Vous faites quoi ici ?
Heeee ! Vous là… !
Ne restez pas là, figée comme une girafe trisomique !
Nous sommes dans un cimetière monsieur !
Crie Adelaïde !
Elle est située pas loin de l’individu qui vient d’arriver…
Elle parle à une figure fantomatique éthérée, tout juste lévitée de son corps, que la vie a péniblement abandonné et déposé là, comme un vœu indéterminé un peu bâclé. Échoué d’une planète toxique et en plein chaos, tout juste arrivé de la matérialité humaine connue pour être instable, insatiablement matérialiste et carnivore et au passage stupide, ceux des humains vivants dominants. Et lui, il est là, sonné presque comme un fantôme débutant posé comme une fleur fanée-figée en hologramme scintillant, commençant lentement sa métamorphose vers sa nouvelle essence celle de morts, celle qui personne sur terre et vivante ne connaît, celle de défunts, des terminés, des silencieux, des futurs oubliés, de la poudre de perlimpinpin, de la poussière de morts inventée grâce aux cendres humaines ! diront certains, propulsés sur la planète des néants !
D’ici.
C’est tragique de se trouver ainsi.
Mais que diable faire ici ?
Son big bang individuel commence : il tente d’entrer-sortir comme à travers d’une immense bulle de savon transparent, brillant de mille couleurs pastel de l’arc-en-ciel, et se trouve au cœur d’un ciel-corps en gaz de nitescence ! c’est comme danser sur un nuage sauvage qui perd son équilibre, ce gaz qui brille jusqu’à bruler la rétine des vivants ! il est enfermé encore dans son passé vivant tout simplement !
Il se lève, mais son corps-alourdi de matière reste à jamais couché allongé, agrippé à l’écorce de la vie comme la coquille vide d’une cigale, agrippé à la peau d’un olivier.
Le chaos quitte le corps, quitte l’humain, mais pas cette terre, il se trouve planté sur du néant usagé, sans savoir encore comment appréhender cette nouvelle existence, ni quoi faire d’elle. Comment re-exister après cette dernière épreuve ?
Comment exister après sa mort ?
Après quatre-vingt-dix ans sur terre ?
Et comment capturer l'essence de cette renaissance ?
Parce que on ne passe pas quatre-vingt-dix ans sur terre à palper seulement de l’ignorance.
On t’a donné la vie, fais de ça quelque chose !
Mais surtout que faire avec ?
Voilà que luire n’est plus du domaine automatique de la vie humaine c’est une expérience distincte de celle d’exister dans un corps de chair et d’os, et faire bouger sa masse-carcasse, de le voir se transformer chaque jour, de le voir évoluer, de le voir vieillir de le voir se dégrader tout au long d’une vie, mais pas le cerveau, l’organe qui garde tout jusqu’à fin, jusqu’à la mort.
La trajectoire de la vie est toujours éphémère.
Même si celle-ci ne dure que quelques minutes, ou quelques secondes, c’est suffisant pour donner ce loueur d’énergie, qui te permettra de quitter cette immondice !
C’est la trace odorante de notre humanité.
Mais c’est à nous de développer la suite…
D’activer son cerveau, lui donner les paramètres de nos envies, le manœuvrer vers les causes humainement riches et gratifiantes, pour aller au bout de soi, bref exploiter ce que la nature nous a donné…et puis garder tout, dans le cloud de l’univers, sans les négliger car ce sont les mêmes souvenirs qui nous accompagneront jusqu’à ici…
Tout change enfin, ou presque…
Découvrir cette dualité soudaine est inquiétante, parce que quand on perd une, on se retrouve ici…
Car pour faire la vie, il faut être deux, et ce peu importe l’environnement !
C’est ici que nous deux se séparent pour un devenir, nous sortons du déséquilibre terrestre : nous sommes maintenant les nec le plus ultra de la vie sur terre : les incandescents … !
Les lumineux !
On est maintenant dans l'univers onirique dans un sortilège subtil et vertigineux. Tel un fantôme traversant les frontières de la perception, ce cimetière est magique et invisible aux yeux communs ! le personnage tout juste arrivé se glisse entre les interstices du réel, devenant l'observateur spectral de l'existence humaine qui entoure l’enceinte, ici tout est libre de peur, cette invention-illusion humaine, car ici elle n’existe plus… comme le monde que nous avons perdu.
Nous sommes tous cela, morts.
Sa transparence n'est pas une absence, mais une présence intense et mystérieuse, presque hypnotique qui nous donne cet instant.
Chaque mouvement est une danse imperceptible, chaque regard est un murmure à travers les courants de la réalité pesante.
L’électricité dans l’air est bien palpable…
Cette intensité énergétique est saugrenue.
L'invisibilité se transforme en métaphore existentielle : être et ne pas être, voir sans être vu, c’est le paradigme dans cette nouvelle existence où nous ne pouvons plus disparaître, mais seulement luire et onduler avec nos énergies, c’est le seul loisir qui nous reste, c’est de fragmenter l'identité de vivants désarçonnés, pour les faire comprendre que…
Les influencer les perturber, pour les inciter à découvrir le sixième sens, mais seront-ils capables de nous entendre, et de nous comprendre un jour ?
-Jos :
-Mais pourquoi diable vous faites ça ?
-Adelaïde :
-C’est le rôle de morts !
De créer des ondes perturbantes invisibles chez les vivants, faire bouger leur imaginaire amorphe, et avec les empreintes passées, exciter leur avenir, afin de ne pas mourir dans cette platitude quotidienne, le néant c’est la pire de choses à vivre, c’est comme l’ignorance ! autant garder l’existence jusqu’à l’extermination soudaine, et garder son aura encore un peu plus sur l’existence de vivants, c’est un plaisir immense d’émerger d’une bouche inconnue, c’est la preuve de que notre mort n’est pas définitive ; car il n’y a rien de pire que de mourir pour toujours, de disparaître !
Il faut que toujours quelqu’un parle de vous, en bien ou en mal, mais qu’il parle !
Imaginez-vous l’épitaphe sur votre tombe :
Vécu sans laisser des traces…
De l'intellection évolutive émerge l'idée de sortir de son corps quand la mort consomme le dernier souffle, c’est la même intelligence qui se développe grâce aux expériences multiformes que la vie nous présente et nous chahute avec, et ce dès notre naissance, dès que cette foutue pas sage-femme qui nous tire du confortable ventre maternel, comme pour nous faire entendre l’horreur, l’extérieur, le sordide, le tic-tac des chiffres, des horloges les premiers sons qui nous donnent le tempo qui coule goutte à goutte de la mort à venir, notre mèche est allumée: c’est urgent de capter cette essence, avant que la dernière goutte-étincelle tombe au sol s’éclatant entre mille autres gouttelettes terminant ainsi cette vaporisation humaine et à partir de cet instant plonger vivant dans un monde urticant à l’extérieur placentaire, comme un homard qui passe de l’eau de mer salée à l’eau bouillante cuisante!
C’est la nouvelle vie et il faut faire avec !
Il reste des solutions pour contourner les inextricables chemins que l’humain laisse aux autres, et nous les empruntons, aidés par nos neurones qui développent une dimension incorporelle, guidant toujours vers les arts de la lenteur, la réflexion-méditation intérieure de la sage lecture que mère nature nous donne à lire, des expériences, de moissons de savoirs issues de nos curiosités intimes glanés dans nos quotidien, les échanges humains primordiaux, les livres, la philosophie le ciné, le théâtre la science et plus encore, mais aussi simplement vivre, et merde ! car quand le couperet tombe, cassant la pipe de l’existence et donne son signet final c’est trop tard pour revenir en arrière, et c'est précisément cela que nous vivons: un Kâliyuga final, un mélange d'adrénaline et de nitroglycérine brillante et volatile, qu’au contact d'une étincelle passante, ou toute autre force éveillé, fait tout exploser.
-Jos : Et pourquoi cela ?
-Adelaïde :
Justement pour ne plus revenir…mais les fauteurs n’auront pas d’autre choix, que de revenir encore et encore jusqu’à terminer leur construction émotionnelle, mais à quel prix ?
Et dans quel monde ?
Je n’ose plus imaginer l’état de cette terre dans 10 ans !
Revenir n’est pas à l’ordre du jour, dans tous les cas pour moi ! Dit Adelaïde, et poursuit :
Nous sommes les résultants de ce cocktail que la vie prépare depuis des lustres, depuis que l’univers est né, depuis que nos deux parents ont copulés, C’est toujours comme ça, par deux, deux hémisphères cérébraux, deux yeux, deux oreilles deux trous de nez, deux bras, deux poumons deux couilles deux jambes etc…
Mais nous avons un seul cerveau, centre névralgique du corps, c’est le chips dernière génération avec mémoire vivante évolutive intégré, il est capable de tout garder dans son disque mou, et ce depuis la première séparation cellulaire jusqu’au dernier battement et il continuera ainsi, c’est cette opportunité justement d’avoir une longueur d’avance, par rapport aux autres êtres vivants de cette planète, de pouvoir anticiper intelligemment sa trace pour conduire l’ensemble vers un « Équilibre de vie interstellaire »
On est sur cette logique ? dit Jos
-Pas encore dit Adelaïde
T’as oublié le monde qui est derrière toi ?
Même mourir demande de l’intellection, or on est très, très loin de ça, regarde le nombre de désorientés autour de nous, leurs têtes ploguées dans leurs smartphones !
Pire ils ignorent le potentiel cognitif de vivants, pourtant ils cohabitent, et que dire celle de morts !
Or pour accéder à la lumière, il faut que déjà tu en soi une…plus ou moins.
L'univers offre une opportunité fascinante : encoder notre ADN sur des faisceaux lumineux, qui traversent l'espace. Comprendre l'utilité de chaque élément cosmique nous permet d'échapper à l'oubli terrestre. Une fois nos données biologiques enregistrées, elles pourraient voyager sur les rayons cosmiques traversant notre planète vers l'infini. Au-delà de notre monde, le temps disparaît, transformant ce voyage en une quête sans limites définies. Notre code génétique-énergique pourrait ainsi se poser ailleurs et être retranscrit, créant une nouvelle existence dans une dimension lointaine. C'est la véritable essence de l'existence.
-Adelaïde : Je te laisse réfléchir à ça…
Et puis elle tourne sur elle-même comme le ferais une flamme posée sur une toupie, c’est ça façon de dire : ça chauffe pour toi !
Mais bon on est loin du compte, terminer sa course en bonheur, et sans effort, cela n’existe pas !
J’en rêve !
Parce qu’au final si tu réussis, ta tête sera un hochet rempli d’étoiles !
Quand tu comprends qu’une seule vie ne suffit pas !
Il est déjà trop tard !
Parce que la vie c’est ça !
Une surprise pour certains, un tremplin pour d’autres, et pour toi … ?
Jouir d’elle, apprendre d’elle jusqu’à la fin !
Parce que deux pensées, deux jouissances, ou arrêts cardiaques simultanées c’est impossible, mais une seule mort : oui !
L’unique est un résultat équilibrant tout simplement.
Piger ou pas ? That is the question.
Jos se perd dans ce nouveau réponsaire inexistant.
Et c’est justement ça le capital vivant de chaque être humain, sont capital inventif-évolutif latent ! nous sommes positionnés là juste devant le stade de morts dans ce jardin suspendu sur la ville, sur cette montagne émotionnelle de Paris, le grand cimetière :
« Le père Lachaise ». Bienvenue dans ce phalanstère géant, où nous, les résidents résidus d’ici, lieu où nous luttons avec cette nouvelle forme existentielle que nous venons de transgresser, et toujours sans savoir quoi faire de cette dépouille qui nous colle aux basquets, comme un chewing-gum collé à notre semelle.
C’est le néant !
Du vide magistral !
C’est exceptionnel !
Adelaïde :
-L’accroupie, répondez !
Elle a toujours été pressée
-Vous là -Crie Adelaïde…son hologramme, furtif comme un éclair pulvérisant l’ensemble, chute devant Jos :
Soudan elle est là, plantée comme un cactus épileptique récupérant ses épines après secousse, la gueularde, mate fixement, elle scrute et charcute avec ses questions mitraillées à impossibles réponses, de là, à la faire changer, c’est un peu tard, elle est née comme ça, ou a plutôt été enterrée comme ça, comme une gamine urticante, dans un lieu où personne voulait aller…un cimetière trop loin, trop haut, trop pauvre et miséreux… aux bords de la ville et pire en 1803.
Adelaïde crie !
Réveille-toi !
Silence…
Dans ce vide sidérant tu saisis ton pourcentage d'éternité, défie l'instant momifié.
Seulement ça te permettra d’être toi.
Refuse ce non-lieu définitif et invisible. Prends le contrôle, réinvente ton existence !
Sinon seulement tu deviendras de la noire et inerte poussière…
C’est la seule façon d’exister ici.
De se bouger !
Lutter différemment, mais avancer encore et encore…
Nous rentrons dans une zone d’énigme colossale, un non-lieu définitif et invisible a jamais !
Tout ici c’est sidérant !
Jos réalise enfin c’est que c’est d’avoir l’hochet d’étoiles dans la tête et voir les vestiges d’humains passés, de vies de cette ville, de ce continent de cette planète et d’avoir Paris à ses pieds morts…
Un silence se pose sur tout :
Le temps se fige lentement dans la gueule du passé, nous sommes dans cet immense vide habité d’âmes, des revers et de souffrances, consommés par ce noir-tiroir lumineux et piquant, que seulement Pierre Soulages a su reconstituer sur ses toiles. Ce noir qu’on abandonne à tout jamais, tout est énergique maintenant, en fission, tout ce monde amputé de vie et invisible s’excite, vibre, et rayonne à chaque contact explose, avec la matière oubliée.
L’air vaporeux d’un rouge pailleteux saccade la scène, le présent vaque ailleurs et tente d’arracher la vérité au passé, mais lequel de passés ? puisqu’ici tout est faux jusqu’à la nouvelle fission, il se moque en attendent le exquis cadavre suivant, le rythme est continu, tout s’ébrèche, craquèle, claque, explose, dans le tunnel de feu, c’est d’une extrême violence et d’une beauté surprenante !
À mourir en quelques microsecondes de son éphémère existence de passage terrestre !
Carboniser l’existence jusqu’à faire pleurer l’âme !
Il exulte, et en un flash-éclair, il réalise enfin son immatérialité, mais il est trop tard : il n’existe plus ! Il comprend froidement ce qu’il est devenu : un des leurs, ou presque !
Pas tout à fait…
Qui sont eux, et je suis où ?
La mort ne se laisse pas comprendre, ni surprendre en seulement deux pages, non où tas vu ça ?
Jos gigote s’agite et courre vers le sens de la force mais…
Ça continuité tombe dans le prisme du déclin, d’où s’échappe une lumière chevrotante, encore vierge. On le sent hésitant, il doute. Jos est chrysalide à nouveau, comme le premier jour de sa naissance, dans un vieux lieu de vie crée en 1803, qui pour lui est inédit. L’effroyable défi que l'éternité impose à la vie soulève des interrogations.
Ce mouvement d’existence qui s’octroie le perpétuel, comme le vent ou les courants qui nous habitent.
La vie et la mort coexistent en nous dès la naissance. Chaque individu porte intérieurement un potentiel vital qu'il doit exploiter pleinement, comparable à une batterie chargée au maximum.
Cette énergie nous pousse à agir et à progresser constamment. Le temps que nous vivions se reflète en nous comme dans un miroir, nous confrontant à notre finitude.
Nos intentions profondes nous animent dans cette danse continue de l'existence.
Tout comme l'univers contient des milliards d'étoiles, nos vies s'étendent sur des milliards de secondes, chacune porteuse de sens et de possibilités.
Autant, comme l’astronomique quantité d’étoiles de l’univers quantifiées seulement par l'éternité, faussement imaginé par l’homme, jusqu'à l'extinction définitive de notre conscience réelle, ce loueur fluorescent qui nous apparaît quand nous fermons nos yeux, c’est l’appât de notre imaginaire C’est la danse finale qui triomphe c’est la perte progressive de ce potentiel à 100% qui gagne, et endosse son nouveau costume - qui n’est pas absent comme certains le prétendent. Il le déshabille lentement, comme des pétales de vie fanée qui tombent autour. Il est nu, mais nu sans corps ! Il se perçoit bien plus que dévêtu il est désabusé. Être sans vêtements est une chose, mais comment décrire l'état d'être sans son corps ?
Ou plutôt hors de son corps ?
Être seulement une image dans le cadre d’un miroir.
Ou voir les étincelles de ses restes…
Il n’a pas encore leur code, ce code qui vous dit ce que c’est que ce de mourir, de ne plus exister, de se dématérialiser, de ne plus vivre et de commencer à vibrer hors de ses cellules comme lorsqu’on voit son sang couler hors de sa vie. D’ailleurs, comment connaitre les codes, les règles de ce nouvel environnement inconnu lorsqu’on est vivant et que personne ne nous a raconté et ou formé auparavant à ça.
C’est absurde !
Nous ne pouvons pas rester enfermés dans les limites de la vie sinon ça déborde, c’est à ce moment-là que la mort surgit et apparait comme une échappatoire à la torture vivante.
Il ne faut pas que ce virage devienne mortel, nous devons savoir, pire encore il faut le comprendre, l’appréhender !
Nous sommes des incurables vivants de la maladie qui s’appelle mort, aucun médicament trouvé à ce jour, les recherches continuent…
Pour Jos, c’est comme s’il s’abandonnait dans un lieu audacieux sans plus pouvoir identifier le temps qui s’est écoulé sur lui, se sentir comme de la poudre énergique-invisible et en suspension lévitant, hors de tout espace, sans sentiment ni environnement latent ou palpable, hors toute façon ancienne de communiquer, cesser d’exister. C’est tomber au milieu d’un feu d’artifice éternel, où les étincelles se démultiplient et vous enveloppent par milliards, comme des fléchettes lumineuses attirantes qui vous percent et vous induisent à filer vers une nouvelle éternité, celle qui est inconnue pour tout être vivant.
Soudain, Jos a les yeux grands ouverts, les mêmes yeux de ceux qui meurent pour la première fois.
Ces yeux de mort surpris qui scrutent, observent et interrogent les nouvelles figures pétillantes qui se dressent et valsent partout dans l’enceinte. Des fumées grelotantes devant, autour et partout sur sa personne, des calques humains perceptibles sous une forme des figurines insaisissable que nous, humains et vivants, ne connaissons pas. Des fugaces particules chargées, phosphorescentes mais visibles que pour certains, pour ceux qui cherchent à comprendre ce qui est invisible de nos vies…vaporeuses, exomorphes, luminescentes, à l’infini.
Excitées de mille formes aux couleurs métalliques chatoyantes, foudroyantes et incroyables, indescriptibles, car inexistantes sous toute forme vivante comment les décrire ?
D’ailleurs, leur extrême instabilité créative nous empêche de les visualiser, nous pouvons seulement et difficilement les apercevoir, cette perception infime nous permet de leur donner l’aura infiniment perceptible qui nous permet de déceler leur présence, une couleur ou une forme inexacte, approximative, mais qu’importe, il faut maintenant les calculer.
Elles se constituent ouvertement sous une forme identifiable comme étant l’enveloppe d’une nouvelle forme d’énergie puissante dans cet univers, une impression d’être nulle part et d’être partout !
Une constante métamorphose d’une forme qui se crée sous une forme qui nous hallucine.
Quelque chose que je ne connaissais pas.
Des vestiges existentiels qui ne font plus partie de matière terrestre existante, vivante, des restes d’un univers personnel, des restes, de plus rien.
En quelques instants, des fragments d’éternités méconnues s’agitent autour, tout explose mais nous laisse de petites fenêtres étincelantes qui nous permettent d’identifier ce stade peu fréquent que notre vierge conscience découvre et s’applique à faire exister.
Les neurones ont fait leur travail dans un vaste passé vivant, ce passé qui se nourrit de vies et des faits qui nous entourent, générant émotions et intenses perceptions de plus en plus riches et variées. L’éternité est comme l’imagination, comme l’infini. C’est le lieu où tout se mélange comme un carburant qui constitue cet univers saccadé de puissances inconnues.
De là l’importance d’avoir la curiosité de tout voir percevoir étudier, tout apprendre, d’explorer, analyser, cultiver, s’élever, et préparer l’essentiel potentiel-utile à l’humain à devenir l’autre élément, celui qui plus rien ne le détruit, point final.
Se constituer de ce que cette terre et la vie a pu nous offrir. Capturer les forces cachées qui nous titillent à chaque jet de vie que nous vivons. Un diplôme ? Non !
Un constat non plus !
Ou un justificatif d’expériences vivantes ?
Manger un moine ?
Pourquoi faire ?
Tout est indispensables une fois notre existence terminée, pour ceux qui savent qui vont mourir…c’est à dire nous tous.
C’est l’action la « plus gratifiante et au sommet de nos existences » c’est celle qui nous permet de nous construire, nous former, et nous assembler brillamment comme une œuvre en formation monumentale totalement accomplie, polie par le temps utile que nous passons. C’est l’essence-même de ce que la trajectoire terrestre lustre à chaque seconde que la terre tourne, d’ailleurs elle ne tourne pas gratuitement, elle le fait parce qu’elle est vivante ! et façonne son court temps de péremption.
La mort, c’est le seul stade où nous n’avons « plus besoin ». Plus besoin de respirer, manger, de faire pipi, popo toto baiser etc. de faire produire au corps de l’énergie essentielle, la folle adrénaline, c’est terminé tout ça, le travail est accompli ! l’humain est réalisé !
C’est le stade de suprême quiétude, car ce qui est parfait est libre et ce qui est libre, file libérée de toute charge inutile plus rien ne le perturbe !
Il est même débarrassé de la mort !
Génial, diront certains. Pour d’autres, la mort a tout simplement handicapé leur possibilité de chercher, de terminer leur expérience et d’avoir une toute autre réponse.
Dans la mort, tout est à l’envers de ce que la vie a pu proposer : à ce stade, les cent pour cent sont complètement perdus, c’est spectaculaire, le sublime est mortel !
La suite nous permet d’interagir seuls dans cette immense fosse commune, mais d’exister accompagnés dans ce soi-disant lieu d’inexistence et de repos, où seuls les marqueurs humains existent.
Mais pour la matière, cela reste un piège, un faux lieu nommé désir-paradis dont il faut tout comprendre vivant, avant d’y pénétrer, pour pouvoir réellement mourir à peu près.
Or, la solitude de la vie est un apprentissage de lecture intérieure utile à vivre, à explorer.
Ici, on ne fait qu’oublier le poids d’avoir trop vécu pour ne plus calculer la vie, savoir terminer, surtout assimiler, trier, et recueillir le maximum d’émotions, sensations, connaissances ordinaires et extraordinaires, banales bancales ou pas.
Comprendre toutes les autres formes de vie, celles qui existent autour de nous, capturer les sensations émotions, expériences affectives uniques, énergiques et physiques, le Ying et le Yang, le bien et le mal, le pire et le meilleur, le vide et le plein, l’heureux et le déprimé, le maigre et le gros, la brute et l’intelligent, le con et le futé, le beau et le laid, le fade et le vif, la vie et la mort. Bref, tout est à intégrer, vécu ou imaginé, confronter le réel et l’imagé, car tout contribue à distiller le nectar le plus pur de notre essence, de notre « constitution » au sein de ce riche monde qui, tôt ou tard, s'éteindra comme nous. Il tourne encore pour nous bercer, presque pour nous dire que ça va bien se passer, il est le dernier support de nos matières elle est cette berceuse mortelle au final.…
C’est ce qui nous donne la capacité de réussir dans ce nouvel état, c’est peut-être pour perpétuer le mouvement d’existence après avoir vécu-péri-pourri et entrer par la suite dans une énergie plus globale, et commune à ceux.
Ne pas saisir cette réalité constitue une véritable fatalité émotionnelle !
Mince affaire de faire partie de cet univers qui est en constante expansion, où nous ne percevons pas, pire encore c’est de ne pas comprendre le fait de sortir un jour de la matière qui nous a supporté tant d’années pour intégrer maintenant l’inexistant.
Cet ultime effort est nécessaire pour continuer d’exister sous cette nouvelle forme-apparence qui reste à comprendre pas à pas lentement et sans précipitation, car ici tout est long, comme l’ennuie. Nous sommes appelés à passer d’un ennuie court et humainement compté aux chronos fusionnels de la matière hors limite, de l’infini et l’universel totalement décompté que nous appelons faussement éternité.
Qu’allez-vous faire de tout ça ?
Décortiquer les nouvelles formes que cette étape-situation nous impose (le fait de casser sa pipe), marque le moment où l’avenir se retrouve hors du sens, on se sépare de nous-même en caressant le même passé qui s’éloigne déjà comme un voile perdu d’une jeune iranienne libre, courant comme une flamme fugitive dévorante des tarés religieux ! En la laissant filer dans les méandres de carcans humains des restants, le détachement est prononcé, le futur est en étincelles, il se consomme, enfermé dans un rayon de gaz fluo iridescent d’un bleu doré infini, le magique, tout ça n’a plus de nom, tout dépasse ce qu’est imaginé !
Et dans tous les cas, ça phosphore grave !
Nous restâmes perplexes dans cette nouvelle situation !
Décortiquer les nouvelles formes que cette étape-situation nous impose (le fait de casser sa pipe), marque le moment où l’avenir se retrouve hors du sens, on se sépare de nous-même en caressant le même passé qui s’éloigne déjà comme un voile perdu d’une jeune iranienne libre, courant comme une flamme fugitive dévorante des tarés religieux ! En la laissant filer dans les méandres de carcans humains des restants, le détachement est prononcé, le futur est en étincelles, il se consomme, enfermé dans un rayon de gaz fluo iridescent d’un bleu doré infini, le magique, tout ça n’a plus de nom, tout dépasse ce qu’est imaginé sur terre !
Et dans tous les cas, ça phosphore grave !
Nous restâmes perplexes dans cette nouvelle situation !
Oui, car sans matière corporelle, nous sommes seulement du vent, du vent inconscient et dur à cuire, difficile à gérer, sentir et calculer, un vent si précieux que les autres en veulent.
Se prendre un vent ici est l’équivalent de se faire voler la petite flamme de sa bougie, son aura, son âme son essence et qui dit vent dit courant, donc tiens-toi bien, et bien près de toi, de tes vibrations, de tes énergies, tes émotions, ton précieux karma, sinon le premier venu te prendra ta bougie !
Nous échappons du vol matériel pour renter dans le domaine du vol immatériel !
Maintenant que nous sommes constitués d’effervescence gazeuse invisible, plus rien de matériel ne nous atteint !
Nos faiblesses passées déconcentrent notre actuelle constitution.
Cette accumulation qui nous pèse désormais, qu’allons-nous faire d’elle ?
Que faire d’elle maintenant ?
La supporter, de bonne conscience ?
Eh bien, profiter !
Bienvenus en inconscience !
Attention, dorénavant que tout vibre, que tout s’irradie et s’excite ici, un flash visuel nous éblouit, l’explosion intérieure extérieure en simultané fait de nous une seule entité énergique instable pour le moment car nous sommes séparés seulement par nos courants émotionnels ou sensoriels-filants, ce sont la nouvelle composition-sensation d’existence ; maintenant tout peut commencer !
Cette nouvelle robe nous porte à danser autrement, plus maladroitement que sur la terre ferme. Ici, c’est l’acquis qui domine, et le must, c’est la vielle énergie résiduelle qui est en nous, c’est elle qui valse now ! Elle nous catapulte et désormais nous forme, nous déforme à sa guise, nous sommes la masse d’une forme fantastique individuelle et universelle, d’une puissance brute, condensée et en état d’automatisme absolu de continuité existentielle-universelle, pure et infinie. Cette force d’auto propulsion-répulsion n’a plus besoin de matière et encore moins de combustible, arrivée au sommet de son éclosion universelle titanesque.
Nous sommes la résultante de l’antimatière humaine, celle qui coexiste avec les autres forces de cet univers immense mais commun à tous, c’est notre cohésion universelle.
Nous quittons cette leurre-terre qui est la vie, pour rentrer dans cette magique constitution stellaire.
C’est ça, c’est nous, nous sommes tous ici !
Bons pas tous, mais ceux qui…
Nous devons altérer les vieilles structures laissées et imprimés dans nos vies anciennes pour créer de nouvelles portes universelles de sorties, et continuer d’exister sous cette métamorphose spectaculaire !