
Faire l'amour avec tendresse, quand on a connu, on ne peut plus s'en passer. C'est quoiqu'on en lise, la promesse d'une jouissance démultipliée pour deux. Tendresse n'exclut pas fougue.
J'aurais pu titrer :
Femme libérée d'un imbécile.
(J'assumerai le jour et la nuit en chantant ce petit texte qui se moque des séducteurs compulsifs mais surtout des séducteurs vulgaires. Après, quand on drague, il faut en assumer les conséquences.