La beauté de l’humain m’a toujours fasciné. Cet être sensible capable de tellement de choses avec des manières tellement différentes. L’individualité de chacun va au-delà d’un simple dénombrement. Elle déploie des facettes d’émotions, des bribes du passé, des actions irrationnelles. Cet être est imprévisible, changeant et dépend d’un million de facteurs et de petits éléments qui paraissent anodins. Cette singularité définit la beauté.
Je considère l’autre comme une énergie. Le corps, l’esprit et les actions sont des intermédiaires. La véritable beauté se trouve dans l’énergie. Il y a une sorte de filigrane invisible qui entoure chaque individu et laisse percevoir une première impression. Certains de ces filigranes sont plutôt fins, d’autres sont beaucoup plus rigides. On dit souvent que les yeux sont le reflet de l’âme. Les yeux traduisent une introspection, en effet, seulement un regard peut être mal interprété et peut trahir. Seule l’énergie, par son essence, se ressent intuitivement, comme une porte entrouverte avant d’y découvrir un monde insoupçonné. Une panoplie d’émotions. Un musée de rencontres. Un kaléidoscope de vie.
Cette fusion de vie perdure dans notre coexistence. Interagir est ce qui nous fait vibrer. Cela nous rapproche d’autrui de la plus belle des façons. Découvrir l’autre et tout ce qui constitue son monde n’est pas seulement un acte passif ; c’est comprendre cette infinité humaine à travers une identité propre. La perspective a son sens et ne peut être omise dans le processus de compréhension. Finalement, chacun est un kaléidoscope qui visite des musées : dans un sourire, un regard, un geste banal, l’univers entier se réinvente. De ce fait, chaque présence se complète avec l’autre au fil du temps et constitue une connexion digne d’une beauté particulière. Finalement, la beauté universelle se trouve en réalité dans ce qu' il y a de plus usuel. Qu’y a-t-il de plus ordinaire que l’humain ?
La beauté ordinaire, symbole de l’énergie humaine, révèle alors un paradoxe : l’exceptionnalité de l’humain en tant qu’être pourtant ordinaire. Bien que cette simplicité nous entoure, il est d’un autre côté exceptionnel par sa complexité. Outre des capacités matérielles qu’il a développées par des moyens limités, sa complexité se manifeste aussi dans son bagage émotionnel et les actions qui peuvent en découler. Peut-être que la beauté n’existe pas ailleurs que dans ces instants où nos énergies se croisent, fugaces, invisibles… et pourtant inoubliables. L’humanité ne pourra jamais être désignée comme une entité du fait de sa multitude d’individualités qui possèdent chacune une histoire unique. Être confronté à l’autre avec ses forces et ses faiblesses, ses doutes et ses peurs, ses blessures et ses douleurs nous rappelle à quel point l’ordinaire nous rassemble. Finalement, nous cherchons l’exceptionnel partout, alors que la beauté, peut-être, se cache simplement dans la banalité de l’autre.
Et si l’humain n’était que cela : une infinité de fragments ordinaires qui, ensemble, dessinent l’extraordinaire ?