La nature et le temps
Au début, c’est presque Michel (moi) au pays des merveilles.
Une ode à la nature sous toutes ses formes, écrite avec une tendresse et une attention rares. La nature n’est pas décor : elle agit, elle veille, elle traverse le temps. J’ai été particulièrement touché par ce moment où le texte plaint le soleil, comme s’il portait trop de tâches, trop de brûlures, et qu’on lui souhaitait l’arrivée d’octobre pour qu’il se repose enfin même si l’on sent bien que la nature, elle, ne se repose jamais tout à fait : ce qu’elle accomplit ici, elle le poursuivra ailleurs, d’un hémisphère à l’autre.
Puis, presque sans que l’on s’en rende compte, quelque chose bascule.
Au départ, c’est l’homme qui contemple la beauté du monde.
Et soudain, c’est la nature qui devient témoin de l’humanité.
Elle observe ce que nous sommes capables de produire de plus laid : la violence, la répétition des guerres, le bruit, la destruction. Ce n’est jamais appuyé, jamais moralisateur. Juste un regard lucide, presque fatigué, qui sait déjà qu’il faudra un jour réparer, recouvrir, faire oublier et que pourtant cela recommencera.
C’est un texte profondément rose au début : on croit que la rose va parfumer toute la lecture. Et elle le fait… mais autrement. La douceur n’efface pas la réalité ; elle la rend plus visible. Cette rose n’est pas décorative, elle est témoin.
Il y a dans l’écriture une vraie délicatesse, une intelligence du rythme et du regard, qui laisse au lecteur l’espace de ressentir sans jamais l’enfermer.
Un livre qui parle de la nature, bien sûr, mais surtout de nous, tels qu’elle nous regarde désormais.
Un livre que tout le monde devrait lire.
En refermant La nature et le temps, on comprend que la nature n’est ni hostile ni vengeresse. Elle est alliée. Elle réagit, elle s’adapte, elle soigne. Ce que nous appelons catastrophes ne sont bien souvent que nos propres déséquilibres projetés sur elle. La nature, elle, fait ce qu’elle a toujours fait : répondre au monde qu’on lui impose.
Avec ce livre, Michel Martinez nous offre un petit bijou de délicatesse et de lucidité. Il nous emporte dans un voyage sensible où le rapport entre l’homme et la nature se révèle sans jugement, mais sans complaisance.
Un dialogue silencieux s’installe : je te donne, tu fais ; je réagis, je m’adapte ; je continue à prendre soin même de vous, au cœur de vos conflits.
Un texte qui apaise autant qu’il interroge, et qui rappelle, avec une grande justesse, que la nature n’a jamais cessé de faire sa part.
chez Ubikart.fr