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Je ne suis pas écrivain, mais j’écris. Je ne suis pas poète, mais quelque chose en moi insiste, pousse, revient, sous forme d’images complexes que je peine à ramener à la surface. Elles arrivent ici étranges, parfois déformées, encore ruisselantes de mon océan intérieur. Je suis autiste, et ma prose est souvent une pêche laborieuse, fragile, frustrante, mais nécessaire.
Au fil du temps, j’ai compris que l’art était mon langage le plus juste. Quand les mots se dérobent, je m’appuie sur les formes, les matières, les corps, les signes, comme sur une langue plus ancienne que moi. Ce travail est aussi une manière de traverser mes limites, de transformer l’isolement en passage, et la difficulté de dire en présence sensible.
Dans mon autre livre, L’artiste et la machine, je raconte la rencontre entre mon univers et l’intelligence artificielle, devenue pour moi un outil de lecture, de traduction et de médiation. J’y retrace un an de recherches, de tentatives, d’erreurs, de réécritures, pour faire émerger des mots à partir de mes images sans jamais trahir leur vérité.
Mon parcours artistique s’est construit autour d’une même urgence : parler du féminin tel que je le perçois, dans sa force, sa vulnérabilité, sa sacralité et sa profondeur. Longtemps, j’ai cherché à faire entendre ce regard singulier, malgré la difficulté à verbaliser ce qui me traverse, et malgré l’incompréhension que ce thème peut susciter.
Ce livre s’inscrit dans cette continuité. Il n’est pas seulement une suite d’images et de textes, mais une tentative de rendre visible une intériorité, une mémoire, une quête de justesse. J’espère qu’on y lira non pas une démonstration, mais une présence : celle d’un artiste qui avance à tâtons, avec sincérité, dans la matière vivante de sa propre vision.