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Le Démon rit encore, son ricanement de dents humaines claquant dans l'air gelé. Mais je me redresse. Mes haillons tombent, révélant une peau marquée par les griffes et les larmes. Je ne cherche plus la chaleur du feu qui ne brûle pas.
Je sors un éclat de mon trône brisé, une pointe de pierre noire aussi tranchante que ma haine, et je commence le travail. Sous les yeux du monstre qui s'arrête de rire, je grave. Une à une, les runes d'effacement s'inscrivent sur mes bras, sur ma poitrine, sur mon visage. Chaque entaille est un cri de guerre contre l'éternité.
"Regarde bien," dis-je, ma voix plus froide que le vent du désert. "Tu attends que je cède pour que le cycle recommence ? Tu espères que ma haine alimente un nouveau monde ? Tu te trompes."
Le sang coule, noir comme l'eau de la porte d'os, et remplit les sillons des runes.
"Je résisterai jusqu'à ce que le temps lui-même s'effrite. Et quand le dernier grain de cendre de ce désert se sera envolé, je m'assurerai que rien de moi ne subsiste. Pas d'âme pour tes jeux, pas d'esprit pour tes tourments, pas de vie après la mort. Je graverai ma propre fin dans le néant. Si je dois tomber, je t'emporterai dans ma chute, et nous serons tous deux effacés à jamais."
Le Démon recule. Pour la première fois, il ne rit plus. Car il voit devant lui une Reine qui a trouvé une paix plus sombre que la mort : celle de la disparition totale.