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La Promesse du Destin
Partie 9

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Une semaine plus tard, monsieur Valygaut continuait de me donner une tonne de travail, sans jamais me poser de questions sur les rendez-vous. C'était étrange, et il n'avait pas encore convoqué Féli non plus. Enfin, pas à ce que je sache, je pense qu'elle m'en aurait parlé sinon. Avec tout le travail qu'il me confiait, on se voyait que brièvement quand je venais voir monsieur Valygaut. Sinon, j'étais constamment en déplacement entre les différents bureaux qu'il possède. Je me retrouvais comme à mes débuts dans l'entreprise. Finalement, je me surprenais à penser que je devrais peut-être vraiment tout recommencer dans une autre entreprise...

Aujourd'hui, je suis en déplacement avec monsieur Valygaut. Cela faisait un moment que je ne l'accompagnais plus à cause de l'incident. Est-ce que j'ai réussi à reprendre ma place ? J'avoue avoir un peu retrouvé mes mauvaises habitudes : je manque de sommeil et mon alimentation laisse à désirer. Je me sens constamment tendu, comme une corde prête à céder. Il y a un poids dans ma poitrine qui refuse de partir. Bien sûr, Féli n'est pas au courant et ne peut le voir, vu qu'on se voit très peu en ce moment. Elle me manque. Sa présence, ses rires, même ses réprimandes légères... tout me manque. Mais je ne veux pas lui laisser paraître tout ça lorsqu'on se voit. C'est trop court pour le passer à m'en plaindre. Enfin bon ! Monsieur Valygaut a une réunion importante avec de gros investisseurs. Il souhaite ouvrir une nouvelle entreprise, et je suis heureux qu'il m'ait choisi pour l'accompagner. Il m'a aussi menacé de me virer si je foire tout, mais je suis déterminé à ne rien laisser au hasard !

En arrivant sur les lieux, mon cœur se serre en voyant l'un des chauffeurs de la famille, garé devant l'établissement. L'angoisse monte alors que nous nous garons. Et là, je le vois, Tom, le dernier prétendant de Félicity. Il s'avance rapidement vers la voiture, ouvre la portière avec assurance... et c'est comme si mon cœur venait de tomber à mes pieds... Félicity sort de la voiture.

- Qu'attendez-vous, pour sortir de cette voiture, Monsieur West ? Nous n'avons pas toute la journée.

- Oui, excusez-moi, Monsieur. Je... veuillez m'excuser de mon impertinence, mais pourquoi votre fille est-elle présente ?

- Vous allez le comprendre bien assez tôt.

Je sens mes mains devenir moites, ma gorge se sécher. Un pressentiment lourd, presque suffocant, m'envahit. Quelque chose cloche. Je sens la sueur perler sur mon front. Tout semble irréel. Félicity est là, mais elle ne me regarde même pas. Son regard semble vide, distant, et ça me tue. Je suis à quelques pas d'elle, mais c'est comme si je n'existais pas. Son bras repose sur celui de cet homme, Tom, celui-là même qu'elle avait giflé. Pourquoi ? Mon cœur se serre à tel point que j'en perds presque le souffle. J'ai besoin qu'elle me regarde, qu'elle me rassure, qu'elle me dise ce qui se passe. Féli, regarde-moi... juste une fois...

- Bien, commençons. Qui est cette charmante jeune fille qui nous honore de sa présence ?

- C'est ma fille, Félicity Jones. Elle dirigera cette nouvelle entreprise. Peu de personnes la connaissent encore, mais elle a fait de grandes études pour cela, et j'ai toute confiance en elle.

- Ah, vous ne nous aviez pas informés de ce détail...

- Eh bien, je vous l'annonce maintenant. Son bras droit sera monsieur Martin, un brillant homme d'affaires que vous connaissez tous. Je suis certain qu'il l'épaulera parfaitement dans cette mission.

- C'est trop d'honneur, Alexander. Je suis ravi que vous me donniez cette chance.

Un vertige me prend. Diriger l'entreprise ? Tom, à ses côtés ? Non, non, c'est impossible. Le sol tremble sous mes pieds. Qu'est-ce qui est en train de se passer ? L'entreprise sera basée à des kilomètres d'ici... Si Félicity prend ce poste, elle devra déménager. L'image me frappe soudain : elle partira, loin de moi, avec lui. Je ne la reverrai plus. Féli ne peut pas être d'accord avec cela, ce n'est pas possible !

- J'ai toute confiance en vous, Alexander. Ce rendez-vous n'est que pure politesse, vous savez bien que je vous suivrais. Si c'est votre fille, je suis sûr qu'elle sera aussi bonne que vous.

- Je ferai mon possible pour être à la hauteur de l'estime que vous mettez en mon père et en moi.

Je n'arrive plus à me contrôler. Je ne veux pas voir ça. Mon cœur bat dans mes oreilles, mon esprit tourbillonne.

- Attendez ! Féli ! Tu ne veux pas de tout ça qu'est-ce qui se passe !?

- Monsieur West, calmez-vous, ou je vais devoir...

- Non, je refuse !

Ma voix est trop forte, trop désespérée, mais je m'en fiche.

- Je démissionne ! Féli, c'est toi qui avais raison, je suis prêt à tout recommencer, quitte à tout perdre... mais pas toi, pas toi... Je t'en supplie, viens avec moi !

Son regard ne se dirige pas une seule fois vers moi. J'ai toujours compris ce qu'elle ressentait en un regard et cette fois elle ne me regarde pas une seule fois. Qu'est-ce que j'ai fait ? Que se passe-t-il ?!

- Monsieur West, vous devriez arrêter avant de vous ridiculiser. Je suis Félicity Jones Valygaut, adressez-vous à moi comme il se doit.

Notre monde s'effondre. Elle ne m'avait jamais appelé par mon nom de famille même au début...

- Féli... qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?! Pourquoi tu dis ça ? Ce n'est pas toi... Félicity, regarde-moi !

- Père, appelez la sécurité, s'il vous plaît.

- Félicity ! Parle-moi ! Je t'en supplie ! Félicity !!

Je me débats encore et encore contre la sécurité. Mais c'est inutile. Mon regard cherche désespérément une réponse, un signe, quelque chose. Puis je le vois... son poignet.

Le bracelet.

Celui que je lui avais offert.

Elle ne le quittait jamais. Jamais.

Il n'est plus là.

Le choc me frappe de plein fouet, comme un coup qui m'empêche de respirer. Ce simple détail... cette absence me crie tout ce que je refusais d'admettre.

Cette promesse silencieuse que je m'étais faite, que je me battrais, comme tu m'avais dit que tu te battrais pour moi. Alors... pourquoi tu ne te bats plus ? Pourquoi tu m'abandonnes maintenant ? Regarde-moi...

Ma Féli... je t'en prie... regarde-moi...

Publié le 12/07/2026 / 11 lectures
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