Je sens encore ta main qui frôle ma poitrine.
La chaleur de chaque doigt, ce frottement délicat.
Les pores de ma peau qui vibrent en réclament davantage.
Ta main pétrit ma chair tandis que tes ongles l’effleurent, la griffent.
Volupté.
Passion.
Tempête.
Le frisson qui s’infiltre en profondeur.
Une caresse enveloppante.
Suave.
Électrique.
L’odeur de ta peau, légèrement vinaigrée de sueur.
Ce musc d’homme dans mes narines.
Le goût de ta chair,
j’aurais voulu te mordre.
Que tu me mordes.
Cette sensation animale,
cet instinct brutal.
Ils nous étaient interdits.
Tes hanches qui se cambrent vers moi
s’offrent, invitent ma bouche.
Le tressaillement de ton ventre,
la contraction de tes muscles
s’apaisent comme une marée incessante.
Tu es un navire qui vacille sous mes caresses.
Ivre.
Les yeux clos, prêt à défaillir.
Tes gémissements, tes appels, tes râles,
jouent une mélodie dans ma tête,
rythment mes élans, mes envies de toi.
Je deviens le matelot guidé par ton plaisir,
je sais lever les voiles de ton intimité,
j’ajuste les tracés sur ta carte charnelle,
je connais les rivages de tes frémissements,
de tes tressaillements,
de tes fièvres,
de tes vertiges.
Puis à ton tour, ta bouche sur mon cou,
tes dents qui m’enserrent,
ta langue qui me goûte
m’explore, dessine mes paysages.
J’échappe une plainte,
tu la rattrapes au vol,
tu la cueilles au bout de moi.
Là où je m’abandonne.
Ta barbe érode mon corps
comme le ressac d’une vague
qui m’emporte au large.
Mais cette sensation douce et rude
me cambre le dos vers toi.
Puis ensemble, nous faisons naufrage.
(Texte non-libre de droits)