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Ma Petite Yvette

De André Dumas

Chroniqué par Mich
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Je viens de terminer Ma petite Yvette.

Dès les premières phrases, on a envie de continuer. Il y a quelque chose dans l’écriture… difficile à définir… peut-être un écho de Maupassant, parfois une touche proustienne, mais sans lourdeur. On est pris dès le départ.

 

C’est une histoire triste, mais formidablement racontée.

 

Tout tourne autour d’Yvette.

Un couple qui se marie, qui semble avoir tout pour être heureux : le travail, l’équilibre, une vie simple. Puis Yvette arrive. Le déménagement en région parisienne. Et peu à peu, on voit deux mouvements opposés : l’enfant grandit… et le couple se défait.

 

La mère disparaît doucement, sans éclat, sans retour.

 

Alors le père fait ce qu’il peut. Il travaille, s’organise, s’appuie sur une gouvernante. Yvette va à l’école. C’est un petit bout de chou lumineux, intelligent, vivant. On la voit grandir, presque au jour le jour. Elle parle peu de sa mère, mais elle sait qu’elle n’est plus là. Sans vraiment comprendre.

 

Et puis, à six ans, la maladie.

 

Là, tout bascule.

L’espoir, l’inquiétude, les tentatives… et finalement, l’inévitable.

 

La mort.

 

À partir de ce moment, le livre devient presque une exploration intérieure.

On assiste non pas à une descente aux enfers, mais à une descente dans le vide. Un homme qui n’attend plus rien. Qui continue de vivre, mais sans élan.

 

Il ne parle pas de suicide.

Mais il parle de la mort. Beaucoup.

 

De ce qu’elle signifie.

De la manière dont les vivants la regardent.

De ce qu’il reste — ou de ce qu’il ne reste pas.

 

Il observe les gens dans la rue et se dit, comme cela m’arrive moi-même de le penser :

dans quarante ans, il ne restera plus rien de tout cela. Plus personne. Comme si nous n’avions jamais existé.

 

C’est vertigineux.

Mais c’est aussi une vérité simple, universelle.

 

Alors que faire de cette vérité ?

Sans doute essayer de vivre du mieux possible.

 

Ce qui m’a touché, c’est la pureté de ce texte.

Une pureté sans naïveté. Une écriture humble, simple, mais avec des images très belles, très justes. On sent parfois une influence proustienne dans certaines descriptions, mais sans excès.

 

Oui, il peut y avoir quelques longueurs.

Mais elles participent aussi à cette sensation de temps qui s’étire… comme la vie elle-même.

 

C’est la première fois que je lis un livre entièrement consacré à la vie d’un enfant.

Et finalement, le personnage principal, c’est elle.

 

Yvette.

 

Un petit roman discret… mais profondément humain, sensible et juste.

 


Publié le 20/03/2026