Une lumière dans la nuit

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Il est adossé à un arbre et attend le train.

Il est en retard comme d’habitude. Le train. Lui, en avance comme toujours. Il n’a pas le choix si il veut arriver à l’heure à son rendez-vous.

Avec les trains, on sait quand on part mais jamais quand on arrive.

 

Par contre, il adore prendre le train. Cela lui permet d’être en suspens dans le temps, de trouver des idées, d’avancer dans sa vie.

Tous les maux du quotidien s’évapore dès qu’il monte dans le train. Il est au milieu d’étrangers, qui ne lle connaissent pas ni ne le jugent. Chacun dans sa bulle.

Et lui oublie le temps qui passe.

C’est ainsi qu’il a commencé à écrire. Au début, il regardait simplement le paysage pour passer le temps.

Il s’ennuyait et n’arrivait pas à passer plusieurs heures à ne rien faire.

Pourtant sa destination n’était pas professionnelle. Il partait quelques jours en vacances près de la mer. Une forme d’anxiété en lui l’empêchait de profiter. Il ne savait pas quoi faire. Alors, ce paysage qui défilait sous ses yeux se mit à prendre différentes couleurs. Il ne voyait plus simplement un décor défiler, des idées, des mots vinrent à lui.

Ses yeux imaginèrent une lumière continue qui était remplie de différentes scènes.

 

Un homme qui vendait des chaussures sur le port de Marseille. Toujour souriant. il connaissait tout le monde et tout le monde le connaissait. Tout le monde savait surtout qu’il n’avait pas de domicile et qu’il allait dormir la nuit en bord de mer, à l’abri des falaises. Tout le monde faisait comme si de rien n’était. Il prétendait avoir une villa plus loin près de Cassis, mais sans être précis. Il ne dérangeait personne alors on faisait semblant de le croire.

 

Un peu plus loin, une petite fille qui marche dans la montagne. Elle va à l’école, seule. Elle habite avec ses parents, dans une maison isolée.

Tous les jours, elle marche deux heures pour aller à la ville. Elle est tellement contente de pouvoir apprendre des choses qu’elle oublie d’avoir peur, seule sur ces chemins étroits et parfois sombres.

 

Encore plus loin, un acteur insupportable qui joue sur une scène de théâtre. il passe son temps à critiquer les autres comédiens et le metteur en scène.

Monsieur est un artiste. les autres ont intérêt à être à sa hauteur. Tous les jours, il menace de les laisser tomber et d’aller voir ailleurs. N’importe quel metteur en scène rêverait d’avoir un tel acteur.

 

Soudain, le voyageur prend consceince qu’il n’est plus dans le train. Il est dans un autre espace, celui de la création.

Les trois scènes qu’il vient de voir c’est lui qui les a créées.

Sans le savoir il est devenu écrivain.

 

Alors il prend un carnet et se met à écrire. Il a déjà trois personnages qui sont prêts à vivre plein d’aventures.

Marcel, le vendeur de chaussure sans domicile fixe, Victoria, la petite fille courageuse qui veut apprendre à tout prix et Xavier l’acteur insupportable.

 

Xavier se retrouve un matin à vendre des coléoptères sur le port de Marseille. Le soir il ne sait pas où dormir. Il ne comprend pas comment il s’est retrouvé là. Acteur un jour, vendeur de rue le lendemain.

Son talent supposé (par lui même et uniquement par lui-même) ne lui sert plus à rien.

Et comme il est toujours insupportable, les passants ne sont pas très compréhensifs et cherchent à comprendre qui il est, d’où il sort, où il vit.

 

Victoria se retrouve sur scène, entourée d’acteurs.

Elle brille. Elle est à l’écoute des autres. la pièce fait un carton.

 

Marcel atterrit sur un sentier. Il marche encore et encore. Il voit une école et décide d’enseigner aux enfants ce qu’il sait. C’est pas des choses écrites dans les livres, mais il a un savoir qui dépasse tout cela. Il a beaucoup observé le monde, les gens, et cela lui suffit pour transmettre un savoir.

 

Le train arrive à destination. John, devenu écrivain, descend du quai et se met à marcher sous la pluie tonitruante.

De nouvelles images lui viennent. Il est prêt. Il rejoint la maison qu’il a louée pour quelques jours.

Il voit une lumière au loin. Un sourire lui vient.

Il se met à écrire.

 

 

 


Publié le 20/03/2026 / 2 lectures
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