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CHAPITRE 2 — LE TERRIER
SÉQUENCE 11 : NÉANT — INT. APPARTEMENT DE MARC — JOUR

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CAMÉRA : Marc rentre lentement, encore tremblant. Il ouvre la porte. L’appartement est dans un état impeccable : sol ciré, livres rangés, murs repeints. Aucune trace de glyphes, aucun papier, aucune marque d’encre ou de crayon. Tout est... trop propre.

FX : L’air sent le désinfectant, la cire d’ameublement. L’éclairage est froid, presque clinique. Chaque objet semble exactement à sa place. Trop à sa place. Un tableau qu’il n’a jamais accroché est désormais au mur. Une lampe qu’il a jetée des semaines plus tôt est de retour, intacte.

CAMÉRA : Il ouvre un tiroir. Vide. Un autre. Rangé, classé. Il va à la salle de bain : miroir changé, serviettes pliées. Aucun de ses vêtements modifiés n’est là. Il regarde sa main : la cicatrice qu’il s’est faite en tombant dans les souterrains… a disparu.

FX SONORE : Pas de bruit de rue. Pas de vent. Un silence trop parfait. Un bruit de tic-tac… mais il n’y a pas d’horloge.

DIALOGUE (MARC, murmurant)
— Qu’est-ce que vous avez fait… Qu’est-ce que j’ai ramené…

CAMÉRA : Il titube, perd l’équilibre. Il se met à hurler, à chercher ses affaires dans chaque placard. Rien. Le frigo contient des aliments qu’il n’achète jamais. La télévision fonctionne, mais n'affiche qu’un fond bleu sans signal.

FX : Il frappe les murs. Il crie. Puis… des coups à la porte. Trois. Mesurés. Inévitables.

TRANSITION : Deux hommes entrent sans un mot. Marc, vidé, se laisse menotter. L’un d’eux referme la porte derrière lui avec une lenteur cérémoniale. Le couloir extérieur semble… trop long. Comme s’il n’était pas chez lui. Comme si chez lui n’avait jamais existé.

SÉQUENCE 12 : LE TRANSFERT — INT. FOURGON POLICE — NUIT

CAMÉRA : Marc, menotté, assis seul dans le fourgon. Le moteur vrombit doucement. Il regarde le sol. Tremblements dans ses doigts. Les lumières extérieures passent à travers les grilles, dans une régularité presque apaisante.

FX : Bruit blanc très léger. Bourdonnement sourd au fond, comme un souffle mécanique.

CAMÉRA : Un homme en uniforme monte à l’arrière. Il s’assoit lentement face à Marc. Visage calme. Trop calme. Trop lisse. Aucun tic. Aucun regard fuyant. Pas une parole.

FX : Clignement lent, asynchrone. Un souffle trop régulier. Le cuir de sa veste ne grince pas lorsqu’il bouge.

DIALOGUE (MARC, hésitant)
— Vous… êtes de quel service ?

DIALOGUE (TOX, voix rauque, grave, comme issue d’un conduit métallique)
— Tu as traversé. Tu as regardé. Tu as survécu. Tu portes désormais quelque chose… d’irréversible.

CAMÉRA : Marc recule contre la paroi. Le TOX incline la tête lentement. Un clignement de paupière… horizontal.

FX : Le fourgon ralentit. Pas de gyrophare. Pas de radio. Juste un silence total. Le moteur s’éteint de lui-même. Pas de clé tournée.

FX SONORE : Bruits de pas étouffés à l’extérieur. Puis un bruit humide, presque organique. Quelque chose s'approche.

DIALOGUE (VOIX EXTÉRIEURE, déformée, neutre)
— Transfert autorisé. Le réceptacle est prêt.

CAMÉRA : Le TOX pose une main gantée sur le genou de Marc. Un long regard. Sans cligner.

CLIFFHANGER : Les portes s’ouvrent. Un souffle d’air moite entre. Marc voit… rien. Une obscurité si dense qu’elle semble absorber la lumière intérieure. Il hésite à crier. Puis il disparaît dans le noir.Le fourgon s’arrête. Extinction moteur. Voix inhumaine au loin. L’écran passe au noir. Un vestige. Ce qu’il voit n’est qu’une miette d’un empire de l’oubli, enterré sous d’autres villes, d’autres couches du monde. Il n’est plus un homme. Il est un témoin. Et c’est peut-être pire. Ce lieu n’est pas un laboratoire. C’est un fragment. Un échantillon. Le reste dort sous d'autres villes, d'autres montagnes. Il n’est plus un homme. Il est quelque chose qui sait. Et ça, c’est pire.

Publié le 28/02/2026
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