LA LOI DE MURPHY INVERSEE - PARTIE 4

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LA LOI DE MURPHY INVERSEE – PARTIE 4

 

 

Retour au shuttle méga climatisé au petit matin. Frissons. Je n’avais pas assez dormi : l’adrénaline avait tenu mon cerveau en éveil malgré la fatigue physique. Mes compagnons de route étaient également moins loquaces que la veille, malgré le puissant café guatémaltèque pris à la va-vite avant de partir de Flores. La brume matinale qui nous entourait symbolisait à merveille notre condition de fantômes blafards en quête d’un retour à l’humanité.

 

Le site se trouvait au milieu d’une végétation spectaculaire. Nous avions parcouru les derniers kilomètres sur une piste de terre bien loin des standards de Vinci Autoroutes (ou Vinci Concessions, peu importe : les suzerains modernes). La poussière rouge recouvrait les vitres teintées de notre vaisseau full diesel. La vision de l’édifice à l’arrivée me mis une claque : le temple n’avait été désenseveli que très partiellement, pour ne pas risquer de détériorer la construction dont des racines avaient envahi chaque interstice. D’une colline anonyme parmi tant d’autres, une petite entrée surplombée de pierres gravées avait émergé après des centaines d’heures de fouilles minutieuses. Le temple en lui-même, la partie émergée, présentait un intérêt prodigieux, mais rien en comparaison à ce que le professeur Fournier allait m’annoncer : l’entrée face à laquelle nous nous tenions menait à un réseau tentaculaire de tunnels et de salles. Inexplorés. Sous terre.

 

Était-ce possible ? Ma thèse PhD foireuse d’étudiant indolent avait-elle réellement mené des scientifiques subventionnés (donc contrôlés par des institutions pondérées) à une découverte défiant toute prévision archéologique sérieuse ? Je ne pouvais pas le croire. Je n’y avais d’ailleurs jamais cru. Mais l’entrée béante et l’amorce des marches qui descendaient dans la pénombre devant mes yeux fascinés, me racontaient soudain une tout autre histoire.

 

Armés de lampes frontales, gourdes d’eau fraiche, petites bouteilles d’oxygènes et masques respiratoires, nous entreprîmes de pénétrer vers l’inconnu. L’accès mesurait 1m20 sur 60cm tout au plus, et nous devions avancer courbés dans le tunnel, à petits pas sur des marches inégales Notre file indienne stoppa lorsque plus aucun rayon de lumière ne pénétra depuis l’extérieur. Le silence, l’obscurité et l’humidité avaient pris possession de nos sens. Je sentais dans ma poche droite un Balisto jaune (amande et miel, mes préférés) qui avait décidé de se liquéfier dans son emballage : mauvais choix ou mauvais présage ?

 

To be continued

 


Publié le 14/06/2026 / 1 lecture
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