La plume et le verbe

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  J'ai posé mes valises dans cette maison aux murs jaunes, en front de mer, parce que j'avais toujours rêvé d'entendre les mouettes, le matin, en buvant mon premier café avant de m'asseoir à mon bureau, stylo en main.

  Mon éditeur s'étonnait de ma volonté de ne point utiliser un ordinateur. Je lui avais avoué que la modernité, paradoxalement, me retardait. Chez d’autres romanciers, c'était pour le plaisir d'écouter le chant du stylo patinant sur le papier. Il croyait que j'avais des rhumatismes déformants.

  « Vous avez un problème avec vos doigts ? Vous n'auriez pas pu être pianiste... »

  « Non, non. Il m'arrive de jouer du piano... »

  « Alors, pourquoi ? »

  « La modernité me stresse, et quand je suis stressé, je ne suis bon à rien. »

  Ayant besoin d'argent parce que l'écriture ne nourrit pas son homme, j'avais vendu à regret les murs entre lesquels j'avais grandi.

  Des vieux meubles m'avaient pas mal rapporté – mais là, sans le moindre regret. Mon grand-père, à qui ils appartenaient, avait bien spécifié, dans son testament, que si l'opportunité se présentait... Un brocanteur s'était pointé avant de repartir, enchanté. Il reviendrait avec sa camionnette, et le devis.

  « C'est souvent comme ça dans les vieilles fermes. On hérite d'un bien, et c'est le mobilier qui coûte cher quand on veut revendre. »

  Au grenier, il y avait une armoire normande vieille d'une paire de siècles, un rocking-chair qui grinçait dans les courants d'air. Et, trônant dans la salle à manger, face à la cheminée, un buffet Henri II aux colonnades bouffées par les termites.

  J'en avais marre des coqs. Mes parents habitaient ce mas et j'y étais né. Au début, je ne m'étais pas senti capable de vivre seul alors qu'il y avait la place pour une famille nombreuse, mais avec l'habitude...

  Et il y avait toujours la « trompette mal embouchée » du père Aspignan, mon voisin – j’en avais vu tant mourir de vieillesse, jamais tué par un renard.

  Un brave homme, qui avait dû affronter pas mal de loups, dans sa vie, et pas que des quadrupèdes de légende. Il avait l'accent lyonnais, mais je n'avais jamais osé lui demander de quelle région il était originaire. Un chevrier que je croisais rarement parce que sa bergerie trônait au sommet d'une colline, de l'autre côté de la pinède. Je m'amusais à imiter son gallinacé claironnant, pour le déstabiliser, car écrire n'était point mon unique talent. J'avais eu à choisir entre les deux métiers : imitateur ou romancier. J'étais casanier de nature, alors j'avais opté pour le boulot le plus sédentaire.

  Gamin, la voix de l'instituteur, en classe de CM2, n'avait aucun secret pour moi. Je perturbais la classe quand il s'absentait. C'était si amusant de voir mes camarades remettre le nez dans leurs cahiers, croyant à son retour prématuré. Plus tard, j'ai fait des blagues à maman, jusqu'au jour où l'une d'elles s'est retournée contre moi. Elle attendait mon père dans leur chambre et j'avais murmuré des mots doux après avoir entrebâillé la porte. Elle s'était précipitée, nue, dans mes bras. Elle m'a giflé à la volée, mais je n'ai jamais oublié la chaleur de ses mains. Elles étaient si différentes de celles d'une mère.

 

  Le rire des mouettes, chaque matin, me combla. Par la fenêtre de ma chambre, je voyais les chalutiers qui rentraient au port, poursuivis par un nuage de ces volatiles toujours de bonne humeur. Au point de chanter le ventre vide.

  Le coq du père Aspignan ne me manquait pas, ni même le vieux chevrier.

  J'avais fait la connaissance de mon voisin, monsieur Buttin, un homme très discret, d’âge mûr, qui m'avait demandé de lui faire la lecture parce qu'il perdait la vue.

  « Ça tombe bien, je suis romancier. Si vous voulez, je vous lirai des chapitres de mes livres. »

  « Vous êtes romancier ? L'agent immobilier ne m'a rien dit. »

  « Peut-être parce qu'il l'ignorait. »

  « Oui, sans doute. »

  J'avais mis un certain temps avant de réagir.

  « Parce que vous avez gardé des contacts avec l'agent immobilier ? »

  « Forcément, c'est mon beau-fils. »

  Il s'était réjoui de mon désir de lui faire plaisir. Un soir, il m'a touché deux mots de son autre voisin, après m'avoir précisé que ma présence le rassurait.

  Puis j'ai sympathisé avec le facteur qui me demanda un autographe.

  « J'ai lu tous vos livres. C'est une chance de vous apporter le courrier tous les jours. Comme ça, vous me direz où vous en êtes de votre nouveau roman, d'accord ? »

  Je n'avais point eu le courage de refuser.

  Les allusions de monsieur Buttin à l'endroit de « l'autre voisin » me revinrent en mémoire avec la clarté d'une aube d'été. Le crépuscule se déposait mollement sur la mer, enrobant les îlettes dans un écrin de coton rose.

  Fatigué, je m'étais installé devant la télé, podcastant ma journée malgré l'agitation de deux équipes de foot sur l'écran.

  « Il me fait peur, ce type. Il ne m'a jamais dit bonjour. Et je suis sûr qu'il m'espionne. Chaque fois que je sors sur ma terrasse, il est là, penché à sa fenêtre, et fait semblant d'admirer l'horizon. C'est pourtant toujours le même... Je suis sûr qu'il écoute à travers les murs quand je suis au téléphone avec ma fille. Un jour, il va forcer ma porte et me faire la peau. Et je ne saurai même pas pourquoi. »

  Je me suis dit que monsieur Buttin était paranoïaque.

  Pourtant...

 

  Un matin, de bonne humeur, j'ai voulu plaisanter avec le facteur en imitant sa voix. Je n'aurais peut-être pas dû. Il a saisi la balle au bond.

  « Mais c'est moi ça ! Vous êtes aussi imitateur ? »

  « Juste pour déconner. Ça ne ferait pas sérieux un romancier imitant Raimu ou Charles Aznavour. »

  « Vous avez même remarqué que j'avais un léger défaut de langue. »

  « Un romancier se doit d'être observateur. »

  « Mais alors… Vous allez peut-être pouvoir m'aider. »

  « Si c'est dans mes cordes. »

  « Dans vos cordes vocales, oui. »

  « Monsieur Buttin est le dernier sur ma tournée, et c'est celui qui me prend le plus de temps à l'heure de l'apéro. J'ai des amis qui m'attendent au bar. Si, demain, juste demain, parce que c'est l'anniversaire de Raoul, le patron du bar, je vous laisse son courrier, vous pouvez le lui donner ? Vous avez plus d'imagination que moi, vous saurez quoi lui dire pour mettre un terme à notre conversation quotidienne. Il s'ennuie, il voit peu de monde, il se raccroche à ce qu'il peut. Juste pour demain... »

  « D'accord, vous mettez son courrier dans ma boîte et je le lui porte. Ça me fera un dérivatif. S'il m'adresse la parole, je lui réponds avec votre voix. Pas de problème. Mais il va ouvrir la porte... »

  « Il ne l'ouvre jamais. En hiver, je me les gèle en attendant dehors qu'il ait fini de se défouler. »

  « Quel étrange bonhomme ! »

  « Une fois, il neigeait et il a parlé de suicide si je l'abandonnais. Mais quand je lui ai demandé de m'ouvrir, il m'a insulté. Je suis parti. Le lendemain, ce fut comme s'il avait oublié. Heureusement que je ne suis pas rancunier. »

  « Ce n'est pas l'effet qu'il m'a fait. Il a été très correct avec moi, et plutôt avenant. Il doit faire des crises de paranoïa. Il s'est même confié comme s'il me faisait confiance. Bizarre que l'agent immobilier ne m'ait pas touché deux mots de son problème. »

  « Il a eu peur que vous renonciez à signer le bail. »

  Cette situation m'avait amusé. Et si un piéton passait sur le trottoir pendant que je causais à une porte, je n'aurais qu'à me retourner, et avec un peu de chance...

  « Monsieur Breitner ? L'écrivain ? Vous voulez bien me signer un autographe ? »

  Mon visage figurait souvent, en médaillon, sur la quatrième de couverture.

  Si c'était un ennemi de la lecture, je n'aurais qu'à le foudroyer du regard. Il paraît qu'il fait peur quand je suis en colère.

  Oui, cette situation m'amusait. A tel point que j'ai passé l'après-midi à m'entraîner, devant le miroir de la salle de bains, à brosser son cheveu sur ma langue.

 

  Je me suis posté devant ma porte à l'heure où passait le facteur, et le courrier a dégringolé sur mes pieds. Il y avait une carte postale adressée à monsieur Buttin, et j'ai lutté pour ne pas être curieux. J'ai juste regardé le paysage représenté. Un paysage de Lozère, avec des viaducs et des gorges, Tarn et Allier. J'en ai déduit qu'il avait de la famille en Occitanie. Peut-être sa fille dont il avait évoqué l'existence, l'autre jour, à l'occasion de ma petite visite de courtoisie.

  Il ne m'avait jamais relancé à propos de la possibilité de lui faire la lecture à cause de ses problèmes de vue. Il n'était point sourd, apparemment, car il réagit aussitôt après que j'avais glissé la carte dans sa boîte aux lettres. Se tenait-il en embuscade, de l'autre côté de la porte, attendant le passage du facteur, à l'heure de l'apéro ?

  « Il m'a encore appelé, cette nuit. »

  « Qui ça ? »

  « Le voisin. Pas l'écrivain, l'autre. »

  « Et que comptez-vous faire ? Alerter la police ? »

  La porte s'ouvrit soudain et monsieur Buttin apparut, l'air furax.

  « Vous me prenez pour un con ? »

  « Mais comment... »

  « Comment j'ai fait pour savoir que le facteur me bernait ? »

  « Oui. »

  « C'est très simple. Il postillonne, et vous avez oublié ce détail. »

  « Vous avez l'oreille fine. »

  « Très. Je suis mélomane. »

  « Mais ça implique que vous connaissez mon talent d'imitateur. »

  « Je vous entends, tous les matins, quand vous êtes sous la douche. Vous voyez, j'ai de bonnes oreilles. Vous chantez en empruntant des voix célèbres. »

  « C'est vrai. Vous m'impressionnez. »

  « Je parie que notre ami le facteur est au bar. »

  « Evidemment. »

  « Pas grave. Je crois qu'il a tendance à en faire trop. Il vous a probablement dit que je ne lui ouvrais jamais la porte. »

  « Exactement. »

  « Il ne vous a pas menti. Mais c'est uniquement parce que monsieur Max, l'autre voisin, en a profité, l'autre jour, pour forcer ma porte. »

  « Notre ami le facteur ne m'a rien dit. »

  « Ça ne m'étonne pas. Il aime bien se victimiser. »

  « J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur. J'ai juste voulu lui rendre service. C'est un bon gars, et il fait bien son travail. »

  « Je veux bien vous pardonner, mais à une seule condition. »

  « Je vous écoute. »

  « Entrez. »

 

  J'ai retrouvé avec plaisir son salon. Les nombreux fauteuils, tous d'apparence moelleux, et les copies de tableaux de maîtres, Monet, Manet, Renoir, accrochées aux murs. Et toujours cette odeur de bois brûlé malgré l'absence de feu. La cheminée n'était plus qu'un œil mort mais les bûches factices étaient saisissantes de réalisme. La forêt renaissait de ses cendres, prisonnière d'un incendie imaginaire.

  « Asseyez-vous là ! »

  Il m'avait indiqué le canapé.

  « Vos fauteuils sont très beaux. »

  « Beaux et précieux. »

  « Précieux ? »

  « Oui, précieux. »

  « Pourquoi, précieux ? »

  « Ils ont appartenu à mon grand-père, taxidermiste. »

  « Ils sont en peau de bête ? »

  « Non. Ils lui ont appartenu et, justement, on l'a accusé d'avoir acheté des peaux de daim à des chasseurs. Il y a de la paille à l'intérieur, mais c'est du tissu. Pour celui-ci, il a utilisé une vieille robe de mariée. »

  « Mais il n'est pas blanc. »

  « Avec le temps, les couleurs claires s'assombrissent. »

  Je me suis demandé s'il n'était pas en train de délirer.

  « Ecoutez-moi. Je vais passer quelques jours chez ma fille, en Lozère. Et j'aimerais que vous veniez, de temps en temps, imiter ma voix pour que monsieur Max croie que je suis là. En train de parler au facteur ou de téléphoner. Il vous faudra simuler des conversations. Les romanciers sont à l'aise quand il s'agit d'écrire des dialogues, n'est-ce pas ? Si je m'absente, je sais qu'il va essayer d'entrer chez moi. »

  « Mais pourquoi voudrait-il entrer chez vous en votre absence ? »

  « Je l'ignore. Mais il se pourrait bien qu'il y ait, dans cette maison, quelque chose qui l'intéresse. Il m'espionne, il a forcément remarqué que je sors très rarement. »

  Il avait machinalement regardé en direction des bûches factices.

  J'avais capturé son regard.

  « Vous croyez qu'il y a un trésor dans la cheminée ? »

  Il m'avait toisé comme si je venais de lui avouer que j'étais le complice de monsieur Max.

  « Non, non. Mais chaque fois que je suis stressé, mon regard est comme aimanté par ces bûches. Il faut vous dire que j'ai été pyromane autrefois. Un séjour en clinique psychiatrique a refroidi mers ardeurs. »

  J'ai préféré zapper l'info.

 

  J'ai accepté parce que je voulais à tout prix connaître la motivation de monsieur Max. Mais j'avais prévu un autre plan. Un plan qui s'est imposé sans une seule seconde d'hésitation. Je ferai tout le contraire de ce que m'avait demandé mon voisin. En faisant le moins de bruit possible, de façon à ce que l'autre imaginât que la voie était libre. J'attendrai ensuite sa visite, caché derrière un rideau, quitte à me retarder dans mon travail. Peut-être que, sans me l'avouer, je partais à la chasse aux idées pour un futur roman.

  Mon talent d'imitateur n'avait jamais été autant mis à contribution.

  J'avais décidé que monsieur Buttin n'était point paranoïaque, qu'il avait de bonnes raisons de craindre d'être cambriolé.

  Grâce à ce brave homme, j'endossais le rôle d'une sentinelle. Pas d'un chien de garde, non, au contraire. Une ombre silencieuse capable de sortir de son mutisme pour connaître le fin mot de l'histoire et la reproduire sur le papier sans être accusé de plagiat.

  Monsieur Buttin a fait le moins de bruit possible en partant, je me suis chargé de faire de même en m'installant. J'avais posé mes fesses dans un fauteuil, le plus près de la cheminée. J'ai dû changer de place car la forte odeur de bois brûlé m'avait donné envie de tousser.

  Six heures ont passé, pendant lesquelles j'ai écrit mentalement un premier chapitre. Il y a eu du bruit sur la terrasse. Je me suis levé et me suis dirigé vers le rideau de la porte-fenêtre restée fermée. Ainsi je pourrai prendre le cambrioleur à rebours. Cette réflexion me fit sourire et j'ai eu peur que ma barbe naissante ne crisse.

  L'homme entra dans le salon comme s'il était chez lui. Il avait sauté par-dessus le mur mitoyen. Il était clair qu'il s'était, jusque-là, déguisé en vieil homme. Tant de mois à jouer la comédie sans l'assurance qu'il était lui-même épié. Monsieur Max endossait-il une seconde peau lorsqu'il cambriolait ?

  « Quel cinéma ! » ai-je pensé.

  Une trentaine d'années, grand, la démarche chaloupée. Henry Fonda sans le regard bleu. Il se rapprocha d'un fauteuil puis le palpa. J'ai cru rêver. Il atteignit celui où j'avais posé mes fesses et se pinça le nez. Lui aussi n'aimait pas l'odeur de bois brûlé. C'est le moment que je choisis pour entrer en scène.

  « Vous voulez que je vous aide ? »

  L'homme fut à peine surpris.

  « Vous êtes qui, vous ? »

  « Et vous ? Amusant ça, se faire passer pour un vieil homme et retrouver sa jeunesse pour enjamber un mur ! »

  « Si vous saviez... »

  Je n'avais pas été vexé qu'il ne me connaisse point. Ni qu'il n'avait jamais remarqué ma présence dans le quartier. J'avais eu l'occasion, moi-même, de le croiser à deux ou trois reprises dans la rue. Il simulait bien la démarche d'un vieil homme.

  Alors là, la vérité m'éclaboussa comme une vague se déchirant sur un rocher, un jour de mistral.

  « Je ressemble trait pour trait à mon père. Il n'aurait pas eu le courage d'agir lui-même. »

  « Ni le courage, ni la force. Vous êtes le fils de monsieur Max ? »

  « Oui. Il m'a appelé, quand il a cru la maison déserte, et je suis venu. Depuis le temps qu'il veut récupérer la robe de mariée de maman. »

  « Quoi ? »

  J'avais eu tout loisir de constater qu'il était inoffensif.

  « Ce monsieur Buttin que vous semblez tant apprécier, il est taxidermiste. Il dit à tout le monde que c'est son père... mais non. Après son séjour en clinique psychiatrique pour pyromanie, il est devenu un autre homme. Il s'est mis à empailler des vieux fauteuils avec des robes de mariées qui avaient déjà servi. Et il y a, ici, celle de ma mère, dérobée autrefois. Nous étions déjà voisins, à l'époque. Il se calfeutrait jusqu’à la nuit. Fétichiste, il entrait chez les gens et leur volait des robes. Un jour, il s’est risqué chez nous. Il est tombé sur la robe de mariée de maman et l'a emportée avant de se volatiliser dans la nature. J'ai retrouvé sa trace, et… Et voilà... »

  Il était en train de caresser le fauteuil près de la cheminée.

  « C'est maman elle-même qui l'avait taillée. Elle était couturière. »

  « Et qu'allez-vous faire maintenant ? Emporter le fauteuil ? »

  « Quand même pas, vous seriez impliqué. »

  Il dégaina un couteau et...

  Et s'effondra, en larmes.

  « Vous feriez mieux de la prendre en photo. Votre papa sera fier de vous quand il apprendra que vous avez mené votre mission à terme. Je vais vous aider. Restez là, je reviens ! »

  Si j'avais eu un Smartphone, je n'aurais pas eu à retourner chez moi pour prendre mon appareil-photo.

  Quand je suis revenu, il était parti. Sans faire d'accroc au fauteuil. En épargnant la bête blessée.

  J'ai haussé les épaules, mais je tenais le thème de mon nouveau roman.

  Monsieur Buttin est rentré de Lozère. Il a constaté par lui-même que monsieur Max avait déménagé.

  J'ai décidé de ne rien dire.

 

  Ce matin-là, mu par je ne sais quelle pulsion, j'ai imité le chant du coq.

  Dix minutes plus tard, monsieur Buttin est venu m'engueuler gentiment, et nous avons bu le café ensemble, sur la terrasse, en écoutant les mouettes, au loin, qui traquaient les chalutiers rentrant au port.

  A la parution de mon nouveau roman, j'ai voulu faire une surprise au père Aspignan, le chevrier. Je lui avais dédicacé un exemplaire. Il avait été content de me voir avant de m'avouer, honteux, qu'il ne savait pas lire.

  La garrigue me manquait. Mon mas n'avait toujours pas été vendu, mais il était bien entretenu.


Publié le 12/09/2026 / 1 lecture
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