Le silence de léna

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Ce texte participe à l'activité : Ecrire sur la justice : à vos plumes !

 

Léna avait dix ans quand son père fut arrêté.
Pas parce qu’il avait volé, blessé, ou menti.
Mais parce qu’il avait parlé — trop fort, trop vrai.
Il dénonçait les abus, les passe-droits, les silences.

Dans leur petit village, tout le monde savait.
Mais personne ne disait rien.
La justice était là, oui… mais elle regardait ailleurs.
Le juge, ami du maire. Le maire, cousin du riche.
Et le riche, intouchable.

Léna attendait chaque jour devant le tribunal.
Avec son cartable, ses yeux grands ouverts.
Elle croyait que quelqu’un viendrait.
Quelqu’un qui dirait : « C’est faux. Il est innocent. »
Mais personne ne vint.

Les années passèrent.
Son père mourut en prison, sans procès.
Et Léna grandit avec une seule idée :
Si la justice ne vient pas, alors il faut la devenir.

Elle devint avocate.
Pas pour gagner.
Mais pour ne plus se taire.


Publié le 10/11/2025 / 26 lectures
Commentaires
Publié le 11/11/2025
Une belle participation Salima, tu as le chic pour t’approprier naturellement les faits de société et plus encore toutes les formes d’exclusions. J’ai particulièrement aimé La justice était là, oui… mais elle regardait ailleurs » ainsi que ""Elle devint avocate. Pas pour gagner. Mais pour ne plus se taire. » Bravo et merci de ta participation.
Publié le 11/11/2025
L’histoire de Léna est à la fois poignante et inspirante. Tu arrives à capturer la douleur de l’injustice tout en montrant la force de la résilience. C’est beau de voir comment elle transforme sa souffrance en détermination. Ta voix est puissante et importante. Merci Salima :)
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