Moussaillon, c’est mon chien.

Pourquoi ce nom ?

Parce que je l’ai trouvé sur l’une des îlettes que je vois de la fenêtre de ma chambre. Il m’était apparu si minuscule, abandonné, probablement puni par un pêcheur après qu’il avait mâchouillé un gobie. J’ai, pour habitude, d’utiliser mes jumelles. Je suis comme une sentinelle veillant sur l’horizon. La surprise avait été totale. Pour une fois que personne – hormis son maître – n’avait accosté sur ce gros rocher.

Quand le hasard se prend pour Dieu.

Matinal, mon premier café bu dans un grand sourire, je me repais, debout, du ballet des pointus prenant le large, et des poissons ferrés lorsque l’ancre a été jetée. Je zoome à mort. Les girelles me lancent des œillades. Elles me connaissent, elles savent que je les mate. Elles sont si belles, si colorées. On dirait qu’elles ont été enfantées par un arc-en-ciel.

Je fais pareil avec les étoiles, la nuit, mais j’ai moins de succès. Je me demande si… avec un télescope…

C’est comme ces femmes au physique de star, dont l’intérêt pour les grosses voitures…

Bref.

Je n’ai pas de bateau. J’ai le mal de mer. Je peux à peine embarquer sur un paquebot… en fermant les yeux. En contrebas de ma nouvelle maison, il y a une plage de galets désertée à cause de son exposition aux quatre vents.

Je me rappelle l’étonnement de Raoul, au téléphone, quand je lui ai appris que je déménageais. Que j’en avais marre de vivre en plein centre-ville.

« La pollution, les klaxons… Un jour, j’irai vivre à la campagne. »

« Je comprends. Mais… si tu as le mal de mer, pourquoi tu t’es offert cette baraque qui la surplombe ? »

« Le mal de mer, ce n’est pas comme le vertige, mon ami. Ma maison ne tangue pas. Je ne risque pas de vomir. »

« Je plaisantais… »

« Je sais. »

Après, il m’avait branché sur les femmes qui, d’après lui, devaient venir en nombre se faire bronzer sur la plage.

« Elles sont rares, par ici. Elles préfèrent le sable. »

« Et ta collection… »

« Je l’enrichis, chaque jour, d’un nouvel élément, ou deux. Jamais trois. C’est pour faire mentir le proverbe. »

« Tu ne m’a pas montré les derniers… »

« Passe à la maison… »

« Laquelle ? »

Il n’ignorait pas que je n’avais pas revendu l’ancienne. Je comptais la louer. Mon beau-frère est agent immobilier. Et même si ma sœur bouderait si je partais vivre à la campagne, je savais que je pouvais compter sur lui.

 

Raoul s’est pointé en quatrième vitesse.

« Ça faisait longtemps, dis ! »

« T’es toujours en train de bosser. »

« Oui, c’est vrai. Le téléphone est une bien belle invention. »

Nous échangeâmes un sourire.

« Bon, alors, ces galets… tu me les montres ? »

Je suis allé chercher, dans le garage, les derniers ramassés. C’est là que je les rangeais, sur un établi, pour faire joli. Une fois nettoyés et secs, j’avais prévu de les délocaliser dans le salon, sur le buffet Henri II, où les plus anciens paradaient déjà entre les colonnes torsadées.

« Moi, je suis sûr que tu as acheté cette maison parce qu’il y a une plage de galets juste à côté. »

« Mais non… »

« Et s’il n’y avait que du sable, tu aurais bâti des châteaux… »

J’avais haussé les épaules. On avait pris l’apéro et, au bout du troisième verre, il me racontait où il en était de son vernissage. Il était assez discret, comme mec, et l’alcool le désinhibait.

« Le public semble apprécier mon nouveau style. »

Un peu plus tard, il me proposait de peindre des visages grimaçants sur mes plus beaux galets. Quand il a commencé à voir des ombres cornues sur les murs, nous nous sommes séparés. Il n’y eut point de dernier verre pour la route.

« Tu es venu en bus, au moins. »

« Tu sais bien que je ne sais pas conduire. »

« Ça m’évitera de te raccompagner. »

« A propos, il y a un arrêt, dans le coin ? »

« Tu es arrivé comment ? »

« Je crois que j’ai trop bu. »

Il a titubé jusqu’à la porte. Je n’aurais pas dû lui dire qu’il connaissait le chemin. Il le connaissait, oui, mais il avait visiblement oublié qu’il ne fallait pas prendre l’escalier.

 

Je n’ai pas de bateau, j’ai le mal de mer, mais je crawle plutôt bien. Pour ramener le chien sur le continent, je n’aurais qu’à barboter à ses cotés… en pratiquant la nage indienne. Il me suivrait forcément. Sa queue lui servirait de gouvernail. Les braves toutous savent avancer dans l’eau, et même les méchants. Je m’apprêtais à le sauver, il n’allait tout de même pas me mordre, si ?

Je me suis mis à l’eau. Difficile, après avoir enfilé les palmes, de se lever et de marcher en canard, surtout sur des galets.

« Bonjour. Vous allez à la pêche au trésor ? »

J’ai sursauté. Je n’avais point entendu les bruits de pas flirtant avec les beaux cailloux.

« Bonjour. On peut dire ça comme ça, oui. »

« Si vous n’allez pas trop loin, je vous prends à mon bord. »

Je suis revenu au sec en évitant la chute de justesse.

« C’est étonnant… J’ai l’impression d’avoir fait de l’autostop sur le bord d’une route perdue, dans l’arrière-pays. »

« L’image est belle. Profitez de l’occasion inespérée qui se présente à vous. Je suis un être bizarre, je préfère faire plaisir à un inconnu plutôt qu’à un parent. Je n’aime pas ce qui est acquis. »

« On ne choisit pas sa famille… je connais. »

« Vous allez où ? »

« Sur l’îlette, là-bas. J’ai rendez-vous avec un chien. »

« Amusant. Et vous allez rentrer comment si je vous accompagne… »

« Mais… Votre bateau, il est où ? »

« Dites-moi, d’abord, comment vous allez rentrer. J’insiste. Un chien, ça se fatigue vite dans l’eau, et deux kilomètres séparent cette petite île de la plage. »

« Nous procèderons par étapes. »

« Vous m’inquiétez. »

« Et il est où, votre bateau ? »

« Vous vous répétez. »

« S’il le faut, je peux même trisser, comme dans la tirade de Cyrano. »

« Monsieur est lettré… c’est bien. »

Il se retourna et me montra un arbre, au fond de la calanque.

Etrange, je n’avais jamais remarqué sa présence. Certainement à cause de l’ombre. Elle était presque palpable, à cette heure de la journée. Les vagues mourantes s’échouaient à proximité d’une grotte masquée par un pin au feuillage miraculeusement touffu.

« Il a poussé là, il y a vingt ans, sans se montrer. Si c’était une plage abritée des vents, il y aurait eu des témoins à la pelle, et le bouche à oreille aurait été plus efficace. »

« Et votre bateau est dans la grotte, c’est ça ? »

« Oui. »

« Et vous n’avez pas peur qu’on vous le chourave ? » 

« Mais non ! Puisque personne ne sait qu’il y a une grotte, là. Et puis, c’est un frêle esquif, sinon je ne pourrais pas le sortir sans avoir besoin d’aide. »

« On peut y monter à deux ? »

« Non. A trois. Jamais deux sans trois. »

J’ai froncé les sourcils.

« Et c’est qui le troisième ? »

« Le chien. »

« Vous allez nous ramener ? Mais… »

« J’ai tout mon temps. Mon plaisir consiste à jouer avec les mouettes. Je fais de grands gestes et elles viennent. Elles croient que je vais leur donner à manger. Certaines se fâchent, déçues, et me shampouinent de leur fiente. Elles sont rancunières. Mais ce n’est pas grave. Vous savez ramer ? »

 

C’est l’une d’elles qui m’a bouté hors du sommeil.

Je m’étais assis à l’ombre après avoir récolté quelques galets parmi les plus beaux. Ma besace était posée, pleine, entre deux racines affleurant du pin qui squattait la plage depuis vingt ans. Elles avaient longtemps serpenté avant de se rendre compte que le sel de la mer était corrosif. Le bel arbre ne masquait que la roche ronde et lisse – pas de grotte, écrin d’une barcasse de pêcheur du dimanche. J’étais encore troublé par mon drôle de rêve lorsque j’ai réalisé que j’avais un caca qui dégoulinait sur ma joue. Moi qui voulais paresser un peu, à deux pas du soleil et de la mer, j’étais obligé de regagner mes pénates pour prendre une douche. J’avais de la chance d’habiter à côté. Je n’avais que quelques marches, taillées à même le roc, à escalader, la plupart ayant été érodées par le mistral, le plus usant des quatre vents. Lorsqu’il soufflait, au cœur de la nuit, les vagues ébranlaient mes murs, des fondations jusqu’au toit.

« Un jour, mon ami, tu vas devoir déserter les lieux parce que ta cave va s’ouvrir et laisser l’eau salée entrer par les lézardes et se mêler aux grands vins que tu réserves pour les grandes occasions. Les bris de verre vont blesser les poissons. »

« Les casiers sont vides. »

« Normal, tu les caches au grenier. Tu t’imagines que l’eau ne montera jamais assez haut. Seul un tsunami… »

Le présent m’a récupéré au moment où une langue mouillée me léchait la main que je n’avais pas mise en visière pour observer les îlettes. Le soleil était ardent. Dommage pour les jolies filles qui métissaient leurs peaux sur des plages moins joyeuses.

« Un jour, tu verras, elles viendront avec des seaux et des pelles et, profitant de la pluie, nettoieront la plage. Le lendemain, tous les galets auront disparu, et il te faudra attendre une éternité avant que la mer ne t’en amène d’autres. »

Raoul peignait merveilleusement, mais son âme poétique luttait pour arriver au niveau de son coup de pinceau.

J’avais beau repousser le passé, il revenait comme un boomerang. Tout était prétexte à ce retour aux sources.

Le présent a changé de main. J’avais renoncé à admirer le large pour m’occuper de ce qui était proche, si proche. Ce chien, assis sur son derrière, la queue battant la mesure, et qui me regardait.

« Mais… je te reconnais, toi… Tu es Moussaillon, le chien abandonné sur l’îlette de mon rêve… Tu t’en es échappé ou tu existes vraiment et je t’avais zappé ? »

J’ai soudain eu l’impression qu’il voulait m’attirer dans l’eau.

« Hé ! Je suis tout habillé. Pas de bain, aujourd’hui. »

Il a saisi délicatement mon poignet dans sa gueule et…

Il y avait un corps inanimé, à la frontière des vagues mourantes et des premiers galets. La mer repoussait ces derniers en imposant le sable à cette plage. Sans doute pour plaire au peuple désireux de changer de peau. L’homme semblait mal en point. Je me suis agenouillé et j’ai écouté son cœur. Il vivait malgré un souffle tellement léger qu’il s’apprêtait à prendre son envol pour l’autre monde.

« Si tu pouvais parler, gentil toutou. C’est ton maître et il est tombé à l’eau, mais alors, pourquoi tu as le poil sec, toi ? Vous n’étiez pas en bateau, c’est ça ? »

Il a couiné. Sa tristesse a rallumé un détail de mon rêve de Moussaillon.

« Tu n’as pas de collier. Tu n’es peut-être qu’un chien de passage. Tu te baladais et tu as flairé qu’un drame se préparait sur cette plage. Alors tu as dévalé les marches en pierre et tu as constaté les dégâts. Mais si je n’avais pas été là… »

Il m’a regardé, et j’ai eu la sensation qu’il avait compris. Il a léché les lèvres de l’homme échoué et j’ai compris qu’il m’invitait à lui faire du bouche-à-bouche. J’avais l’impression d’être Zorro s’adressant à Bernardo. Mais le brave toutou n’était point sourd, lui. Et je ne connaissais pas le langage des signes.

Je délirais. Le soleil avait choisi mon crâne pour tester de nouveaux rayons…

J’ai chevauché le corps de l’homme et, au moment où je m’apprêtais à lui rouler une pelle, il a ouvert les yeux.

Si Raoul était là…

Cette pensée n’a fait que passer.

Je devais évoquer un jockey, désorienté à la suite d’une chute de son cheval qui venait de rater son appel avant le franchissement de la rivière des tribunes.

« Monsieur… Monsieur… Vous allez bien ? Par pitié… répondez-moi ! »

Je m’étais surpris en train de le secouer comme pour le faire cracher tout ce qu’il avait bu sans avoir soif.

Ses yeux se sont refermés et je l’ai giflé.

Il s’est rebiffé et j’ai valdingué sur les galets.

La situation s’est inversée grâce au chien qui lui  a montré les crocs.

 

« Monsieur… vous connaissez ce chien ? »

« Pas du tout. »

« Vous vous sentez bien ? »

« Oui. Mais je suis désolé d’avoir réagi comme un con. J’étais ailleurs. »

« Vous êtes tombé d’un bateau ? »

« Non. Je pêchais sur une îlette… Un homme m’a agressé… Et c’est son chien… »

« Mais… il a le poil sec. Comment est-ce possible ? »

« Vous êtes flic ? »

« Jamais de la vie. Je déteste les uniformes. »

« Je pense que je lui ai tapé dans l’œil et il n’a pas aimé que son maître m’agresse. Ils ont dû rentrer et il s‘est échappé. Puis m’a retrouvé. Un brave toutou qui mérite mieux que vivre chez ce sale type. »

« Mais vous n’avez pas une petite idée… Il avait bien une raison… »

« De m’avoir agressé ? »

« Oui. »

« Peut-être parce que j’étais en train de prendre plus de poissons que lui… »

« Vous plaisantez ? »

« Oui. »

« Je constate que vous allez mieux. »

« J’ai la tête qui tourne. Il m’a assommé. »

« Avec quoi ? »

« Une batte de base-ball. »

« Il va à la pêche avec une batte de base-ball ? Il doit en attraper de très gros. Moi, je crois qu’il savait que vous étiez sur cette îlette. Il a eu le tort d’y aller avec son chien. Vous avez des ennemis ? »

« Oui, monsieur le commissaire. Le facteur, quand il bourre ma boîte aux lettres de factures alors que je suis à découvert, à la banque. »

Le chien nous observait, assis au milieu des galets.

« Lui, il doit savoir… »

« Savoir quoi ? »

« La raison de votre agression. Vous sortez avec une femme mariée ? »

« Si c’était le cas, je… »

« Oui ? »

« J’ai une petite amie qui… »

Il toussa, comme pour se libérer de la glaire obstruant le sphincter par lequel il allait cracher le morceau.

« Mon Dieu ! »

« Quoi ? »

« C’est le chien de sa sœur. Je ne l’ai jamais vu, mais mon odeur… »

« Vous vous tapez la sœur de votre maîtresse ? »

« Ça m’arrive. »

« C’est donc votre beau-frère… »

Nous avons éclaté de rire de concert. Le chien se posa encore plus de questions en nous découvrant aussi con l’un que l’autre.

« J’habite là-haut. Oui, j’ai cette chance. Je vous invite à boire un coup… Allez, venez ! »

Il a titubé jusqu’à l’escalier… Je me suis dit que c’était un bon début.

Le chien était déjà arrivé quand nous avons posé le pied sur la dernière marche ensemble. S’il avait voulu se débarrasser d’un témoin gênant, cet homme aurait pu me bousculer et…

« C’est ici ? »

J’avais eu une absence. Je dégainai la clef et j’ouvris. Pas envie de repousser le chien.

« Vous étiez ailleurs, je crois. »

« Je crois aussi. Entrez ! »

 

Nous nous sommes assis sur le canapé, le brave toutou à nos pieds. L’homme s’appelait Raymond. Nous avons fait connaissance. Je me suis occupé des boissons après lui avoir proposé des vêtements secs. Nous faisions à peu près la même taille.

« Vous me les ramènerez quand vous pourrez. Et je vous rendrai ceux-ci, propres et repassés. Un échange de bons procédés. »

« Vous êtes un ange. »

« Dommage qu’on m’ait coupé les ailes à la naissance. La fée qui s’est penchée sur mon berceau était jalouse. Et maintenant, un whisky trente ans d’âge, ça vous dit ? »

« Est-ce bien raisonnable ? »

« Je veux, mon neveu. »

Le courant passait bien entre nous.

« Vous comptez retourner sur l’îlette ? »

« Pour y faire quoi ? Relever les empreintes ? »

« Par exemple. »

« Notre homme a peut-être laissé des indices volontairement. »

« Une signature ? Vous pensez qu’il cherche à vous attirer dans un piège ? »

« Evidemment. »

« Mais puisqu’il vous a laissé pour mort. »

« Il m’a vu respirer et n’a pas eu le courage de m’achever. A moins qu’un chasseur sous-marin ne soit sorti de l’eau, à ce moment-là. En signant son acte, il me poussait à me venger. Et c’est moi qui aurais été inquiété par la police. Je crois qu’il n’y a plus de doute possible, monsieur le commissaire. Mon beau-frère a tenté de me tuer. Il faut le poursuivre. »

Il s’est levé d’un bond et le chien a réagi en grognant.

« Du calme, toi ! »

« A propos, il s’appelle comment ? »

« Moussaillon. »

« Nooooooooooooooooooooooooon !!!!!!!!!!!!! »

 

Il m’a fallu un certain temps avant de me réveiller complètement. Des mouches s’étaient mises en orbite autour de ma tête. Je les ai chassées d’un revers de main. La sensation d’être une vache qui refuse d’utiliser sa queue.

Le téléphone a sonné. C’était Raoul.

« Tu dors trop, mec. »

J’ai regardé autour de moi. Personne.

« Comment sais-tu que je dormais ? »

« T’as vu l’heure ? »

« Non. »

« Alors regarde. »

J’ai poussé un cri de dément. C’était minuit.

« Je t’attends. »

« Tu m’attends ? Mais où ça ? »

« Sur l’îlette, pardi ! »

 

J’ai renoncé à chercher à comprendre.

Je suis allé me coucher dans mon lit, mais quand je suis entré dans ma chambre, j’ai commencé à véritablement m’inquiéter.

Il y avait un chien roulé en boule sur la couette.

Il remua frénétiquement la queue.

« T’es qui, toi ? »

Il a gémi.

J’ai tenté un truc.

« Moussaillon ? »

Il s’est mis à danser tel un chien qui retrouve son maître à la suite d’une longue absence.

Le mistral s’est levé.

« Mon Dieu ! Et Raoul qui nous attend sur l’îlette. Il va être décoiffé. »

 

« Je l’ai trouvé sur la plage, en bas. Il a le crâne défoncé. Je vous ai appelé immédiatement. Je crois qu’il s‘est suicidé en se jetant dans le vide, du haut de l’escalier taillé dans la roche. Venez vite ! »

J’entendais tout dans un état second.

« Et il y a ce chien. Il est paumé, le pauvre. Il m’a léché la main. S’il savait que je déteste les animaux. »

« Nous arrivons ! »

 

Raoul était là, face à moi, dans mon salon.

« Tu ne te souviens vraiment de rien ? »

« Non. Le noir total. AMNESIE PARTIELLE, a dit le neurologue. Il a ajouté que ma mémoire reviendrait au moment où je m’y attendrais le moins. »

« Pas gai. A propos, le capitaine des pompiers a dit qu’il n’y avait personne quand ils sont arrivés. »

« Même pas moi ? »

« T’es con ! »

Un sourire coincé fut échangé.

« Et le chien, tu vas le garder ? »

« Je ne sais même pas comment je l’ai… »

Il a couiné.

« Et cette photo représentant une batte de base-ball tenue fermement par un bras anonyme… Les pompiers l’ont trouvée sous ta porte… Ils l’ont donnée aux flics… »

Moussaillon a grondé.

Ce chien était schizophrène.


Publié le 07/02/2026 / 3 lectures
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