L’ESCALIER
La spirale de marches s’élève,
pour disparaître dans les hauteurs nuageuses.
Il gravit cette tour, incapable de se retourner,
en s’appuyant sur l’immense pilier central.
Toujours plus haut, sans cesse il monte.
Il a aperçu une silhouette plus,
il n’en est pas sûr, mais peu importe :
depuis quelques temps, la lumière faiblit,
il faut se dépêcher.
Il fait de plus en plus froid,
Et le sommet est toujours invisible.
Il entend parfois des sons étranges,
il se sent fatigué.
Enfin la dernière marche,
logée dans les ténèbres.
Il se tient debout, il n’y a rien autour,
absolument rien, le vide total.
Il se décide alors à avancer,
et tombe dans une masse liquide tiède.
Il n’éprouve plus le besoin de respirer,
lentement porté par des courants chauds.
Malgré ces courants qui le poussent,
il a l’impression certaine de tomber,
une chute vers nulle part,
plié sur lui-même, aveugle.
Il fait parfois une brève rencontre,
avec un autre corps qui dérive,
flottant dans cette immensité visqueuse.
Pourtant il touche le fond un jour,
et est aspiré dans un passage.
La lumière, oubliée, embrasent les yeux.
Les poumons remplis de liquide se vident,
et il se retrouve en bas d’un escalier,
un escalier en spirale, immense.
Alors il monte, tourné vers le ciel,
scrutant le sommet invisible.
Il est presque sûr d’avoir aperçu une silhouette au loin,
une silhouette plus haut, mais peu importe.