Les deux vides
Il existe un vide absolument fascinant :
le vide sidéral.
Un silence parfait,
une immensité vertigineuse,
un espace où, paradoxalement,
tout peut naître.
Le vide sidéral est humble.
Il ne prétend rien.
Il laisse les étoiles parler pour lui.
Et puis il y a un autre vide.
Plus proche.
Beaucoup plus proche.
Le vide cérébral.
Celui-ci est étonnant,
car il a une particularité rare :
il fait du bruit.
Beaucoup de bruit.
Là où le vide sidéral s’étend à l’infini sans se vanter,
le vide cérébral, lui,
s’annonce, se répète, se proclame.
Il promet.
Il affirme.
Il explique.
Avec assurance.
Sans contenu.
Dans le vide sidéral,
les galaxies s’organisent en silence.
Dans le vide cérébral,
les idées se bousculent…
sans jamais vraiment se rencontrer.
Et parfois,
dans un moment de grâce presque cosmique,
ce vide-là se met à regarder les étoiles
et se dit :
“Pourquoi pas moi ?”