LA LOI DE MURPHY INVERSEE – PARTIE 3
Je faisais les 400 pas devant l’aéroport de Guatemala City, repoussant comme je pouvais les moustiques, les angoisses naissantes de ma contrariété, et les multiples sollicitations commerciales plus ou moins bienveillantes. Concernant ce dernier point, il me parut évident que le port d’un pantacourt ridicule offrant le bas de mes mollets blancs de touriste en pâture, n’était pas la meilleure idée de l’année. Je me ravisai : cette observation vestimentaire concernait également la problématique des moustiques assoiffés de mon sang frais élevé à la Vittel et au yaourt grec égoutté 10% de matière grasse. “Tristes Tropiques” aurait soufflé Claude à mon égard : même si c’était complètement hors sujet, cela schématisait bien mon ressenti. La chance m’avait étrangement souri plusieurs fois en quelques jours, puis plus rien. Encore une de ces arnaques coutumières de mon existence ? Solitude.
45 minutes éternelles d’affût. Puis un shuttle fit un arrêt brusque à mon niveau. Mini-bus moderne rutilant, vitres teintées, jantes larges chromées, énorme autocollant sur le pare-brise vantant l’efficacité d’un équipement de climatisation digne d’un corbillard. La porte coulissante s’ouvrit, et le professeur Fournier apparut tel le Messie, suivi de près d’un courant d’air polaire providentiel. Après une accolade trop rapide, il me lança un sonore “direction le nord !”.
J’appris pendant l’interminable trajet jusqu’à Flores (10 heures de route depuis l’aéroport, une paille !) que les différentes personnes qui accompagnaient mon ami avaient toutes un rapport de près ou de loin avec l’étude de la civilisation Maya : des archéologues (issus de l’université de Montréal notamment), des historiens spécialistes des peuples précolombiens, et des mécènes passionnés (pour la plupart américains). Suivirent enfin quelques explications concernant les causes de ma présence en ce lieu.
To be continued (non c’est une blague, mais ça va arriver dans pas longtemps)
Des fouilles avaient été récemment entreprises dans une zone de la jungle à l’ouest du célèbre site de Tikal. Sur quelle base ? Je vous le donne en mille : sur la base de ma thèse de PhD, énorme fumisterie dont j’avais encore honte aujourd’hui, plus de 25 ans après. Cette étude ne reposait sur rien, ou plutôt uniquement sur un codex inconnu, plus proche de l’œuvre d’un faussaire que d’un manuscrit notoire et validé par les instances officielles. On m’expliqua qu’il s’agissait d’une découverte majeure, mais que ce n’était surtout que le début, et que je n’étais surtout pas prêt à prendre connaissance de l’ampleur de ce qui nous attendait. Vertige.
To be continued