l’orage
Le vent se mit à aspirer et expirer très fort,
comme s’il avait des tensions à expulser,
comme parfois nous autres en méditation.
Il gonflait les rideaux du ciel,
secouait les branches,
et la mer, au loin, suivait son rythme,
inspirant l’écume,
rejetant les colères.
Soudain, le jour se fit nuit.
Des éclairs traversèrent les nuages
et s’écrasèrent sur la terre.
Les tambours de Shéhérazade grondèrent,
la terre vibra,
mon cœur aussi.
La tempête passa.
Derrière l’épaisseur du ciel,
une mer calme et bleue apparut.
Une ligne nette annonçait la fin de l’orage.
Je levai les bras vers les cieux,
accueillant la pluie fraîche
et les derniers feux du tumulte.
Puis une pluie plus douce descendit,
presque musicale.
Je me retournai.
Un arc-en-ciel parfait effleurait l’horizon.
Un second, plus pâle,
aquarelle fragile,
se dessinait derrière lui.
Le calme revint.
La nature joua une Gymnopédie.
Je m’allongeai,
et laissai la lumière me traverser,
devant ce tableau vivant
aux couleurs d’Emil Nolde.