J'en ai marre.

 

Pas la colère qui éclate et qui passe.

Plutôt celle qui s'installe doucement, quelque part entre la fatigue et le trop-plein.

 

Marre de mon cerveau qui ne s'arrête jamais.

Des pensées qui tournent, se croisent, reviennent.

Des mots que je retourne cent fois avant de les écrire et mille fois après les avoir partagés.

 

Marre aussi de cette société qui semble avoir oublié comment se parler.

Tout devient affrontement.

Il faut choisir son camp, défendre chaque mot, encaisser ceux des autres.

Et moi, au milieu de tout ce bruit, je crois que je me suis simplement fatiguée.

 

Alors j'écris.

 

Parce que les mots ont toujours été ma façon de faire sortir ce que je n'arrivais pas à garder dedans.

 

Mais partager, c'était autre chose.

 

Je voulais que mes mots voyagent un peu.

Qu'ils trouvent quelqu'un quelque part.

Un regard qui s'arrête.

Un silence qui comprend.

Peut-être simplement sentir qu'ils n'étaient pas tombés dans le vide.

 

Oui, j'avais besoin de reconnaissance.

Ça me coûte un peu de l'écrire, mais ce serait mentir que de prétendre le contraire.

 

Et finalement, à vouloir que mes mots trouvent un écho, je n'ai fait que nourrir ma propre frustration.

 

Je suis une éternelle insatisfaite artistique.

Un texte terminé ne l'est jamais vraiment.

Un mot pourrait toujours être plus juste.

Une phrase plus belle.

Une émotion plus forte.

 

Rien ne suffit vraiment.

Surtout pas à moi.

 

Alors je continuerai sûrement d'écrire.

Dans un carnet, sur un écran, au milieu de la nuit quand mon cerveau décidera encore que dormir est facultatif.

 

Mais je crois que je vais arrêter de partager.

 

Pas pour qu'on me retienne.

Pas pour qu'on me demande de rester.

Juste parce qu'à un moment, il faut savoir reconnaître quand quelque chose nous fait plus de mal que de bien.

 

Mes mots resteront avec moi.

 

Et peut-être que c'est là qu'ils seront le moins seuls.

 

Quant au reste…

 

J'en ai marre du bruit.

J'en ai marre de cette colère permanente.

J'en ai marre de regarder ce pays devenir un endroit dans lequel je me reconnais de moins en moins.

 

Alors oui.

 

Vivement que je me casse de ce pays.


Publié le 09/08/2026 / 3 lectures
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