Eterniser l’éphémère

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Je te prendrais une nuit des bras du silence. Pour une fois, je te donnerais la main. Une main qui tremble, un peu comme toi. Je te ferais voir le monde de mes yeux pas tout à fait crevés. Avec un peu de patience, tu la verras naître d’un rayon chaud. L’illusion d’un instant qui t’abandonne à la douceur. Ce que tu ne trouves nulle part ailleurs sur cette sphère. Le rouge d’un coquelicot à ta fenêtre. Suspendu à un fil, tu ne descendras plus. Il est grand temps, à nouveau, de ne plus se prendre au sérieux. Je déteste les lettres de mon sourire, en attendant de posséder les mots. Ceux qui ne transpercent pas mais qui te réconfortent. Une pensée pour toi qui s’envole comme un arbre tutoie le ciel, chargé d’essentiel. Et ne plus crier, que quelqu’un nous entende parler d’amour et rigoler bêtement. 


Publié le 06/09/2026 / 24 lectures
Commentaires
Publié le 06/09/2026
Coucou Tes textes parlent souvent de lui, et on sent combien cette absence est encore présente. Il y a beaucoup d’amour dans tes mots, mais aussi une douleur qui affleure. J’espère que l’écriture t’apporte malgré tout un peu de douceur. J’espère ne pas me tromper 😘
Publié le 06/09/2026
Je ne m’en étais pas rendu compte mais il y a une double lecture. C’est un texte de 2010. Encore vivant à ce moment, plus tout à fait le même car le silence avait déja pris toute la place.
Publié le 06/09/2026
Dans chaque phrase la légèreté, dans chaque phrase un pas après l'autre, lentement. Revivre des beaux moments en prenant son temps pour mieux en profiter. J'ai aussi vu une double lecture dans tes mots. L'amour et la douleur se côtoient. J'espère que cette dernière retrouve le silence avec le stylo et les mots, avec une oreille pour écouter aussi.
Publié le 06/09/2026
Poème retrouvé qui me rappelle une joie immense et aussi l’absence, le déchirement. Mais écrire est une libération, assurément.
Publié le 06/09/2026
Un texte splendide, Ioscrivo. Je suis scotché. Il part du sombre vers le tendre. Un désir de rejoindre une personne qui souffre sans prétendre la réparer. J’ai eu l’impression de lire une poésie qui s’adresse à plus d’un destinataire, comme une polyphonie de voix. La tienne, celle de la personne aimée, puis le « nous », les deux personnes, toi et elle, ou une partie de toi et une autre. Après toute cette noirceur, arrive cette envie de rire bêtement… C’est magnifique. Comme si on restait sur une image qui n’explique pas, mais qui ouvre une porte. Et peut-être est-ce aussi ce qui me trouble dans ce texte : on ne sait plus très bien qui parle à qui. C’est justement ce qui le rend si intriguant et d’une grande beauté.
Publié le 07/09/2026
"chargé d'essentiel", chaque mot que tu utilises le sont. Tu accompagnes avec tant de respect, de délicatesse et d'amour. Merci pour ce partage, loscrivo.
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