Prisonnière.
Une heure et demie.
Des yeux ouverts, des mains qui bougent, assise, les pieds par terre, les oreilles qui entendent, mais, à l'intérieur, le vide.
Je ris sans rire, j'écoute sans écouter.
Où sont mes émotions ? Où sont mes émotions ?
Parties. Comme mortes.
Je me lève. Il faut partir. C'est la fin de la soirée.
Je ne peux pas faire un pas de plus. Plus de pensées, rien que le silence pendant quelques secondes.
Personne n'a vu.
Dans le métro ma tête tombe toute seule sur mes épaules. Mes yeux cherchent à se fermer.
Enfin, la terrible solitude. Et l'appel de la sécurité, portant le nom d'amour, dans le coeur pendant des mois.
Je ne suis pas venue protégée. Je ne savais pas. J'avais absorbé un rythme qui n'était pas le mien. Sa vitalité s'est heurtée violemment à mes cicatrices.
Depuis, je m'adapte. Je me soigne.
Et je suis revenue vers cette personne vive.
J'y ai découvert un monde différent du mien, léger et simple, et pas si différent de par une grande richesse dans ses petits signes qui me touchent avec délicatesse.
J'ai rencontré, en avant-première, ce qu'une personne connue laisse entrevoir dans sa retenue.
Elle ne le sait pas, mais elle m'a appris à revenir vers moi.
Lucie R.
(Tous droit réservé.)