Je me lève plus légère qu’habituellement. Toutes les courbatures que me devait le temps s’étaient dissipées. J’ai le pas facile et confiant. J’ai les pensées moins nuageuses. Je ne me rappelle plus de grand-chose, seulement que je ne me suis pas réveillé là où je me suis endormi. Là où je m’étais assoupi, tout était d’un blanc plus triste, moins coloré que la chambre bien décorée où je me trouvais. Mes pas me portèrent devant un miroir. Je plisse les yeux pour voir mon reflet, mais réalise que je n’ai pas besoin, même si je porte habituellement des verres. Malgré mon incompréhension, je m’attendris à la vue du visage angélique de ma petite fille. Celle qui a grandi dans mes bras, à qui j’ai enseigné la vie et que j’ai tant aimé.
Je me retrouve à me fixer dans les yeux dans le miroir de ma commode et détourne le regard. Je ne me rappelle pas m’être levé. Devais-je encore somnoler. Je dois me préparer à aller à l’école. Maman m’attend sûrement pour déjeuner.
Une légende japonaise raconte qu’on possède le visage de la personne qu’on a le plus aimé dans une ancienne vie. Parfois, de vieux souvenirs remontent pour aussitôt disparaître.