Je vis, je craque, je me relève !

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Ce texte participe à l'activité : Hypersensibles

J’ai écrit ces mots une nuit où mon corps et mon esprit ne faisaient plus qu’un champ de bataille. L’hypersensibilité, ce n’est pas juste “trop ressentir”, c’est aussi se battre pour exister dans un monde qui ne nous comprend pas.

 

Deux heures du matin, les réveils nocturnes se succèdent.
Assise dans le canapé, j’étouffe.
Les émotions m’assaillent sans répit.
Dans ma tête, mon cœur, mes tripes, ça bout, ça fait mal — une effervescence sans fin.
J’attrape un cahier, un stylo. Ce n’est pas de l’écriture, juste des mots jetés sur le papier pour alléger le poids qui pèse en moi.

Pourquoi ces humeurs changeantes, ces « ups and downs » sans raison ?
Pourquoi les douleurs intenses succèdent-elles aux bonheurs sublimes ?
J’ai mal. Je fatigue.

Accrochée à mon bout de bois, mes mains glissent, je vais lâcher… Et soudain, d’un coup de talon, je me rétablis. Pour quelques instants encore… Combien de temps ?
Sous moi, l’abîme, pas tout à fait inconnu.
Au-dessus, mon monde : celui des batailles pour paraître dans la norme.
Sans toujours vouloir donner le change, parfois je revendique : « Non, ça ne va pas, et en plus tu t’en fous. Lâche-moi ! »

Je suis seule face à moi-même.
Seule à choisir : continuer à me battre, jour après jour, ou poser les armes.

Puis l’accalmie surgit.
Elle m’entoure d’une magnificence, je la dévore de tout mon être, avec avidité, avec excès.
Car je sais : ensuite, je serai à nouveau terrassé.

Qui peut comprendre tous ces « trop » ?
Tu parles trop, tu ris trop fort, tu réagis trop — tu es au-delà de la mesure.

Pourquoi devrais-je rentrer dans votre moule, celui que vous avez fabriqué pour que nous soyons tous identiques ?

Laissez-moi délirer.
Pleurer.
Crier.
Puis rire à gorge déployée, comme une aliénée.


Publié le 20/03/2026 / 26 lectures
Commentaires
Publié le 20/03/2026
Excellent ton texte ! J’aurais pu écrire le même. Peut-être parles tu de moi en fait ? Merci 🙏
Publié le 20/03/2026
😅, merci Michel. Je parle de toi, de nous, les sensibles, de beaucoup de personnes de cette communauté ;) As-tu lu Le Manifeste des âmes sensibles (https://lepeupledesmots.com/texte/manifeste-des-ames-sensibles-2147) ? un texte remarquable
Publié le 20/03/2026
Ils finiront bien par nous entendre...
Publié le 20/03/2026
Ensemble, nous sommes plus forts et notre silence peut devenir assourdissant !
Publié le 22/03/2026
La société nous recherche, elle nous veut pour notre imagination, notre créativité, notre intelligence, notre persévérance, notre sixième sens mais nous rejette pour notre conscience, nos valeurs, notre éthique, nos émotions, nos sentiments, nos excès, nos colères. Alors sachons en profiter, nous qui avons tous et toutes été mis au ban, avons subi le harcèlement et autres formes de violences physiques et psychologiques. Nous sommes humains, si fragiles et si forts à la fois. Il y aura des orages mais il y aura aussi autant voir davantage de soleils. Merci de nous partager ton univers.
Publié le 22/03/2026
Oui… La société a profité de ma persévérance, mais j'avoue que j'ai participé à lui offrir ;), ce qui m'a valu d'y avoir laissé des plumes. Je ne pense pas qu'elle me rejette pour mes valeurs et mes émotions, elle les ignore, elle les snobe. Ce texte a été écrit à un moment de "down" mais bien sûr qu'il y a mille soleils. Merci Ioscrivo pour ton attention et ta bienveillance.
Publié le 23/03/2026
Tu as raison. À force de vouloir correspondre, on s’épuise, on s’éloigne de soi. S’en foutre de l’avis des autres, c’est reprendre possession de son espace intérieur, de sa vérité. Ce n’est pas de l’arrogance, c’est une forme de paix : celle de ne plus se justifier, de vivre selon sa propre mesure. Quand on cesse de chercher l’approbation, on retrouve la force tranquille d’exister tel qu’on est, sans masque, sans compromis. Merci pour ce texte MaBaco
Publié le 24/03/2026
Sur le papier, tout est simple, je sais comment il faut agir. Dans les faits, c'est parfois plus difficile. En ce moment, c'est un travail de chaque jour, à la recherche de cette "force tranquille". Merci Mary pour tes mots pertinents.
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