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Pavois de mots

En froissant le soleil d’une aile de mésange Le brouillard dans sa laine enveloppe un instant Qu’une frange de vent d’un sourire distant   Brouille de son regard comme un cil qui démange.   Des flammes de silence au long visage d’ange Coulent entre l…
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Ecailles d’astres

Tout est reflet de temps, tout est miette d’oubli, Tout se fond dans la nuit sans aucune autre trace Qu’une flaque de cendre où le bruit de la glace S’éteint dans le sommeil comme un souffle affaibli.   Tout est source de vide et tout être anobli Pou…
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Branches de vérités

De l’aube enchevêtrée aux ronces d’un orage S’échappent des éclairs qui froissent le papier D’un ciel abandonné dans les mains d’un fripier Traversant le poitrail d’un sombre marécage.   L’épave d’un navire avouant son naufrage S’enfonce lentement da…
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Promenade au bord d’un rêve

Les nénuphars du lac cachent sous leur dentelle L’ample chair de la pluie où se blottit le soir Une goutte de vent au creux d’un encensoir Dont le parfum musqué trouble une demoiselle.   Des perles de vermeil tissent une coupelle D’un doigt cerclé de…
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Parcelle de miroir

Dans un écrin de soie où repose une larme La lumière du soir cueille un astre engourdi Par des lingots de fleurs dont l’éclat alourdi Ombre tous les regards d’une perle de charme.   Sous le masque d’un cœur dont le poison désarme La chair tremb…
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Peur de la folie

Ce soi-disant philosophe m’avait viré à l’envers en me disant que tout était illusion. J’avais de la difficulté à m’en remettre. Les semaines passèrent avec cette pensée angoissante que la vie n’avait aucun sens et puis une nuit je fis un rêve. Tout …
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Palamente d'ivoire

Dès que l’aube paraît aux carreaux d’un nuage Des fleurs de céramique ouvrent leur blanc cristal Aux rais tièdes et frais d’un soupir végétal Qui se glisse en tremblant sur un relief d’image.   Des gouttes de rosée au bord d’un sarcophage Foule…
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Instinct et foi

Un insecte en papier dont le fin corselet Brille comme de l’or sous un rayon de givre Cache ses yeux de perle en plongeant dans un livre Son regard prophétique en grains de chapelet.   Il sonde l’avenir sur le bord d’un galet Humant du sel diss…
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Les banlieues érogènes - Givenchy tax-free (1)

e L s avions décollaient. Il avait encore le temps de prendre une bière et de les regarder partir, ces avions américains, des vols intérieurs presque tous, qui s’envolaient vers Chicago, New York City, Philadelphie – Northwest, Delta, American Air…
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Les grandes cavalcades

Les grandes cavalcades Quand tes cheveux lissés déployés en cascade Dévalent tes épaules et caressent ton dos Et que sous ton jean bleu se tient en embuscade Un tanga esquissé en relief à ta peau J’ai envie de ployer ton corps sous mes ruades En se…
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THE HUMAN

Il pleut ce soir Je suis dans le noir Je pleure le Seigneur Car les hommes ne sont plus L'humain n’y est plus L'amour s’est perdu Et a disparu Des couples qui se déchirent Des hommes de plus en plus violents Des bonhommes de plus en plus gou…
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La constellations des âmes

J’ouvre mes fenêtres sur les constellations celle du cœur, absente des livres, et pourtant bien là, sous nos regards émerveillés. Elle existe pour celui qui sait voir. C’est la constellation des âmes, la plus brillante de toutes, dans la nuit ét…
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Ismahane, mon amour 5

    Ismahane, mon amour 5         Je ne voudrais jamais me sentir seule, se dit-elle. Mes hommes n’en sauront rien. C’est moi avec moi-même.             Faire du plaisir la ligne directrice de sa vie est une addiction comme une autre. Et quand inopinément le mal s’invite, les choses se compliquent doublement.    Ismahane avait pris la résolution de n’en rien laisser paraître. Son corps était sa propriété et elle l’avait toujours géré comme bon lui semblait. Et puis, c’était une esthète pure et une jongleuse des airs du bonheur physique et elle se rendait compte qu’elle était frappée dans sa passion même. C’était soit déclarer sa mort lente soit continuer à vivre incognito sans s’exposer aux interprétations qui ne manqueront pas et à la disparition de tous.  Elle savait depuis sa maturité - assez précoce - que toutes les relations humaines étaient, par nature, basées sur le profit, consciemment ou inconsciemment, ouvertement ou secrètement et elle savait que l’amour…
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Mort un dimanche de pluie

Mort un dimanche de pluie   Il y a des jours où tout semble être la fin. Des jours où la fin serait même la bienvenue. Et pourtant, la vie est belle. Alors, d’où vient cette étrange sensation que la fin est proche ?   Est-ce la lassitude de c…
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Le grand Zapping

Le grand zapping  Par Michel Tournier  Publié ce jour 31 juillet 2025 sur la gazette  Je suis la société qui zappe. Je commence un truc, je m’ennuie, je zappe. Je me dis que je devrais arrêter… Mais je zappe cette idée aussi.   Cette chanson…
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Source de sang

En effaçant la chair d’une page de lin L’enchanteur creuse l’ombre à son stylet de cuivre Qu’une main de velours toujours prête à le suivre Tire d’une rivière où s’ébroue un moulin.   Des éclats de lumière au soupir cristallin Fusent d’une tonn…
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Un aller sans retour (4)

Le seul compte qui semble correspondre est sur LinkedIn ; André qui a toujours refusé de s’inscrire sur les réseaux sociaux, ne veut pas abdiquer. Il opte donc pour les pages blanches en ligne, on ne sait jamais… il y trouve le numéro de téléphone fixe d’Annick. Il l’appelle, lui explique qui il est et pourquoi il veut la rencontrer, ils conviennent d’un rendez-vous le lendemain au café en face l’église. Il est soulagé de ne pas avoir à passer par la famille d’Alice qui ne lui a jamais pardonné d’avoir renoncé à la chercher, d’être parti et d’avoir couper tout contact avec son passé lui aussi.   Les évènements de la veille et les émotions de la journée l’ont fatigué. Il déplie le canapé, met les draps, installe un oreiller qu’il tapote afin de bien…
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Comme toi

Comme toi,   La vie m’a arraché mes voiles, jeté nu au vent des tempêtes. Elle m’a brisé comme verre, abandonné sur le rebord du monde.   Alors la force est venue, telle une main de lumière qui m’a relevé des ombres, m’a porté jusqu’au souff…
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La fiesta tendre de l’exorcisme

La fiesta tendre de l’exorcisme   Et si l’exorcisme n’était plus une affaire de prêtres, de sorciers, de croix brandies dans la pénombre ? Et si l’exorcisme moderne, discret et bienveillant, s’invitait chez nous à la tombée du jour, sans incantati…
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Un aller sans retour (5)

André se promène dans les rues du bourg. Il voudrait que cette marche en touriste dans la ville où il a grandit et où il a passé sa jeunesse lui éclaircisse les idées. Finalement, il décide d’aller manger dans une brasserie et de se rendre au cinéma dans l’après-midi. Il appellera Alice en début de soirée, si elle travaille, il aura plus de chance de la trouver chez elle. Après le cinéma, il va dans une librairie en bord de Saône pour acheter deux romans policiers, ça ne lui demandera pas trop de concentration et ça lui permettra de se changer les idées en attendant le soir. Avant de rentrer, il passe également dans une supérette pour prendre des dosettes de café, des yaourts et des céréales pour le petit-déjeuner du lendemain ainsi que du jambon, des chips et des compotes pour un repas rapide le soir.   La fin de l’après-midi lui paraît s’éterniser. À dix-huit heures trente, il mange ce qu’il a acheté plus tôt et vers dix-neuf heures, n’y tenant plus, il appelle Alice. Après quatre …
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si la nuit ne tombe pas

Première Partie. Sourde colère Antoine Trois juillet 1995. Trente ans et dix mois avant la disparition d’Alice Courseulles. Aucun objet, aucune personne, aucune forme, aucun principe ne sont sûrs, tout est emporté dans une métamorphose invisible, mais jamais interrompue. Robert Musil Pas un nuage dans le ciel quand la main de Jane se glisse dans la mienne. La vieille vient de partir pour le marché d’Amiens, c’est le moment pour ma sœur et moi de rejoindre notre cabane secrète au bois de la Praie. Nous passons toujours les deux mois d’été chez les parents de ma mère, éleveurs de porcs près d’Amiens. Tous les mercredis, la vieille vend ses légumes et ses fruits et le vieux livre les porcs à l’abattoir. En l’absence de nos parents, je veille sur la petite. C’est ma mission quand ils partent durant leurs vacances d’été explorer des terres hostiles et inconnues que les vieux nomment « antipodes », et dont nous oublions toujours les noms. Durant les vacances, les parents nous confient à n…
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Tourbe de miel

Aux pétales d’un cierge ourlé de galuchat Pendent des cris de vent humant sur la banquise De précieux parfums dont la foudre se brise Sur des pics de cristal comme un triste crachat.   La rumeur de la pluie à son poids de rachat Bourdonne autou…
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Farine de savon

Des lettres de sirop brûlant la grenadine Au bout d’un baiser fou rempli de boniments Ecrivent une histoire aux riches sentiments Que la lune en colère trouve très anodine.   En cousant des cercueils d’un fil de pyridine Elle suit la laideur de…
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Repli & nouvel élan

Le costume était installé dans le canapé où je l’avais laissé depuis son achat. Veste et pantalon noirs, chemise blanche, col classique, manchettes mousquetaires, un mois de salaire. Même pas sur mesure. « Généralement on prend une taille en dessous.…
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Necropolis

Le faisceau lumineux intense venait bruler la rétine et tirer du noir absolu d’un sommeil lourd. En silence, elle se tint les yeux pour masquer la lumière, mais la brûlure persista dans un halo qui se propageait toujours plus profondément dans ses globes oculaires. On lui tendit deux gobelets, le premier avec un seul petit comprimé à l’intérieur, le second avec de l’eau. Elle prit par habitude les bons gobelets, ingéra sa prise et se recoucha. L’atmosphère était étouffante, et malgré la taille de la pièce, elle était surpeuplée. Les gens s’entassaient sur des matelas et des couvertures d’urgences. Chacun essayait de dormir, mais le manque d’intimité rendait tout le monde inconfortable. Elle réfléchissait en un éclair : le comprimé qu’elle venait de prendre verrai ses effets agir d’ici une heure, ce serait suffisamment longtemps pour se faufiler hors du bâtiment et revenir. Elle s’habilla dans le seul recoin avec un peu d’intimité dans cet ancien hall devenu dortoir. Une structure de pl…