Voir se lever l'aurore

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Il rêve de l'oubli

À la façon qui engendre 

L' ossification des ans

Glissant leurs jours

Comme un soir de pluie

Entre les palissades 

Face à l'océan.

À chaque cime gravie

C'est un peu de son souffle 

Qu'il respire

La nuit venue les ombres s'effacent

Une poussière d'étoile

Lui indique le chemin

Jusqu'à Elle

Une porte entrouverte

Laisse entrevoir ses jambes

Négligemment sur le ventre

Une main dans les cheveux

Elle lit 

La Vie Ardente de Michel Ange.

Ses mains rejoignent les siennes

Pour regarder vers son plaisir

Qui est aussi le sien.

Puis elle s'est envolée 

À la manière des anges

L'amour s'égare

Quand on le dérange

Il ne tient que par un fil

Telle une frêle mésange.

À présent il ressentait

Ce malaise profond

Cette absence, ce vide existentiel

L'infecte déveine de ne plus être

L'objet du désir

Mais un anonyme

Comme les autres

Cette nauséabonde impasse 

Semée d'ombres, bourrée de cicatrices

Noircie par l'acre fumée du désespoir.

Au bord du précipice

 Il vit cette maxime:

Il y a pire que la malchance

De ne pas être aimé

Il y a le malheur

De ne pas savoir aimer.

Dans un sursaut sublime 

Il ne lui restait plus qu'à vivre

Dans l'attente d'un signe

Pour voir se lever l'aurore 

Sur les matins du monde.

                                                                              2026

Illustration: Bertrand Fèvre, Habana.

Musique: L. Armstrong, We have all the time

https://music.youtube.com/watch?v=P6qSX6LdUxo&si=AlGY1g20XVic_H65


Publié le 31/01/2026 / 12 lectures
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