Une épistolaire odyssée où phonème du beau se fait appeau, de l’indicible manifestation tangible.
Qu’il m’est difficile d’expliquer par où tout a commencé. Pour sûr je pourrais une date vous donner, acter que depuis ce jour, le monde tel que je le percevais a changé, que soudainement m’est venue l’idée saugrenue de consigner ces univers qui depuis l’enfance m’ont façonné. Mais en vérité, ma plume était depuis longtemps latente, attendant patiemment l’heure à laquelle du sommeil ou du fourreau on vienne la tirer.
Cette stimulation s’opéra dans un lieu d’habitude si décrié, réseau où d’aucuns ont décrété que beauté avait été bannie à l’instant où l’oiseau son envol prit. Tordre le coup aux préconçues idées, voilà qui me plaît. C’est donc pourtant bel et bien là-bas que tout a commencé. Je ne saurais toutes ici les citer, ces sœurs que j’y ai alors rencontrées, celles dont je prenais infini plaisir à parcourir le linéaire, celles qui m’ont encouragé à mon tour à me lancer, à coucher ces mots qui mes lèvres brûlaient, mon esprit encombraient, mon âme assiégeaient. C’est avant tout acte de partage pour un auteur que ses sentiments exprimer, à l’autre les donner, espérer le toucher, le voir réagir, s’enhardir et en retour lui écrire. Cette intangible danse un long moment dura. Mes plumes partenaires y furent nombreuses. Et talentueuses. Elles le savent déjà mais à nouveau je les en remercie.
Il m’apparut également très clairement que ces écrits méritaient écrin plus pérenne, épitomé qu’on offre à ceux que l’on aime, compendium qu’on garde près de soi, grimoire qu’on compulse à loisir. L’idée fit son chemin jusqu’à me hanter, paralysé devant l’ampleur de la tâche j’ai pendant de longs mois procrastiné, puis le rêve céda à la réalité, percevalesque manuscrit se mit en quête de son Graal, le sacro-saint ISBN…
Comment choisir parmi tous mes écrits ceux qui droit de cité auraient. Ceux qui aux oubliettes condamnés seraient. Certes nous avons nos préférés. Et exception je ne fais. Mais je sais aussi – pour avoir longuement échangé – que différentes sont les sensibilités. Qu'un écrit qui pour l'un n'a pas de place, par un autre minutieusement sera chéri. Ne pas choisir. Et tous les garder.
Une fois ce premier choix « opéré », à la cardinalité je fus confronté. 799. C'est le nombre avec lequel il me fallait désormais jongler. Un livre. Plusieurs tomes. Une collection. Comment alors décider de comment les agencer et les grouper… Une fois encore, ne pas choisir. Mais réfléchir…
Catégoriser. Que voici notion compliquée. Une oeuvre littéraire peut-elle s'accommoder d'une approche scientifique ? La question mérité d'être posée. Moult tentatives. Expérimentations. Et une première décision. 5. Cinq catégories. Comme les doigts d'une main. Cette main qui tient la plume. Et comme ces doigts, disparates et inégales, et pourtant chœur étonnamment mélodique quand vint l'heure de les naviguer.
Pour se faire, une carte – comme il est de coutume – pour indiquer où l'univers commence, où le monde s'arrête, où l'on dévore les mots, où ces derniers nous consument. Mais quid de l'ordre. Chronologie certes à tous s'impose mais l'idée du chaos j'ose. Les écrits seront battus, coupés, distribués aux vents. 4. Quatre comme le veut l'adage.
Quid du liant maintenant. Mes écrits n'ont de titre car de leur seule essence bercent les sens. Ce sont de mots qu'ils sont composés. Leur première matière. C'est donc eux qui joueront les pivots à qui voudra s'en saisir. Les voies se doivent d'être multiples. Au lecteur, le choix, toujours. 3. Trois rebonds je prévois pour d'un écrit voguer vers un pair, un mot pour seul vaisseau.
Certains écrits partagent plus qu'un mot, d'aucuns diraient de la trame de leur interligne le cosmique fil. A ceux-là, une attention particulière j'accorde, différemment je les décore. 2. Deux signes, distinctifs aux plus attentifs donc.
L'ossature est posée. 1. Un ouvrage unique. Un ouvrage pour les calligraphier tous, un ouvrage pour les transcrire, un ouvrage pour les consigner tous et par le fil de ma plume les lier.
L'intention est louable, la réalisation titanesque au regard de mon expérience. Et pourtant nous sommes ici et maintenant. A l'heure où vous lisez ce document, Poèméride est sur les étals. L'aboutissement de longs mois de labeur, d'encre et de sueur. Vous reste alors à acter – vous, de la notoriété les mécènes – si le résultat est à la hauteur…
C’est à vous ami lecteur que je confie ce manuscrit dans l’espoir qu’il soit pour ce qu’il est – un recueil de mots, d’écrits, d’aucuns diraient de poésie – compris.
Les thèmes sont divers et variés, le menu à volonté. Une sommaire carte j’ai dressée mais c’est à vous in fine qu’il revient de savoir comment procéder. Vous vous apercevrez peut-être alors combien il est difficile de classer, dans une case ranger, quand les mêmes mots par d’autres différemment sont compris, ressentis. Les phonèmes deviennent alors à la fois portes et clés, passages éthérés, pratiques trouées, qu’on en vient à emprunter, de deux écrits ponctuation imagée, épistolaire téléportation naviguant typographique partition.
Il n’aura pas échappé aux plus respectables d’entre vous que l’accroche poésie dont Vous êtes le héraut se veut hommage appuyé, écho amusé, au vénérable livre dont Vous êtes le héros. Ici encore, c’est à Vous lecteur qu’il revient de choisir comment l’ouvrage parcourir, du labyrinthe sortir ou à jamais rester vous y blottir…
Ecrire de la poésie n’est pas nécessairement tâche aisée. La lire avec attention y ajoute sel et pression. Cela étant j’ai dans l’espoir que cachés parmi ses pairs, un écrit se dégage et vous rembourse du voyage. Puissiez-vous prendre autant de plaisir à compulser ces pages que j’en ai ressenti à les consigner. D’avance merci…