Zouk et Plouf se sont installés en orbite large autour de la terre.
Ils ont levé leur bouclier anti perception pour ne pas être détecté par les satellites. Ils ont bien fait les choses, se référant à l’occasion au manuel officiel du code de conduite à suivre pour pêcher sur cette planète.
Les appâts sont lancés, perçant lentement la stratosphère.
Rapidement Plouf sent une touche solide. La victime semble bien ferrée. Il la remonte avec excitation. Un beau mâle de 85 kilos.
« Tu pêches avec quoi ? » demande Zouk.
« Mon secret. Désolé. Mais pour cette planète, c’est fabuleux. Parfois, j’ai à peine le temps de relancer mon leurre que déjà une autre… tiens ! Encore !
Et Plouf répète le même manège pour remonter sa nouvelle prise, cette fois une femelle de 67 kilos.
Dans les heures qui suivent, Zouk change plusieurs fois d’appât.
Il essaie la molécule d’uranium, si efficace sur les planètes de Sirius. Puis, en ordre, quelques atomes d’azote, un flocon d’acide de chlore, l’hydroxyde de sodium, et en désespoir de cause, un scanner d’onde électro magnétique à fréquences adaptables à tête chercheuse de chaleur humaine.
Sans succès.
Son copain, pendant ce temps a rempli sa loge d’humains tellement rapidement qu’il doit maintenant cesser de pêcher. Il a déjà atteint le quota permis par le règlement de la ZEC locale.
Stoïque et frustré, Zouk laisse passer quelques minutes avant de demander sèchement;
« Vas-tu me dire à la fin avec quoi tu pêches? »
Plouf plisse son lobe frontal, embêté. Il sait qu’il va bientôt révéler un secret que son père lui avait demandé de garder pour lui. Mais devant la mine déconfite de son meilleur ami…
« Faut connaître cette espèce », dit-il, en levant son leurre devant les yeux de Zouk.
« Un petit peu d’amour. Juste une petite dose d’amour, c’est tout. Cette race ferait n’importe quoi pour un petit peu d’amour. »