LA DEPRESSION
Elle arrive sans crier gare, tout juste quelques alertes
Jour après jour elle s’amplifie, et gagne du terrain
Jusqu’au moment fatidique où il faut l’admettre
Elle est insidieusement devenue un poids quotidien
Plus de libre-arbitre, finalement continuer à se soumettre
Et constater que la situation est la même tous les matins
Chaque action simple est une montagne à gravir
Plus d’envie, plus de désir, plus de projet, plus d’ambition
Se réveiller vivant le lendemain devient le seul avenir
Incapacité à être lucide, à prendre des décisions
Tous les jours à continuer inconsciemment à fuir
Laisser le temps passer apathique, sans réelle solution
Dans un premier temps, aller voir son médecin, puis le pharmacien
Les conseils des proches sont multiples et bienveillants
Mais cette saloperie t’enchaine habilement et te retient
Alors le temps passe, tu es presque consentant
Puis tes amis, tes proches s’épuisent, il ne se passe rien
Petit à petit c’est l’enfermement, volontairement
Puis des actions concrètes se mettent en place
Ce n’est pas facile, il faut sortir de la torpeur
Se mettre debout et se regarder enfin en face
Il y a l’appréhension, le regard des autres, et la peur
Pousser très fort pour remonter à la surface
Agir contre son gré à tout prix malgré la douleur
Alors il faut écouter les innombrables recommandations
Se bouger littéralement le cul, quitte à partir en exil
Ce n’est plus une question d’envie, mais de sortir du tourbillon
Sortir du rôle de victime, arrêter de se regarder le nombril
Ne pas attendre des proches et des amis, inquiets, une solution
Ne pas rester confortablement martyr et immobile
Enfin je remercie mes potes, mes connaissances et ma famille
Qui me soutiennent malgré ma posture depuis des mois
Et même si je reste évidemment actuellement fébrile
Et même si je reste incompris et si ce n’est pas toujours la joie
Je ne veux plus rester dans cet état, improductif et inutile
Je vais me battre avec mes armes, et faire des choix