Lucie propose un atelier sur la libération par l’écriture ! Hum, intéressant ! Ce sujet me parle, il résonne en moi…
Depuis l’enfance, les mots m’attirent, me séduisent. J’essaie de les assembler pour exprimer des idées, pour pousser mes coups de gueule ou déclarer avec ardeur mon amour. Dans mes placards, sur mes fichiers informatiques, des textes, des lettres dorment, inachevés, en attente d’être retravaillés, partagés.
Pendant de longues années, j’ai noirci le papier. J’écrivais comme on respire.
Puis est venue la vie trépidante, avec ses multiples casquettes : mère, professionnelle, conjointe. J’ai pu sauver les moments de lecture pour garder contact avec les mots, mais j’ai abandonné le crayon et le clavier. À de rares occasions, j’ai encore écrit quelques lettres, comme pour ne pas tout perdre.
J’avais presque cru que l’envie d’écrire avait disparu avec le temps. Pourtant, depuis peu, la vie m’offre le luxe de retrouver ce temps précieux. Alors, j’ai commencé à fouiller dans mes archives, je feuillète les vieux carnets, l’odeur du papier jauni m’enveloppe.
J’ai redécouvert un site, une communauté, Le Peuple des Mots, qui partage des écrits.
Je vous lis depuis quelques mois. J’ose parfois vous laisser un commentaire. À deux reprises, j’ai même publié des textes.
Chaque écrit libère une créativité, il donne voix à la parole. Il permet de graver, à un instant donné, les ressentis, les sentiments, les émotions.
Mais voilà : plus je vous lis, plus le doute de ma légitimité m’habite.
Vos fictions, vos confessions, vos mémoires me séduisent. Vous vous exposez par l’écriture, vous dévoilez une part de votre jardin intérieur.
Vous écrivez avec brio, tandis que je cuisine une drôle de tambouille, espérant vous offrir des récits qui tiennent la route.
Et ce texte que j’écris, a-t-il sa place dans cet atelier ? N’est-il pas hors sujet ? Ces mots juxtaposés reflètent-ils vraiment ma pensée ? Peut-on appeler cela de l’écriture ? Quelle audace de croire en sa pertinence !
Vais-je le publier ? Un effet libérateur va-t-il se produire ?
J’appuie… ou non sur le bouton.
Quoi qu’il en soit, vous me jugerez sur pièce. Selon vos retours, ou leur absence, je saurai si je suis libérée de mon illégitimité.
Et puis NON, peu importe les retours, l’essentiel est dans l’acte même de partager, de lancer mes mots dans le monde.
Je n’oublie pas que d’appuyer sur ce bouton, c’est déjà une victoire.
Je le fais pour moi, pour cette enfant qui noircissait le papier, pour cette femme qui a gardé la flamme malgré tout.
C’est un pas de plus vers ma libération par l’écriture. C’est ça, la vraie trace qui compte.
Bon envol à ces mots !
Mais quand même, j’accepte avec gourmandise vos commentaires 😉
Merci Lucie pour cet atelier.