LA LOI DE MURPHY INVERSEE - PARTIE 1

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LA LOI DE MURPHY INVERSEE – PARTIE 1

 

“Une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule”, dixit la Loi de Murphy. C’est connu, et éprouvé. Mais je ne pensais pas que ça fonctionnait aussi avec les bonnes nouvelles.

Jeudi matin 6h22. Coup de fil d’une vieille connaissance. Je décroche et je reconnais tout de suite la voix de mon ami Alexandre Fournier. Pardon je corrige : “Professeur Fournier”. Il travaillait en effet au sein de l’Université de Boston depuis plus de 40 ans, et nous nous sommes connus début 2000 lorsque je finissais mes études en sciences archéologiques aux Etats-Unis. C’était une période pleine d’énergie et de rencontres improbables. Le système de convergence par communauté fonctionne naturellement en tout lieu, tout le temps. C’est ainsi que nos chemins s’étaient croisés lors d’un colloque à New-York, qui portait principalement sur les rituels du peuple Maya. Ses recherches et mon doctorat de fin d’études concernaient communément les cultures précolombiennes en Mésoamérique (Amérique Centrale). Nos points d’intérêts scientifiques avaient nourri une certaine amitié. Une amitié distante, mais forte, respectueuse, et surtout endurante. Cela faisait 20 ans que l’on correspondait sporadiquement par mail depuis mon retour en France. Mais on ne s’était malheureusement jamais revus physiquement.

Sa voix était celle d’un homme désormais âgé, mais vif et rusé. Après les banalités d’usage, il m’annonça détenir “une très bonne nouvelle” à mon égard. Cette annonce fut ponctuée par un bref et inquiétant : “prend un billet d’avion pour Guatemala City dès que tu peux, donne-moi la date et l’horaire, j’y serai. C’est la chance de ta vie, de notre vie”.

Je raccrochai, et je ne savais pas comment réagir. Je me fis un café dans la cuisine, en constatant que mon antique caleçon “Bob l’Éponge” tenait plus d’une guenille en fin de course que d’un vrai sous-vêtement genre Kelvin Klein, ou autre marque avec des gars musclés de dos (avec la main droite plaquée sur la nuque) affichés en noir et blanc sur les murs du métro. Qui portait encore des fringues avec des trucs de dessins animés à mon âge, même pour dormir ? Le célibat systémique c’est facile à accepter, mais c’est dur d’en sortir ... Je travaillais désormais en tant que cadre “stratégie et opérations” dans une entreprise multinationale qui fabriquait et inondait le marché de serpillères microfibre. La classe. J’avais abandonné mes projets d’enfant et jeté mes VHS d’Indiana Jones à la poubelle lors de mon dernier déménagement. Je ne sais pas ce que Fournier sous-entendait, mais je le connaissais très bien : il ne m’aurait pas fait miroiter du plaqué or si c’était de l’or massif.

 

To be continued


Publié le 14/04/2026 / 1 lecture
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