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Ce texte participe à l'activité : Encre et rédemption

Monsieur Jean DUCONTRIT

Prison de Saint-Châtier

 

                                                                Madame le juge de l'application des peines

                                                                     Tribunal de grande instance de AVEN

 

                                                                               Saint-Châtier le 11/11/2021

 

 

Objet : Demande de remise en liberté conditionnelle.

 

Madame, le juge de l'application des peines,

 

Je soussigné Jean DUCONTRIT, né le 20 février 1990 à NULPORT et actuellement incarcéré à Saint-châtier par la présente, forme auprès de votre haute autorité une demande de remise en liberté conditionnelle.

J'ai été condamné par un jugement du tribunal correctionnel de Aven à une peine privative de liberté de 20 ans et ce, en date du 1er février 2009.

Étant incarcéré depuis février 2009 la durée de la peine restant à exécuter est ainsi de 8 ans.

Madame le juge je suis conscient de mes erreurs passées, je n’aurais jamais dû fréquenter des malfrats et les malheureuses circonstances ont été telles que j’ai assassiné un innocent.

Les remords, l’oisiveté, l’ennui, sont des sentiments éprouvants pour un condamné.

Ce qui m’a préoccupé durant toutes ces années d’incarcération est de retrouver une place dans la société après ma libération.

La prison a été pour moi une école de la vie où j’ai appris la valeur de la liberté.

Mon seul espoir était de m’accrocher, voilà pourquoi j’ai étudié, appris et décroché une licence en droit. Les études et les livres ont été pour moi un moment de paix et de joie dans une vie de ténèbres.

Mon but, Madame le juge était de me racheter vis à vis de la société, et vis à vis de moi-même.

C’est, je vous assure, une aide contre le temps qui passe, et je suis persuadé un argument pour une remise de peine et surtout un espoir pour trouver du travail une fois libre. Et peut-être avec de la chance fonder une famille.

Voilà pourquoi Madame le juge

Je souhaiterais, ainsi que le prévoit la loi, bénéficier d’une remise en liberté conditionnelle

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à ma demande, je vous prie d’agréer, Madame le juge de l'application des peines, l’expression de mes salutations distinguées.

Jean Ducontrit

 


Publié le 16/11/2021
Commentaires
Publié le 16/11/2021
La prison "à été pour moi une école de la vie": c'est bien une réalité je pense. De plus j'aime l'idée du condamné qui regrette et entreprend des études de droit pour se racheter: très beau texte qui met en valeur la rédemption.
Publié le 17/11/2021
Oui je crois à cette réalité de l'école de la vie. merci Vickie kissous
Publié le 16/11/2021
J'attendais avec impatience ta lettre, et quelle réussite ! Elle est claire et concise. Aucun élément ne tombe à côté. Et tous ont leur importance. Défi réalisé haut la main :)
Publié le 17/11/2021
Kikou je lis avec allégresse que tu approuves ma petite lettre et surtout que tu l'attendais... Kissous et Merci
Publié le 16/11/2021
Cher Monsieur Ducontrit, j'ai pris connaissance de votre demande de liberté conditionnelle. Et je dois avouer que votre lettre m'a pour le moins surpris. En ma qualité de juge des libertés, je reçois quantité de demandes, la plupart subtilement tournées vers la culpabilité: On regrette, on songe aux victimes que l'on a faites, On est consumé par les regrets, on aimerait tant prendre la place du mort et qu'il soit vivant lui! Fadaises! L'humain est ainsi fait qu'il pense à lui-même et cela de manière passionnelle. Soit avant les autres. Et croyez bien Monsieur Ducontrit que le juge qui vous écrit n'échappe pas à la règle. Ma philanthropie n'ira jamais jusqu'à vous remplacer derrière les barreaux.
Publié le 17/11/2021
Je vous remercie de votre réponse, je lis qui vous avez compris ma lettre, le passé est mort et il ne sert à rien de ressasser les erreurs. Vous connaissez mon dossier, je sais que vous êtes très occupée , je n'allais pas vous ennuyer avec une lettre "Pour mémoire et culpabilité" Oui je crois à la réalité de l'école de la vie. J'aime l'image du juge philanthrope mais pas trop...
Publié le 17/11/2021
Plus que le juge, c'est l'homme qui l'incarne qui serait philanthrope. Mais il est vrai qu'il me fallait trouver un angle sans me répéter par rapport aux dernières lettres. Alors j'a pris le parti d'utiliser le côté direct de votre lettre. Il me fallait un juge capable d'avouer qu'il joue un jeu social. Un juge touché par votre sincérité. Un angle difficile à aborder. Et un juge assez loin des standards en effet.
Publié le 18/11/2021
J'aime bien cette façon de répondre comme si nous étions les personnages... amitiés... Fabien
Publié le 18/11/2021
Oui on se prend au jeu. Qui est qui .. :).
Publié le 16/11/2021
Et je rassasierai toujours mon estomac avant de penser au vôtre. Et voici que dans votre lettre, vous ne jouez en rien sur la corde sensible, vous ne cherchez pas à détourner mon attention à grands coups de regrets larmoyants. Non, vous me parlez simplement de vous et de votre dévorante envie de sortir. Cette lettre est d'une sincérité désarmante. L'essentiel sans le superflu. Cette lettre en dit long sur vous. Bien plus que vous ne l'imaginez... Cette lettre oblige le juge que je suis à un peu de courage. Ne pas jouer le gardien d'une étique qui n'existe pas. Votre sincérité a parlé! Et elle m'intime le fait que vous n'êtes plus un danger pour la société. J'autorise donc votre levée d'écrou.
Publié le 17/11/2021
Le magistrat philanthrope est une figure à retenir dans une histoire sociale et culturelle de la magistrature... (Voilà que ma licence en droit ressort). Je vous remercie de votre décision et ferai en sorte de la mériter. Sincères salutations. Jean Ducontrit. Merci Fabien de cette analyse je suis très contente kissous
Publié le 16/11/2021
J'aime particulièrement l'emploi que vous faites des noms propres dans une lettre si réaliste et factuel: ça apporte un côté comique au tragique de la situation.
Publié le 16/11/2021
J'aime particulièrement l'emploi que vous faites des noms propres dans une lettre si réaliste et si factuelle: ça apporte un côté comique au tragique de la situation.
Publié le 17/11/2021
Merci de cette remarque, en effet j'ai voulu dédramatiser ce défi... Kissous
Publié le 17/11/2021
Merci Vivi, comme Fabien ce qui m’a surpris et déstabilisé c’est cette absence de regret vis à vis de la victime. Mais la justice ce n’est pas des sentiments et encore moins de la vengeance. Cette demande est axée sur l’avenir, sur l’envie, sur la vie. Et ce qui s’oppose à la mort c’est la vie. Ce sont les projets et l’amour qui peuvent rassurer sur les futurs desseins, et il y a les deux. À plus tard Vivi.
Publié le 18/11/2021
Merci Léo de ton passage... Comme je dis souvent...le passé est mort... vive l'avenir , vive la vie vive l'amour... A plus tard...kissous
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