J’ai défroissé mon âme avec des doigts de jade

Et j’ai jeté mon cœur dans des ronces d’argent

Comme on brise l’amour sous un ciel voltigeant

Entre des flammes d’or et un pot d’orangeade.

 

J’ai rêvé de voyage et d’un pays nomade

Où le désert serait ce palmier ombrageant

Un baiser du soleil sur mon rire rageant

D’avoir cousu le temps au fond d’une bourgade.

 

Mes mains et leurs grands blancs ont servi mon destin

Et caressé le vent qui courrait au festin

De la lune d’un soir et son ombre d’ivoire.

 

Alors j’ai regardé dans la boite à dessin

Les quelques mots tachés d’un silence abyssin

Et j’ai pleuré sans fin au bord d’un oratoire.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist

Renaissance @2024


Publié le 18/06/2024 / 7 lectures
Commentaires
Publié le 20/06/2024
Entre désillusion, rêves et temps qui passe pour ne laisser que des souvenirs inaboutis, nous nous retrouvons plongé dans la vie des humains à jamais insatisfaits et souvent frustrés de n’avoir pas su ou pu conquérir le bonheur. Un poème fort, merci Francis Etienne.
Publié le 20/06/2024
Cher Léo, quels jolis et sincères compliments tu me donnes là ! L'homme toujours déçu, l'homme toujours insatisfait, en un mot l'homme sans espoir est un homme qui passe. La grandeur de l'homme est bien d'accepter au-delà de la souffrance qu'il y ait un espoir, une lumière, une paix et une éternité. Seul l'homme qui n'a plus de combat, trouvera le courage de continuer à vivre tel que nous avons été créés, parce qu'il sait qu'un jour il sera un héros. Le drame de notre humanité, d'une grande partie de notre humanité, est qu'elle est devenu mortelle, parce qu'elle ne croit plus qu'à deux choses : l'apparence de l'être et la paresse à penser. Nous le vivons tous les jours devant nos yeux. Il faut donc que quelques hommes avec passion réveillent cette humanité somnolente. Et qui donc d'autre que le poète pourrait remplir cette mission ? C'est lui qui approche la vérité, c'est lui qui voit l'obscurité, c'est lui qui qui touche à la parole vivante : le mot, et enfin celui qui, comme ces martyrs jetés dans le cirque pour être dévorés par les bêtes sauvages, c'est lui qui au-delà de la mort sait vraiment ce qu'il va y trouver. Mon écriture, vois-tu, porte un voile, qu'il faut soulever. Et la main qui se posera à la frange de ce voile s'approche. Or je n'ai jamais douté de la sincérité de ce qui lisent mes pages avec le cœur. Toi, cher Léo, tu es un de ces tous premiers lecteurs de mon travail., dès le premier jour d'ailleurs. Merci encore, tu le sais, tes commentaires me sont très précieux. Cordialement, F. Étienne. La dague du silence et sa flamme de sang Ont percé le secret de mon cœur innocent.
Publié le 21/06/2024
Magnifiquement triste votre deuxième confession, aussi triste que chatoyante. Je crois que nos vies à tous sont pleines de sommeil. Seul un dieu pourrait vaincre la paresse de pensée. Le poète peut toujours nous réveiller quelques instants qu’il ne nous empêchera pas de dormir. Lire vos poésies m’évade du temps ordinaire parce qu’elles m’imposent un rythme différent. J’admets que je m’éveille pour peu de temps. N’aimez-vous pas les apparences? L’apparence me semble nécessaire parce que je crois qu’il n’y a pas de désir de vérité sans désir de soulever un voile.
Publié le 21/06/2024
Chère Myriam, voilà un commentaire qui me touche beaucoup de par la profondeur de la réflexion. Je vous accorde qu'il faudrait une grosse déflagration de l'univers pour que l'humanité se réveille, mais rien n'est impossible. La confession est précisément cette vérité qui parle pour nous. La poésie est absolument nécessaire à la construction de la vérité c'est pour cela que je dis que l'apparence est un danger, car il est par définition le mensonge que nous voulons donner de nous-mêmes. L'élégance, elle, est d'une autre nature. Elle présente aux autres l'attention que l'on porte à leur présence. Il est vrai que l'on peut facilement comme confondre l'une avec l'autre. Je vous remercie pour cette magnifique marque par laquelle vous me faites part de votre éveil pour un instant, sur ce rythme que mes textes vous imposent. Je crois fermement que la poésie est un art qui ne fait appel à rien d'autre qu'à la contemplation. Est-ce pour cela que vous évadez en lisant mes sonnets ? J'en serais tellement touché. Le poète est un illusionniste et un funambule. Il fait apparaître la beauté sous ses mots et se glisse en silence sur un fil tendu entre son cœur et l'éternité. Merci Myriam pour ce magnifique commentaire et à très bientôt. Cordialement, F. Étienne.
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