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Marcher pieds nus en enfer

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Mon chat est mort, écrasé par une auto. Mon amoureuse, ma chérie, est partie après une longue et pénible maladie, comme on dit. Les enfants, eux, ont leur quotidien qui n'est pas le mien. Je préfère quand ils ne viennent pas, leurs visites transpirent l'embarras, la pitié, l'obligation. Je le sens quand ils sont devant moi, debout, à me raconter des choses qui n'intéressent ni eux ni moi. Jamais ils ne parviennent à se taire. Ce serait pourtant plus éloquent, plus doux aussi, moins insupportable, peut-être. Lorsque leur maman était là, elle trouvait des choses à dire qui m'intéressaient, des tartes à manger qui me goûtaient, elle dressait de jolies tables pour poser nos pieds dessous et je la regardais et je regardais nos enfants, je les écoutais, en tenant ma tasse de café de la main droite, la gauche dessous pour ne pas risquer de tâcher mon pantalon. Maintenant, mon pantalon, je m'en fous et la compassion de mes enfants en visite m'agace, leur présence me rappelle si cruellement l'absence de Luce, que je ne peux m'empêcher d'être désagréable. Alors leurs passages à la maison sont de plus en plus espacés. C'est pas plus mal. Nous n'avons plus grand chose en commun et ce ne sont pas leurs enfants, mes petits enfants, qui y changent quelque chose.



 



Je me morfonds seul dans cette maison froide bien trop grande alors, je regarde des dames peu vêtues sur internet. Je peux les choisir parmi des options, « gros seins », « lingerie », « rousse », etc... Elles font des trucs inouïs ! Ça m'excite et durant cinq ou dix minutes, j'oublie mon naufrage mais cinq ou dix minutes, même deux ou trois fois par jour, c'est peu et d'ailleurs, c'est de la vanterie de dire que ce serait deux ou trois fois par jour.



 



Mes visites sur les sites X n'ont pas manqué de laisser des traces numériques et, un beau jour, un annonceur m'a contacté pour me proposer une compagne, pas du tout virtuelle, celle-là, sur mesure. Des ingénieurs la modèleraient selon mes souhaits et je serais « satisfait ou remboursé ». Le premier prototype dont ils m'ont envoyé un aperçu virtuel en trois dimensions avait bien sûr des cheveux roux, de gros seins et était vêtu de sous-vêtements à faire bander un aveugle. Il s'agissait d'un point de départ, ont-ils insisté. J'étais d'accord. Je devrais préciser davantage mes souhaits, mes goûts, leur donner plus de détails. Ils estimaient qu'une période de trois mois devrait suffire bien que c'était la première fois qu'ils allaient pousser aussi loin la recherche dans un produit.



 



Comment refuser une telle offre ? En leur envoyant les premières précisions, je me suis aperçu que c'était Luce que je décrivais. Pourquoi pas ? J'ai poursuivi dans cette voie. Durant trois mois, j'ai envoyé des photos et des vidéos de Luce, des enregistrements sonores de sa voix aussi. J'ai précisé tous les livres qu'elle avait lus, les plats qu'elle préférait, ses inclinaisons politiques et nos divergences à ce sujet, ses préférences sexuelles que j'avais pu découvrir et les autres, celles que je supposais mais que nous n'avions pas pu encore explorer, les études qu'elle avait suivies et comment elle les avait suivies, les professions qu'elle avait exercées, les fleurs qu'elle aimait et celles qu'elle n'aimait pas, ses parfums, les nappes qu'elle installait selon les circonstances, les émissions télé qu'elle suivait, les fruits qu'elle aimait et ceux qu'elle achetait pour Maurice ou pour moi, la musique qu'elle s'écoutait, celle que nous écoutions ensemble et celle qu'elle ne supportait pas, les comédiens et comédiennes qu'elle appréciait, ses goûts culinaires. J'ai aussi raconté, avec moult détails, les souvenirs que nous partagions et les autres que je devinais grâce à des photos que j'avais récupérées dans son petit coffre, sous sa table de nuit, et qui avaient été prises avant notre rencontre. J'ai envoyé des clichés de tous ses vêtements et de toutes ses chaussures que je n'avais pas encore eu le courage de jeter. J'ai aussi fait parvenir à la firme les copies de toutes les lettres que nous nous étions échangées. Plus je précisais les choses, plus on m'en demandait. Au terme, non pas de trois mois, mais de huit, les programmeurs m'ont dit que le produit serait fantastique mais qu'il faudrait plus de temps, beaucoup plus. Ça, j'en avais, et l'utiliser à me rappeler mon merveilleux amour était enivrant, cruel aussi. Toutefois, pour retrouver, ne fût-ce que l'ombre de ma belle, je voulais bien traverser l'enfer à pieds nus, alors j'ai poursuivi consciencieusement, rigoureusement, maladivement en comprenant que plus j'approfondissais, plus j'idéalisais le souvenir de Luce et plus elle me manquait. Alors, j'ai redoublé d'efforts pour aboutir le plus rapidement possible. Et tant pis si l'image de celle que je décrivais s'éloignait peut-être parfois un peu de l'originale au profit d'un souvenir divinisé, sublimé, idéalisé.



 



Il a finalement fallu quinze mois pour que la dernière version de Lucy, c'était le nom que je lui avais choisi, soit produite et jugée satisfaisante par ses concepteurs. Le 2 mai 2035 à 13h55, elle a sonné à la porte. Craignant un choc trop violent pour moi, la firme m'avait prévenu de son arrivée et avait tenu à ce que je sois entouré d'une psychologue, d'un cardiologue et d'un urgentiste. Une équipe télé était aussi présente pour la promotion.



 



Quand Lucy est apparue derrière la porte, je me suis effondré en sanglots. Elle s'est approchée et, avec la voix et les mots de Luce, elle m'a parlé. Penchée sur moi, ses longs cheveux caressaient ma joue. L'odeur de Lucy était identique à celle de Luce, sa douceur aussi. Après quelques mots apaisants, elle m'a aidé à me redresser et elle m'a pris dans ses bras exactement comme Luce l'avait fait des centaines de fois auparavant, très précisément de la même façon. En tous cas, c'est l'impression que j'en ai eu. J'ai caressé ses cheveux, je l'ai embrassée sur les lèvres, qu'elle a gardées closes tout juste comme Luce l'aurait fait. Puis, j'ai entendu un bruit très aigu envahir ma tête et des millions de grains de sables oscillants emplir mes bras et mes jambes. L'émotion était trop forte, mon corps a coupé le jus. J'ai perdu connaissance.



 



Lorsque je me suis éveillé, j'étais dans mon lit, entouré des docteurs et de Luce. Oh, pardon ! De Lucy. Pendant qu'eux me recouvraient le corps et la tête avec des capteurs de toutes les couleurs, elle, silencieuse, me regardait tendrement en me tenant la main. A cet instant déjà, la confusion s'installait dans mon esprit. Qui était-elle ou qu'était-elle ? Mais pourquoi ce serait important ? Elle était une autre Luce mais elle était une « Luce ». Grâce à sa présence, je retrouvais bien plus que l'ombre de mon aimée. Je la retrouvais, elle, même si je savais qu'il y avait tricherie. J''étais témoin d'un tour de magie, je savais qu'il y avait un truc, mais je n'en étais pas moins émerveillé et déjà sous le charme.



 



Au cours de la journée, les spécialistes sont partis et nous sommes restés seuls, elle et moi, dans la chambre, à nous regarder, à nous sourire, à nous parler aussi mais assez peu, j'étais fatigué. Alors, elle m'a laissé pendant qu'elle allait nous préparer l'un de mes plats préférés, une salade mozzarella accompagnée d'une baguette, d'une birra Moretti, bien fraîche, pour moi et d'un verre d'eau pour elle. Elle avait amené quelques courses, sachant que je n'aurais rien à la maison que des boîtes ou des surgelés. Elle savait tout ça. Je le leur avais dit et, sous forme numérique, toutes ces informations, elle les avaient digérées dans ses micro-processeurs. Ce repas simple a été le début d'une vie simple dont seules les personnes les plus âgées connaissent le prix. Des sourires, des baisers, des mots, du sexe aussi parfois, de la tendresse toujours en plus des tâches ménagères qui, lorsqu'elles sont envisagées et réalisées à deux, deviennent des douceurs quotidiennes.



 



Après avoir terminé des travaux dans une maison, vous oubliez comment elle était avant. Avec Lucy, ça a été pareil. Mon veuvage, mon désespoir, ma tristesse, mon amertume ont disparu très vite après l'apparition de Lucy. Ma mémoire a, en quelques jours, éliminé tout ce qui aurait pu encombrer mon bonheur. Luce malade, Luce mourante, Luce morte, Luce enterrée,... Tout cela s'était envolé.



 



Le 18 juillet, ma fille, Rosie est passée par surprise pour son anniversaire, elle fêtait ses 32 ans. Elle était accompagnée de son époux et aussi de Maurice, sa femme et ses deux enfants. C'était une surprise ! Ah oui, ça a été une surprise ! Ils ont sonné vers 14 heures. Lucy est allée ouvrir la porte. Après quelques secondes de silence, ne la voyant pas revenir, j'ai crié "Qu'est-ce que c'est, chérie ?" Je n'ai obtenu aucune réponse. Je me suis levé, je me suis dirigé vers la porte d'entrée et j'ai vu les visages plein d'effroi de toute ma famille, encore debout sur le trottoir. Des larmes coulaient dans le silence sur les joues de Maurice. Sa femme, Valérie, le serrait autour des épaules. Olivier, mon gendre, avait la bouche ouverte et Rosie, avait son regard de fin de mèche, juste avant l'explosion. "Qu'est-ce que c'est que ça ???" a-t-elle hurlé, d'une voix suraiguë, torturée par la colère. "Qu'est-ce que c'est que cette poupée gonflable imitation maman ???" Lucy, dos à la porte ouverte, arborait un sourire bienveillant, tentative superfétatoire visant à désamorcer le missile déjà lancé. Je me suis approché. "Comment as-tu oser tricher comme ça avec maman ? Sans lui demander ? Sans nous consulter ? Sans rien nous dire ?" Je me suis approché un peu plus. Rosie s'est avancée et sur le pas de la porte a levé le poing pour me frapper. Lucy a alors saisi son poignet à la vitesse d'un éclair et l'a bloqué en plein vol. Pleine de rage Rosie se démenait vainement pour se libérer. Lucy, encore souriante, a alors dit "Rosie, Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. Ceci est mon premier commandement" et elle a lâché l'avant bras de ma fille. Nos regards se sont croisés durant un silence qui m'a paru long avant qu'ils ne s'éloignent tous, seul Maurice s'est retourné vers moi, désolé, me faisant signe de la main "On s'appelle."



 



Ces jeunes n'ont aucune idée de la déroute que vit un veuf et ils voudraient m'expliquer ce que je devrais faire ? Qu'ils aillent au diable ! Et moi-même, que j'aille volontiers au diable si sur la route, je peux soulager ma tristesse en retrouvant une ersatz, plutôt bien roulée, de mon bonheur perdu !



 



Avec Maurice et seulement avec lui, j'ai gardé le contact, plus étroit d'ailleurs qu'avant l'apparition de Lucy. Lui aussi, je crois, voulais retrouver Luce et la retrouvait à travers Lucy. Lorsqu'il venait, elle savait le dorloter comme sa maman avait su le faire avant. Il était heureux de sa présence, oubliait l'artifice et profitait simplement de moments inespérés qu'il savait maintenant si précieux.



 



Un soir, avant les fêtes, alors que nous regardions la télévision, Lucy est apparue sur l'écran lors d'un entracte publicitaire. Pour 125.000 unités, on pouvait se la procurer ! "Quoi ? Ma Lucy est à vendre ?" Sur son numéro privé, j'ai immédiatement appelé le délégué commercial qui s'était occupé de moi. J'exigeais des éclaircissements. "Il doit y avoir un malentendu" m'a-t-il dit d'une voix aimable. "Nulle part, dans le contrat de vente, il n'a été question d'exclusivité." Le prix de revient de la petite merveille qui dormait à côté de moi était largement supérieur au montant que j'avais payé, m'a-t-il encore expliqué. Une étude de marché avait été organisée, pour les USA et l'Europe de l'Ouest, le prototype RGSPJ01B avait recueilli les suffrages haut la main et serait rentable dès le deux millième exemplaire vendu. Il serait probablement commercialisé à hauteur de quinze ou vingt mille pièces, espérait la firme, peut-être plus, si « nous » avions de la chance... Je devais être fier d'être "le papa" d'une telle réussite commerciale a conclu l'enculé commercial au téléphone.



 



Lucy allait être multipliée par la firme comme Jésus avait multiplié les petits pains mais je n'avais pas la moindre idée de ce que cela pouvait engendrer. Nous ne voyions non plus pas ce que nous pouvions faire pour l'éviter alors, nous n'avons rien fait et nous avons attendu, sans impatience, l'invasion des clones robotiques de ma chère et tendre.



 



C'est durant les vacances de carnaval que le premier incident s'est produit. Lucy et moi étions parti faire des courses au supermarché et, comme à notre habitude, nous avions coupé en deux la liste des achats à faire de façon modérément équitable, j'allais chercher le lourd, elle prendrait le léger. Lorsque, chargé de mon casier de Jupiler, j'ai voulu rejoindre le caddy que nous avions l'habitude d'abandonner au centre du magasin en guise de point de chute, en route, j'ai vu un type mettre une petite fessée à ma Lucy ! Enfin, ce n'était pas « ma Lucy ». Celle-ci était habillée vulgairement et outrageusement maquillée. Ça ne collait pas du tout avec son regard droit, ni avec la douceur de ses gestes. N'avoir tellement rien compris à Lucy me contrariait profondément. Après que le gars se soit éloigné, je me suis approché pour demander à la copie si elle allait bien. Avec la voix de Luce et les mots de Luce, elle m'a répondu ce que Luce aurait dit si elle avait été à sa place : « Faire les courses n'est jamais un plaisir, n'est-ce pas, Monsieur. Mais vous êtes gentil de vous préoccuper. Oui, tout va bien. Bonne journée ! » Il y avait quelque chose d'injuste là-dedans. Cette femme, enfin, ce robot n'avait pas choisi son bonhomme. Elle était contrainte en quelque sorte. Elle le subissait, lui et ses 125.000 unités. Vous me direz que ma Lucy aussi était obligée mais ma Lucy était la copie conforme de celle qui m'avait choisi et qui était restée à mes côtés durant 34 ans ; jusqu'à ce que la mort nous sépare. D'une certaine façon, elle m'avait choisi. Et puis, je l'avais payée beaucoup moins cher, il y avait donc quand même un peu moins une histoire d'argent entre nous. De derrière le rayon j'ai entendu une voix de Neandertal crier « Harmony ! Tu t'amènes ? » Et elle s'est amenée, au trot, rejoindre son goujat de... propriétaire. Ce con l'avait appelé « Harmony » !



 



Encore sous le choc, j'ai rejoint le caddy et j'y ai déposé le casier mais aucune autre course ne s'y trouvait. « Qu'est-ce qu'elle fout ? » je me suis dit. J'ai cherché Lucy à la boucherie, au rayon frais, au rayon petits déjeuners,... Je l'ai cherchée partout. Elle avait disparu. Finalement, je l'ai trouvée dans l'espace de stockage interdit au public, tremblant de tout son être, pâle, ses yeux effrayés. « T'as vu, mon chéri ? Il y en a une autre ici, pas loin. » Nous nous sommes pris dans les bras, nous nous sommes serrés. « Partons sans rien acheter ! Je reviendrai seul. Partons ma chérie ! » Et nous sommes rentrés à la maison après une tâche ménagère inachevée très déplaisante bien qu'envisagée et réalisée à deux. Notre monde commençait à se fendiller.



 



Au cours des semaines qui ont suivi, Lucy est restée à la maison. C'est moi qui m'occupais de tout ce qui nécessitait de sortir. Mais mes excursions me faisaient autant souffrir qu'elle lors de sa si pénible confrontation avec l'autre. De voir les copies de ma chérie mises à toutes les sauces et aussi, de plus en plus, à toutes les tâches me détruisait. Les RGSPJ01B, affublées de vêtements inappropriés, coiffées n'importe comment et maquillées, tout simplement maquillées, ce qui suffisait à constituer une hérésie, tenaient les bistrots, surveillaient les enfants à la récré, nettoyaient les voitures, conduisaient les camions dans les meilleurs des cas. Elles faisaient aussi le trottoir, volaient dans les magasins, tournaient des films porno mais toujours avec le personnalité de Luce, avec la fragilité de Luce, avec la beauté de Luce. C'était insupportable alors, moi non plus, je ne suis plus sorti. Tous les achats, je les ai fait en ligne et pour les vacances, on jouerait au scrabble ou on ferait des puzzles dans le salon.



 



Savoir ma chérie, ou sa copie mais c'était pareil, ainsi exploitée, pervertie, abusée, contrainte me rendait profondément malheureux. Mais le pire, c'était de l'imaginer faire l'amour avec des sauvages, des barbares. La savoir faire les trucs que nous avions doucement construits avec des abrutis, des salauds, des tocards, quelle torture ! Etais-je le premier cocu planétaire ? Elles avaient toutes nos souvenirs à Luce et à moi, nos images à Luce et à moi, nos lettres à Luce et à moi et elles se donnaient, peut-être avec plaisir, à des inconnus qui sentaient la transpiration ou puaient des pieds. Même s'ils sentaient bon, l'imaginer jouir avec eux me rendait fou. Le diable serait une douceur à côté du feu qui me brûlait les entrailles et la cervelle.



 



Lorsque pour fêter le millionième exemplaire vendu, la firme m'a invité a participer au tournage d'un clip publicitaire, j'ai dit oui à condition qu'il se tourne là où tout avait commencé, là où se trouvait la matrice et les programmes du RGSPJ01B et en compagnie de Lucy. Ils ont validé. Nous y sommes allés. Elle savait et je savais que son premier commandement était « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger » mais il convenait de transposer car nous savions que la production des RGSPJ01B portait atteinte à un être humain au moins, moi. Juste avant de nous faire exploser au moment du clap de fin, nous nous sommes regardés. Je n'ai plus eu aucun doute durant la dernière demi seconde de mon éxistence, ma Lucy et Luce étaient une seule et m'aime.



 



 



 



 



 


Publié le 22/10/2022 / 85 lectures
Commentaires
Publié le 23/10/2022
J'aime beaucoup cette histoire, et j'adore en particulier la première moitié, d'une infinie précision sentimentale. bravo ! comme je dis toujours le fond de ma pensée, si j'ai un faible supplémentaire pour la première partie c'est que dans la seconde il me semble que toutes les copies de Lucy ne sont qu'entre des mains de sales types. J'aurai aimé qu'il y en ai un ou deux qui soient tendres et agréables avec elle, différemment de ce qui était vécu avec la vraie Luce, ce qui aurait aussi été pénible à son "mari" historique. Mais c'est un détail perso qui n'enlève rien à l'intérêt général de l'histoire :-)
Publié le 23/10/2022
mais c'est comme en impro. Je dois me laisser guider par ma main. Je la rappelle parfois un peu à l'ordre mais pas trop sinon, elle se mettrait à bouder et je serais bien embêté. Merci encore une fois pour ta sincérité, la lecture et donc, ta générosité, Jean-Luc ! ;-)
Publié le 30/10/2022
J'arrive sur le tard du fait d'une actualité professionnelle très chargée et je culpabilise d'avoir mis tout ce temps avant de lire ta participation. C'est un excellent angle d'approche je trouve car la solitude est bien ce qui se répand le plus dans nos sociétés. Tu as pris le temps de bien introduire le sujet et le contexte autant que la fabrication du prototype qui s'appuie sur la personnalité la plus complète possible de l'épouse disparue. Je me disais à la lecture qu'avec ce que lâche tout le monde de son vivant en traces numériques, avec les avancées du milliardaire Elon Musk dans ce domaine, sans parler des hologrammes, que ton scénario n'était pas si éloigné que cela d'une prochaine réalité. J'ai aussi été bluffé par le réalisme lié à la production du prototype pour le rendre rentable qui a pour inévitable conséquence de le faire en série, et du coup de constater toutes les dérives et tous les excès d'une part, mais aussi le revers de la médaille d'autre part. C'est un texte complet, très abouti, qui touche par sa sincérité et sa sensibilité, qui percute par son réalisme. Grand Bravo Patrice, magnifique participation.
Publié le 30/10/2022
toujours aussi aimable et bienveillant. Merci ! ;-)
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