Le Sourire
Je me suis rendu compte d’une chose, aujourd’hui encore :
j’aime faire sourire.
Pas juste faire rire, non… vraiment faire sourire quelqu’un, doucement, sincèrement.
Parce que le sourire, pour moi, c’est une respiration indomptable.
Une minute où la tête se vide, où tout ce qui pèse s’efface, où il ne reste que… le présent.
Tout à l’heure, j’ai parlé une heure avec Marie-Élisabeth.
J’ai raconté mes petites histoires, mes bêtises, mes souvenirs.
Même les choses tristes, je les dis avec légèreté, parce que je trouve que c’est la seule manière de les rendre vivables.
Et quand je vois le sourire apparaître chez l’autre, et chez moi aussi… alors là oui, c’est déjà un petit miracle.
Et puis il y a encore autre chose.
Quand le sourire se transforme en fou rire, là c’est vraiment l’extase.
La tête se vide de toute pensée, comme une vieille confiance retrouvée.
C’est le moment, ici, là, maintenant, rien d’autre.
C’est presque une respiration abdominale, une respiration de relaxation.
Une manière de faire le vide, exactement comme en sophrologie :
le rire dure quelques minutes, parfois plus.
Comme tout à l’heure, une heure au téléphone à rire sans s’arrêter et pendant ce temps-là, on n’est plus bombardé de pensées négatives, ni d’inquiétudes qui déboulent sans prévenir.
On respire autrement.
On laisse le corps vivre.
Je crois que j’ai toujours eu ça en moi.
Déjà petit, je faisais le pitre.
Pas pour être le clown de service, mais parce que je ne savais pas me défendre autrement.
Les agressions, les remarques, la méchanceté…
Je les laissais glisser en faisant rire.
Et j’ai compris que, quand j’arrivais à faire sourire quelqu’un, j’étais protégé.
Toute ma vie, ça m’est resté.
J’ai beaucoup ri.
J’ai beaucoup fait rire.
Mes amis, mes collègues, les gens que je croisais…
Toujours de la bonne humeur, toujours ce besoin d’alléger le monde, un petit peu.
Et puis il y a l’autre côté.
Le moment où le rideau tombe.
Là, je ne fais plus le numéro.
Je rentre chez moi, je me retrouve avec moi-même.
Parfois, un peu de tristesse remonte.
Parfois, c’est juste un silence.
Ce n’est pas grave.
C’est le revers du sourire donné.
Parce que je le pense vraiment :
Il n’y a rien de plus beau qu’un visage qui sourit.
Les yeux qui brillent, les rêves qui s’ouvrent, la petite euphorie qui circule dans le cœur.
Un sourire, c’est un langage.
C’est contagieux.
Ça réchauffe tout.
Et je crois que j’ai cette faculté-là :
Offrir un sourire à quelqu’un qui en avait peut-être besoin.
Créer une minute de légèreté pour celui qui portait trop lourd.
Et ça, oui…
Ça me rend heureux.