La sentence tombe telle une brutale évidence. Je connais la suite, je m'y attendais. Derrière ces fameuses 7 lettres, une multitude d'êtres fragiles et si merveilleux. Il y a cette pudeur et un sentiment de honte. Je ne devrais pas ressentir ça.
- Papa, de toute façon je suis débile. Je ne suis qu'un handicapé.
La colère se diffuse en moi mais je parviens à y renoncer.
- Tu es différent. Tu vis intensément : plus vite, plus haut, plus fort.
Je n'ai pas les mots. Je n'ai pas de mode d'emploi. Je culpabilise. Je me dis que c'est de ma faute. Je cherche une explication mais soudain je ne veux pas savoir. Je veux le prendre dans mes bras et lui sourire spontanément.
- Papa, c'est quoi ce médicament ?
- C'est pour que tu dormes mieux, que ton cerveau se repose.
Alors il prend ces 2 cachets péniblement avec l'aide d'une super compote.
Je perds patience parfois et je crie. Je m'en veux instantanément. Je résiste mais parfois je craque. Je prends ses angoisses et ce comportement d'opposition comme des provocations. Je sais qu'il sait. J'aimerais qu'il n'en ait pas conscience. Il me pose des tas de questions et je lui donne des réponses pour gagner du temps. J'aimerais aussi que quelqu'un m'en apporte.