Le long d’un vieux canal où danse une hirondelle

Des reflets de soleil peignent l’azur du ciel

D’un pinceau de velours ganté d’un fond de miel

Dont le sucre nacré coule sur une ombrelle.

 

Un jardin habité par une sauterelle

Verse des parfums d’eau sur un bout d’arc-en-ciel

Mouillé comme un mouchoir d’un bruit torrentiel

Qu’une écluse rouillée ajoute à sa dentelle.

 

Des arbres en voyage agitent leur fronton

En signe d’aurevoir au-dessus d’un ponton

Qu’enjambe leur beauté d’un saut de libellule.

 

Et dans le grand bassin où broutent des canards

Des gouttes de cristal au souffle de virgule

Remplissent en couleurs un monde de regards.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist 

Feuillets d'argent @2013


Publié le 03/06/2024 / 6 lectures
Commentaires
Publié le 03/06/2024
“Remplissent de couleurs un monde de regards”… quelle magnifique trouvaille. J’aime énormément ce poème d’une finesse et d’une bonté infinie. C’est léger et frais, et ça gonfle la grand voile des mots pour un voyage éternel. Merci Francis Etienne.
Publié le 04/06/2024
Merci à toi Léo surtout de commenter avec un tel enthousiasme ce joli texte, qui je l'avoue, me charme aussi. La nature qui nous entoure nous montre parfois une vie qui ressemble à la nôtre. D'abord à cause de cette intensité de la vie qui se presse partout où nous posons nos yeux; les êtres vivants, les fleurs, les arbres, et même les reliefs ont leur propre société qui, comme la nôtre s'affaire à vivre. Parfois elles se bousculent, se dévorent, se complètent, ou s'harmonisent simplement par un phénomène de hasard, que nous aussi humains nous connaissons. C'est de cette vie-là, que j'ai voulu rendre compte dans ce texte où tout semble bouger, animé par un feu intérieur, que la poésie permet d'observer et de traduire. C'est aussi une façon d'affirmer que la création du monde est permanente, comme l'humanité d'ailleurs, et qu'elle se perpétue constamment sous nos yeux. Il suffit de les ouvrir pour voir ce qui se passe. Antidote de la mort, de la guerre, du néant, la nature « vivante » nous ouvre concrètement le concept d'éternité, que nos esprits ne comprennent pas, la nature aussi est un livre sacré. Merci encore Léo, chacun de tes commentaires est une source de joie. Merci encore. Cordialement F. Étienne. Sous la feuille d'un chêne où balbutie une ombre Une violette en fleur cache sa robe sombre.
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