Du noir, pour sa part d’obscurité fébrile 

Du blanc, pour la lumière qui s’y faufile

Style, contraste, rayures indociles

Graphiques, rythmiques, d’une encre subtile

 

Sauvage, séduisant, l’animal s’avance

Cheval d’illusion, mirage d’élégance

On croit pouvoir le dompter et l’apprivoiser

Mais son âme n’a jamais appris à plier

 

Capricieux, insoumis, étrange, magistral

Mystérieux, étonnant, curieux, original

Il porte sur lui un poème en noir et blanc

Une énigme mystique, un piano vivant

 

Si tu l’attaques, il mord; s’il a peur, il trace

Adroit métamorphe, son ombre s’efface

Se camoufle, se fond, imite les chevaux

Joue l’ordinaire pour cacher son vibrato

 

Pour se protéger, ne pas troubler le décor

Il sourit, plaît, fait semblant, et s’accorde à tort

Son éclat singulier se change en silence

Ses qualités se voilent d’indifférence

 

Si d’aventure, il retrouve son troupeau

Ceux qui parlent sa langue, suivent son tempo

Il renaît, souverain, dans toute sa beauté 

Auprès des siens, il n’a plus besoin d’imiter

 

Ses rayures paraissent sous le costume

Tracent le dessin de sa voix qu’il assume

Tout ce qu’il cachait par crainte d’être jugé

Devient enfin une instinctive vérité

 

Dès lors il s’ouvre, se rappelle qui il est :

Un être unique, brillant, absolu, complet


Publié le 09/04/2026 / 2 lectures
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