Vuillard et moi

C'est quand je vis les portes empêchant l'accès au wagon de la ligne 1 que la tentation me vint. Sans elles, je n'aurais pas songé à sauter. Cette pensée passa, comme tout le reste, la Mélancolie demeura, fidèle, à côté de moi. Nous montâmes.  Elle r…

Ode à l'inconnu

L'inconnu par la porte, par la fenêtre. L'inconnu qui t'emporte, être Quelqu'un d'autre, Soi, sans voir les fautes. Jusqu'à débordé d'amour. En faire aussitôt le tour. L'un va vers l'autre, lentement. Tout se détache délicatement.   Le télép…

LA CHAUSSETTE

LA CHAUSSETTE   Après 5 heures de route sans encombre, le moteur de la C3 commença à faire un drôle de bruit, et une odeur de caoutchouc brûlé envahit soudainement l’habitacle. Mon fidèle destrier 4 cylindres millésimé 2003 avait décidé de me lâche…

Hyper sensible moi?

Jacques a quatre ans. Ses parents Ne cessent de se disputer. Il les entend. Une marque jaune apparait Sur son corps à chacun de ces faits.   Ils ne remarquent rien et ne cessent de se déchirer. Les marques finissent par devenir bleues sans arrê…

Du nouveau

  A bien y réfléchir, Charles a encore raison Pour mieux nous rafraîchir, il faut des oraisons et des caveaux Alors nous subissons, muets comme des mimes Les assauts, les frissons, les montreurs de victimes et le « nouveau »   Du nouveau I…

Le Lion et la Mouffette (fable)

De rage et de colère un lion rugissait, Dans la brousse ébranlée où il régnait en maître. Un vieux singe servile est venu lui annoncer, Qu’un habitant des lieux ne veut pas se soumettre.   « Quel est donc l’inconscient ? Je maudis son engeance !…

Duel à l'interphone

L'interphone. C'est encore elle. Elle ne cesse pas sa ronde, prête à tout. Elle voudrait rentrer comme elle l'a déjà fait chez bon nombre d'entre nous. Je le sais. Dans l'appartement c'est le silence. Pas aussi vide que le sien qui rend les choses …

Le marcheur solitaire

La marche c'est  toute sa vie Rien d'autre ne lui donne plus envie. Il passe son temps à marcher, Il en a besoin pour exister. C’est au court d'une de ses longues marches Qu’il a pu gravir, de sa vie, les marches.   Pourtant, il fut un temps, …

Hypatie d’Alexandrie

Il est des élites dont l’histoire me hante Telle la belle Hypatie philosophe Dont l’Église a provoqué la catastrophe, Massacrée par leur morale intolérante. Éclaireuse sur le chemin de la sagesse, Étudie l’Unique, les rouleaux de Platon, Débat à l’a…

Emiko a Paris. La faute sans nom

EMIKO Roman Prologue Tokyo ne dormait pas.Tokyo ne dors jamais… La lumière des distributeurs automatiques tremblait dans la rue vide. Trottoirs humides miroirs sombres et silencieux,  Emiko était assise au bord du futon. L’enfant respirait à peine  un souffle fragile, humide , presque invisible. Depuis des jours elle n’entendait plus le monde, seulement cette phrase, lente, obstinée : Tu n’as rien fait…IDIOTE Son grand-père tombait dans le ciel. Le métal se brisait. Le feu ouvrait la nuit. Elle aurait dû empêcher. Elle n’avait pas empêché. Le silence dans la pièce devint immense. Elle prit l’enfant contre elle. Le corps était chaud. Vivant. Elle murmura quelque chose — personne ne l’entendit. Puis il n’y eut plus que le vide. Longtemps après, dans un autre temps, l’eau coulait encore dans l’évier. La porte resta ouverte. La nuit continua sans elle.     CHAPITRE I Mardi. Il pleuvait. 14 janvier. 23h07. Rue des Martyrs, Paris 9 L'avion avait atterri à 17h43. Je notai l'heure avec s…