Apparemment, aujourd’hui, c’est la journée du câlin. Comme si ce geste-là pouvait tenir dans un calendrier.
Un câlin, ce n’est jamais juste des bras autour d’un corps. C’est une manière de se dire je te vois, sans faire de bruit. Il y a les câlins pressés, ceux qu’on donne à la volée, à la porte, avant de partir. Courts, parfois maladroits, mais sincères, comme une main posée sur l’épaule pour dire reviens vite.
Et puis il y a les câlins affectueux, ceux qui s’installent. Les corps se rapprochent sans urgence, les épaules se relâchent, les mains trouvent leur place naturellement. Le visage se glisse dans le creux d’un cou, là où la peau est plus chaude, plus fragile. On respire ce parfum familier, fait d’effluves de peau, de lessive, de vie. Le temps ralentit, sans prévenir.
Il y a les câlins silencieux, ceux qu’on donne quand les mots ne servent plus à grand-chose. On ne cherche pas à réparer, ni à comprendre. On tient. Simplement. On offre une présence. Ces câlins-là savent tout, même ce qu’on n’a pas osé dire.
Il y a aussi les câlins rassurants, ceux qui ramassent les morceaux. Les bras se font plus fermes, presque protecteurs. Le corps de l’autre devient un appui, un abri. On s’y accroche un peu plus longtemps, comme si lâcher trop vite était risqué.
Et puis il y a les câlins rares. Ceux qu’on n’attendait plus. Ceux qui arrivent après une absence, une distance, un manque. Ils serrent plus fort, plus longtemps. Parfois ils tremblent. Ils disent tu m’as manqué sans avoir besoin de l’avouer.
Le câlin est une langue universelle. Il ne pose pas de questions, il ne juge pas. Il s’adapte à ce qu’on est capable de recevoir à cet instant précis. On peut être forte et avoir besoin d’être tenue. Indépendante et vouloir s’abandonner quelques secondes.
Alors si aujourd’hui on parle de câlins, tant mieux. Mais il y a aussi ceux qu’on oublie parfois de donner. Ceux qu’on retient par pudeur, par habitude, par peur d’être trop. Parce qu’un câlin sincère, donné au bon moment, peut faire bien plus qu’on ne l’imagine.
Parfois, il suffit de ça. Quatre bras. Deux corps. Un instant partagé.