4 lectures

Boîte a miracles

Le long d’un fleuve en flamme où languit une abeille Des cerises en fleurs épousent le soleil Dont les racines d’or écloses du sommeil Rampent sur le satin d’une riche corbeille.   Des cascades de sucre ourlent de leur merveille Le linge d’une …
4 lectures

Flots de printemps

 De l’or coule du ciel comme un flocon de cire  Nappant de son émail la mer et son miroir  Où des lits de fougère ôtent de leur tiroir  Une bulle de miel qui sans un souffle expire.    La dentelle d’un cil au centre d’un empire  Corrompu par la…
4 lectures

Le choix

Soit dit en passant je prends je garde je laisse je lâche   Soit dit en laissant je quitte j'use j'inquiète je jette   Soit dit en prenant je presse je joins je rame je pioche   Soit dit en poussant j'avance je tombe je marche je saute …
4 lectures

Signalisation

        L'Argentière : neuf kilomètres. Paumé en pleine Ardèche désertique, à neuf bornes de la civilisation, je roule à cinquante à l'heure dans mon Ford Bronco trop énorme pour ces petites routes vicinales. Le ruban mi-terre, mi-herbe qui serpente …
4 lectures

Recette pour passer un bon dimanche de Pâques

J’ai écrit ce texte en mars 2025. Il est mon premier textes publié dans le journal local. L’illustration a été faite par eux mêmes. Je me posais souvent la question sur ce dimanche Pâques qui ne tombait jamais le même jour! Donc voice pour ce qui ne …
4 lectures

Concert pour une âme en feu

Concert pour une âme en feu Par Mich   Un jour, j’ai entrouvert les fenêtres de mon âme, et toutes les musiques du monde s’y sont engouffrées. Elles ne m’ont plus quitté depuis.   Korsakov a ouvert le bal. Un orage dans la poitrine, des écla…
4 lectures

Ismahane, mon amour 7

Ismahane, mon amour 7                           Quand le temps se précipite, qu’ensuite il devient fou, s’éparpille à ne plus savoir couler, bute contre tout ce qui barre sa route, les choses se compliquent. Gravement.      Il fut réveillé à quatre heures du matin, prit une douche froide, s’habilla lentement malgré les battements nerveux de son cœur, mit un soin spécifique à être élégant, se fit beau, très beau …  Quelque chose dans sa poitrine lui coupait presque le souffle et il sentait un océan lacrymal qui voudrait s’exprimer, déferler … Sauf qu’il arrêta, chirurgicalement, de pleurer à six ans, sous une forte injonction de son géniteur, qui trouvait aux larmes une faiblesse inadéquate aux hommes, ce qui mit la Mama dans une colère indescriptible.     - Qu’il exprime sa sensibilité ! Il ne vient pas du siècle dernier et c’est mon fils. Je l’ai porté et je le veux clair et décanté, lui dit-elle.     Les hommes sont solidaires des hommes et les femmes soli…
4 lectures

Paletot de mendiant

Contre un mur de nuage à la peau de turquoise Pousse une liane d’or dont le scintillement Sème des confettis sous le tressaillement D’un éclair échappé d’une boîte d’ardoise.   Une poudre de vent dans des tons de framboise Colore le ciel bas d’…
4 lectures

La nuit,de ses yeux

La nuit, de ses yeux, fige l'amant.  L'amant se détourne des cheveux. Les cheveux se mêlent à l'encens. L'encens embaume les corps. A present. A présent que les secondes, filles d'un voeu.  Un voeu d'éternité, d'une nuit d'été. Être celui que l…
4 lectures

Dentelle d'organdi

L’encre d’une glycine au bord d’une tonnelle Coule sur un balcon dont l’ombre en grand secret Glisse invisiblement vers un charmant muret Où repose une abeille aux rides de cannelle.   Quelques roses de nacre ôtant leur soutanelle Vont en proce…
4 lectures

Un aller sans retour (8)

Quelques semaines après, André retourne au cimetière de Thiais, c’est le rythme sur lequel il s’est entendu avec l’association ; assister, dans la mesure du possible, à un hommage tous les deux mois. Les tombes des personnes sans chez soi se succèdent dans le carré de la Fraternité qui leur est réservé. En passant devant celle d’Alice, il voit que les chrysanthèmes jaunes qu’ils y avaient déposés sont maintenant fanés ; il repassera après la cérémonie d’aujourd’hui pour les enlever. Il la remercie silencieusement de lui avoir permis de retrouver Alicia. C’est là, devant la tombe d’Alice, qu’il décide que désormais, quand il pensera à Alice ou parlera d’elle, il dira Alicia, car si l’Alice de sa jeunesse n’est plus, Alicia, elle, est bien vivante. Quand il se rendra au siège de l’association pour y déposer le compte-rendu après l’hommage de ce jour, il ira voir la personne de permanence pour savoir si on a réussi à retracer la vie d’Alice, et à retrouver et joindre sa famille.
4 lectures

Ombre de toi, ombre de moi

Ombre de toi, ombre de moi   J’ai senti, au-dessus de moi, un regard suspendu, un souffle qui épiait le moindre éclat de joie, le moindre frisson de plaisir.   Mon juge secret se dressait, me soufflant à l’oreille : ce que tu fais est mal. …
4 lectures

Cet été là, il pleuvait des robots...

Cet Été-là, il pleuvait des robots… Bizarre, non ?   8 Juillet 2058 : Bordeaux, Avenue Bel-Air au sein d’une propriété privée, pensée d’un androïde.     Ne me demandez pas mon âge, je l’ignore. Si d’aventure vous êtes un humain, sachez que mon nom est Liu, et que je suis un androïde. Je suis né dans une usine, sur la Lune, un été froid ; je ne connais pas mon créateur, et je n’ai pas de mère. Fruit de la science, je cherche ma place dans cette galaxie. Mon travail n’est pas de tout repos, je suis une sorte de majordome. Je m’occupe de l’intérieur de l’habitat – après mon passage, plus de poussière –, et je suis aussi chargé de la confection de bons repas. Enfin, je le crois. Puisque moi, je ne mange pas. Cette histoire est ma version, ma vision des faits, ma réalité car, en effet, loin de toute programmation, je pense. Ne riez pas, et acceptez le témoignage d’un robot ! J’ignore comment, peu à peu, m’est venue l’autonomie de la conscience. Les habitants de la Terre croient qu’ils …
4 lectures

Les Furieuses, 1

Les Furieuses, 1     La fronde des femmes de Toundzy                                   Sur l’île, après le pugilat, une cellule d’écoute fut, vite fait, mise sur pied. Les femmes étaient en effervescence. Elles s’étaient tues pendant tellement longtemps, avaient encaissé le machisme de leurs hommes, s’étaient soumises par peur du statut de divorcée, de répudiée, d’oubliée et de désertée. Et leur vie fut employée à servir, à s’oublier, à se taire et à ronger son frein intérieurement.  H'léla* fut la première à lever la tête, après plus de 25 ans de violence. Et de quelle manière ! Une de ses voisines…
4 lectures

Sortilèges d'écume

En couvrant le soleil d’une feuille d’acanthe La mer cisèle l’or au fil de son burin Emprisonnant le ciel sous la peau d’un florin Qui roule dans le sel d’une étoile filante.   La poussière du jour prise dans la tourmente Jette un peu de crista…
4 lectures

Am Wasserfall

Sous son gant de velours d’un gris presque effacé Le brouillard se consume en un grain de vanille Semé sur le soleil dont la vielle guenille Flotte dans l’univers au corps arénacé.   D’une longue étincelle au chiffre entrelacé D’un rayon de saf…
4 lectures

Phil de London

Phil de London,    Je me souviens de Phil,   Je croisais souvent Phil sur le chemin de Marks & Spencer, à l’aller ou au retour. Il habitait la maison d’en face, avec sa charmante épouse, plus jeune, toujours impeccable, fine et élégante. El…
4 lectures

le semeur de mots

Le poète enclin parfois à la déraison, Solitaire rêveur en toutes saisons, Il n’entend ni ne voit, il compose. Tel un film de nos vies en prose, Du Noir et blanc colore la vie, De tons multicolores en poésie. Témoin de la beauté, disert De Poèmes décline en vers. Étranger du commun, Pourfendeur de la réalité, Il rejette des mots, la commodité Il accepte du verbe, la lubricité Il écoute libre sa sensibilité. De son art et de sa muse inspirée Son âme entière lui est léguée, Tel Cézanne, penché sur son chevalet De son pinceau, transpose la réalité. Il élève l’âme au firmament de la pensée Berce nos cœurs d’une tendre émotion Et parfois, saigne, modeste affliction. Étrange alchimie que la Po&eacut…
4 lectures

Ils étaient loin (extrait chap 5 Resuscitare)

C’est Raphaëlla qui a véritablement donné le signal du départ quand elle a pris Peggy par le bras et l’a tirée vers la sortie. Titubant un peu et rigolant beaucoup, on a tous suivi jusqu’à nous mettre à courir et à crier une fois dehors, sans savoir …
4 lectures

Extrait : Muriel Barbery "L'élégance du hérisson" Folio poche p.116-117

Qu'est-ce que j'aurais aimé avoir écrit ceci...   "Parfois, cependant, la vie nous apparaît comme une comédie fantôme. Comme tirés d'un rêve, nous nous regardons agir et, glacés de constater la dépense vitale que requiert la maintenance de nos réqu…
3 lectures

Les nuages

  LES NUAGES   Aujourd’hui Un petit nuage rose  Est apparu devant mes yeux. J’y ai mis trois choses  Précieuses à mes yeux La légèreté Le calme Et la paix.   En rentrant tout à l’heure Les nuages encore une fois M’ont délivré leur messag…
3 lectures

Vous par un autre - Portrait d'une informatrice malgré elle

PORTRAIT DE L’ORTHOPHONISTE EN INFORMATRICE MALGRÉ ELLE « Eh bien, j’ai souvent vu un chat sans un sourire, pensa Alice mais un sourire sans chat est le plus curieux ! ».  - Lewis Caroll, Alice au Pays des Merveilles Quand j’ai pris mes fonctions…
3 lectures

Rêverie au coin du feu

    Fermant les yeux  et savourant Chaque crépitement des branches Au coin du feu, Mon corps s’alanguissait Délivré de ses tensions, Laissant  quelques souvenirs éparpillés Flotter à la surface.. J’avais rêvé  Cette présence tant souhaitée …
3 lectures

Ce corps qui nous trahit

  Ce corps qui nous trahit   Je ne me souviens plus. C’était quand la première fois?  Il y a bien longtemps et ce fut sans conséquence car j’étais bien jeune. Etait- ce mon corps ou bien mon excès de confiance en moi, ou bien mon immaturité à vo…
3 lectures

Chambre 404 NOT FOUND

« Quelle déception finalement que ce Paradis des Glycines » maugréa intérieurement la nouvelle pensionnaire, tout en regardant depuis les baies vitrées de sa nouvelle chambre la pelouse assoiffée par le mois d’août. Le service d’hôtellerie était pour…